Anderlecht est revenu de la courte trêve hivernale avec une valise pleine d'incertitudes. Sa reprise par Marc Coucke domine l'actualité. Le flamboyant homme d'affaires gantois doit dépoussiérer certains départements du club bruxellois, même si on peut se demander s'il était nécessaire d'insister autant sur la nécessité de cette modernisation lors de la conférence de presse il y a deux semaines. Certains n'ont vraiment pas apprécié. Mais le tact et la diplomatie ne sont plus de notre temps. Et, pour Coucke, la ligne droite est le chemin le plus court entre deux points.
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Anderlecht est revenu de la courte trêve hivernale avec une valise pleine d'incertitudes. Sa reprise par Marc Coucke domine l'actualité. Le flamboyant homme d'affaires gantois doit dépoussiérer certains départements du club bruxellois, même si on peut se demander s'il était nécessaire d'insister autant sur la nécessité de cette modernisation lors de la conférence de presse il y a deux semaines. Certains n'ont vraiment pas apprécié. Mais le tact et la diplomatie ne sont plus de notre temps. Et, pour Coucke, la ligne droite est le chemin le plus court entre deux points. Le fait que Marc Coucke, fervent supporter d'Ostende, quitte ce club est évidemment source d'amertume mais il faut nuancer ce genre de réactions. Elles se dissipent très vite dans le milieu du football. Il y a dix ans, Coucke chantait son amour pour le Club Bruges, une entité où, avait-il remarqué, tout le monde tirait à la même corde. Mais finalement, il a rejoint Ostende. Et a vite changé d'écharpe. Comme ce sera le cas maintenant : il va passer du vert-rouge-jaune au mauve et blanc. Un de ses collaborateurs l'a un jour dépeint comme un homme possédant un grand flair commercial, opportuniste. D'autres le considèrent comme un trublion. Le fait qu'il a fait fortune grâce à un produit aussi banal qu'un shampooing illustre bien son sens des affaires. Marc Coucke est un Roi Soleil. Il veut entreprendre. C'est son sport. À Ostende, il se heurtait aux limites du club. Aucune expansion supplémentaire n'y était possible. C'est contraire à son tempérament. Coucke veut être sur le plus haut podium, sous les feux de la rampe. Il oublie alors toute considération émotionnelle. Coucke a besoin d'attention, c'est une sorte de drogue. De ce point de vue, il a dû passer deux magnifiques semaines. Mais l'homme a ses méthodes aussi. Il s'entoure de personnes auxquelles il voue une confiance aveugle. Il n'en ira pas autrement à Anderlecht. Coucke choisit ses collaborateurs. C'est ce qui suscite tant d'incertitude dans plusieurs cellules et elle ne s'estompera pas avant le début de sa présidence, le 1er mars. Coucke va-t-il amener des gens d'Ostende ? Et s'il le fait, qui devra s'en aller ? Les spéculations iront bon train dans les prochaines semaines. Ce n'est pas une base saine pour entamer l'année. On ne sait pas encore quelles lignes Marc Coucke va tracer. À l'issue de la conférence de presse, le manager Herman Van Holsbeeck a réagi avec une brutalité inhabituelle, en annonçant qu'il n'assumerait aucune responsabilité sans être couvert pendant le mercato hivernal. Van Holsbeeck a toujours affirmé que, par loyauté, il liait son sort à celui de Roger Vanden Stock. Le mercato hivernal est en tout cas d'une importance vitale pour le champion s'il veut conserver une mince chance de combler son retard sur le Club Bruges. Cependant, la main de Hein Vanhaezebrouck n'est pas encore très visible dans le jeu et il sera intéressant d'observer le fonctionnement du nouveau propriétaire avec l'entraîneur. Coucke a bâti son empire en en tenant fermement toutes les rênes. Le KV Ostende sait qu'il peut être très cru et irascible. Marc Coucke tiendra compte des us et coutumes. Dans cet environnement aristocratique, il ne lancera pas de farandole. En principe, du moins. Car les gens ne changent pas et Coucke conservera donc, sans doute, son caractère populaire. Tout en visant le plus haut possible, dans sa soif de compétition. Et ce, de la façon qu'il juge la plus appropriée. Pour reprendre les propos d'un membre de son entourage : s'il y avait des Jeux Olympiques de l'entreprenariat, il gagnerait la médaille d'or.