Les hommes d'affaires à succès sont nombreux à s'impliquer dans le football et cela ne peut jamais aller assez vite. Ils ne connaissent pas ce milieu, ils prennent de mauvaises décisions sans guère en tirer de leçons, ils ne sont guère contredits et parfois, ils se surestiment à un point tel qu'ils se mêlent de tactique. Ils ne cessent de démolir les bases sportives, entraînant leur club dans une spirale d'indécision par ces incessants changements de vision.
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Les hommes d'affaires à succès sont nombreux à s'impliquer dans le football et cela ne peut jamais aller assez vite. Ils ne connaissent pas ce milieu, ils prennent de mauvaises décisions sans guère en tirer de leçons, ils ne sont guère contredits et parfois, ils se surestiment à un point tel qu'ils se mêlent de tactique. Ils ne cessent de démolir les bases sportives, entraînant leur club dans une spirale d'indécision par ces incessants changements de vision. Quelle image de lui-même peut avoir Bart Verhaeghe ?Au début, ila été considéré comme un innovateur parce qu'il a mis en place un encadrement professionnel mais maintenant, le voilà, avec Michel Preud'homme, à son cinquième entraîneur en l'espace de deux ans. Se considérerait-il comme un dirigeant avisé ? Ou, par moments, aussi dur envers lui-même qu'à l'égard de son entourage, se regarderait-il dans le miroir et se jugerait-il co-responsable du manque de progression de son club sur le terrain ? Comment est-il possible que Verhaeghe ait engagé Georges Leekens, contre l'avis de presque tout le monde du football ? Et sur base de quels critères le président du Club, qui a l'art d'engager les bonnes personnes aux postes-clefs dans son entreprise, a-t-il embauché Juan Carlos Garrido ?On pouvait s'attendre à ce que l'Espagnol, qui s'exprime dans un anglais rudimentaire, ait du mal à transmettre son message aux joueurs, tout comme le flegme avec laquelle il dirige son groupe était prévisible. Pourtant, la saison passée, le Club a reconduit le contrat de Garrido, à la demande du directeur sportif Arnar Grétarsson, qui n'avait pas eu la main très heureuse en embauchant son compatriote Eidur Gudjohnsen. Ceci ne va pas conforter sa position au sein du Club, d'autant qu'on se demande sur base de quelles compétences Grétarsson a été engagé. Il n'y a pas qu'en matière d'entraîneurs que le stade Jan Breydel manque de suite dans les idées. En embauchant Michel Preud'homme, le Club ne semble pas prendre de risque. Dans sa chasse obsessionnelle au titre, Bart Verhaeghe a justement voulu éviter toute part de risque. Cela coûte beaucoup d'argent au Club Bruges, en plus de tous les millions déjà investis les années précédentes, y compris dans les contrats d'entraîneurs, qu'il faut continuer à payer. On peut comprendre que le Club mise sur Michel Preud'homme. Le Liégeois a démontré son professionnalisme, il est bien considéré par la presse des deux côtés de la frontière linguistique et il prône le football qui est ancré dans l'âme de Bruges et qui consiste à envoyer le ballon vers l'avant le plus vite possible. Au Standard surtout, il a souvent usé de ces longs ballons. Michel Preud'homme, animé d'un feu réel, ne tolère pas le moindre relâchement. Son coaching passionné s'inscrit en contraste avec le comportement de son prédécesseur. Preud'homme a été accueilli en Messie, en Sauveur tombé du ciel et on attend donc énormément de lui. La direction aussi car elle ne peut plus se permettre d'échec. En janvier, s'il demande de nouveaux joueurs, il sera exaucé. Avant même d'avoir posé un pied sur le terrain, Michel Preud'homme a eu un impact énorme, depuis la tribune. Dimanche, un Club déchaîné a étrillé Anderlecht 4-0. Le champion a beau avoir quelque peu déraillé ces temps-ci, les Brugeois ont montré le potentiel que recèle leur équipe. La sûreté du jeu des jeunes défenseurs Brandon Mechele et Björn Engels, perdus contre le Lierse une semaine plus tôt, était frappante. Philippe Clement, l'entraîneur adjoint, a souligné, pendant la conférence de presse d'après-match, la qualité du travail accompli ces derniers mois par Juan Carlos Garrido et il a rappelé que la cohésion qu'on vantait dimanche avait toujours existé. Il a fait preuve de plus de classe que Bart Verhaeghe, qui a fêté chaque but avec le manager général Vincent Mannaert de manière trop ostentatoire. C'est peut-être l'effet du soulagement mais on aurait espéré un peu plus de modestie et de pudeur. PAR JACQUES SYSMPH prône un foot ancré dans l'âme du Club.