Le Roi René, c'est le sobriquet dont notre consultant Georges Heylens avait affublé récemment le sélectionneur national, eu égard à l'étendue de son pouvoir au sein de la fameuse Maison de Verre. En lieu et place d'être recadré par les pontes de la Fédération après le parcours calamiteux de nos représentants sur la route de l'EURO 2008, le Limbourgeois est en définitive sorti vainqueur d'un affrontement où, il faut bien l'avouer, l'opposition n'a jamais fait le poids. Pour qu'il y ait un semblant de combat, il convient d'être deux. Là, à défaut de résistance, René Vandereycken a pu s'adonner au sport qu'il prise le plus : le one man show. Contrat revu à la baisse ? Vous plaisantez ou quoi ! Evaluations intermédiaires ? Vous voulez rire ! Communication revue et corrigée ? Sur ce détail, effectivement, l'entraîneur fédéral a admis le bien-fondé d'une mise au point. Du côté de l'Union Belge, du moins, où il estime qu'il y a des choses à redire en matière d'échanges. Mais chez lui ? Nenni. Preuve que tout est resté comme avant : vendredi, à l'occasion de la signature de son nouveau bail, qui porte cette fois jusqu'à la Coupe du Monde 2010, l'homme fort des Diables Rouges a fait savoir qu'il n'accorderait pas une seule interview individue...

Le Roi René, c'est le sobriquet dont notre consultant Georges Heylens avait affublé récemment le sélectionneur national, eu égard à l'étendue de son pouvoir au sein de la fameuse Maison de Verre. En lieu et place d'être recadré par les pontes de la Fédération après le parcours calamiteux de nos représentants sur la route de l'EURO 2008, le Limbourgeois est en définitive sorti vainqueur d'un affrontement où, il faut bien l'avouer, l'opposition n'a jamais fait le poids. Pour qu'il y ait un semblant de combat, il convient d'être deux. Là, à défaut de résistance, René Vandereycken a pu s'adonner au sport qu'il prise le plus : le one man show. Contrat revu à la baisse ? Vous plaisantez ou quoi ! Evaluations intermédiaires ? Vous voulez rire ! Communication revue et corrigée ? Sur ce détail, effectivement, l'entraîneur fédéral a admis le bien-fondé d'une mise au point. Du côté de l'Union Belge, du moins, où il estime qu'il y a des choses à redire en matière d'échanges. Mais chez lui ? Nenni. Preuve que tout est resté comme avant : vendredi, à l'occasion de la signature de son nouveau bail, qui porte cette fois jusqu'à la Coupe du Monde 2010, l'homme fort des Diables Rouges a fait savoir qu'il n'accorderait pas une seule interview individuelle. Dont acte après coup. A cette nuance près qu'il a fait exception pour deux radios qui ne lui étaient pas contraires. René, souverain-maître, donc. Dans les actes mais également dans les faits. Comme cette décision de chapeauter aussi l'équipe olympique jusqu'aux Jeux de Pékin. Quoi de plus normal d'ailleurs, si l'on en croit son point de vue, puisqu'à peu de choses près, les A et le noyau appelé à nous représenter l'été prochain en Chine s'articulent essentiellement autour des mêmes noms. Pauvre Jean-François de Sart. L'entraîneur du blé en herbe belge était l'une des seules lueurs dans la grisaille de notre football, grâce à la manière et aux résultats qu'il a obtenus avec ses ouailles. RVE l'avait déjà enquiquiné à l'occasion du Championnat des Espoirs aux Pays-Bas, l'année passée. Il est vrai qu'une place en demis de cette épreuve, voilà qui contrastait singulièrement avec une formation représentative des A des plus affligeantes. Chacun a beau dire, de son côté, que la symbiose se veut constructive, avec un roi qui restera en retrait, le trône installé dans la tribune, et Jef voyant en son supérieur une sorte de directeur technique davantage qu'un empêcheur-de-tourner-en-rond, la réalité du terrain risque néanmoins d'être tout autre. A commencer par l'épineux problème de la sélection. Pour avoir fait cause commune avec eux durant de longs mois, il y a fort à parier que l'ancien libero des Sang et Marine voudra récupérer pour cet event ceux qui ont dépassé la limite d'âge pour les JO comme Jonathan Blondel, Guillaume Gillet voire Maarten Martens. Vandereycken, lui, sera sans doute plus sensible à l'appel de certains routiniers qui ont d'ores et déjà déclaré que Pékin les interpellait. Comme Stijn Stijnen, Timmy Simons ou encore Daniel Van Buyten. Belle foire d'empoigne en perspective. Sans compter d'autres problèmes pratiques : de Sart aurait aimé préparer les JO en Floride mais, au même moment, il est toujours question d'un tournoi quadrangulaire pour les A avec l'Italie, la France et la Hongrie. Comme personne n'a le don d'ubiquité, évidemment, on pourrait s'orienter vers un compromis à la belge : stage commun et sélection bicéphale (Olympiques + A) si le tournoi est confirmé ou stage en Floride avec les Olympiques seulement dans le cas contraire. Une question demeure toutefois en suspens : deux dates sont prévues, en février et mars, pour des rencontres amicales. La première contre l'équipe B du Standard (qui remplace l'Argentine, aux prétentions financières exagérées) et la deuxième, théoriquement, contre le Maroc. Mais avec quel effectif ? Celui des A, qui n'ont plus d'objectif en vue cette année, entendu qu'ils sont éliminés de la phase finale du Championnat d'Europe des Nations ? Ou les Olympiques qui, eux, ont les yeux rivés sur Pékin ? A moins qu'une équipe mixte arrange tout le monde... Vandereycken comme belle-mère de de Sart, c'est d'autant plus gag que Jef n'a jamais caché qu'il lorgnait le poste de sélectionneur si d'aventure celui-ci était vacant. Dans le même registre, mais plus fort de café encore, il y a cette volonté du Roi René de faire de Marc Wilmots son adjoint, en remplacement de Stéphane Demol, dont le contrat se termine le 30 juin prochain. Willy, jusqu'il y a peu, était, ni plus ni moins, le meilleur ennemi du sélectionneur. Depuis le début de sa mission à la tête des Diables Rouges, le Taureau de Dongelberg s'est répandu souvent en propos très peu amènes envers le T1 de notre équipe nationale (voir cadre). Quand on sait à quel point celui-ci fustige tous ceux qui osent s'en prendre à lui, qu'il s'agisse d'un ancien fédé comme Aimé Anthuenis ou d'un simple consultant comme Wim De Coninck, il y a là de quoi s'interroger. A moins, bien sûr, que Vandereycken, qui n'est pas né de la dernière pluie, ait une fois encore joué au plus fin, en matière de stratégie, bien conseillé par son homme de confiance, Dirk Degraen. C'est lui, en tout cas, aux dires des intimes, qui a songé à cette union très particulière. A priori, tout oppose les deux hommes : l'inclination offensive de l'ex- Standardman contraste, en effet, avec l'approche ô combien prudente de Renato, qui n'est pas allé en Italie pour rien, manifestement, à l'époque où il était encore joueur. Willy a également son franc-parler alors que l'autre est toujours sibyllin au possible. Enfin, l'ancien sénateur a aussi de l'entregent alors que RVE ne brille pas dans le domaine des rapports humains. Reste que les extrêmes s'attirent, malgré tout, et qu'une première entrevue entre les deux hommes, comparable à celle qui avait eu lieu auparavant entre Vandereycken et de Sart, a débouché sur du constructif. La balle est à présent dans le camp de la Fédération pour faire une proposition en bonne et due forme à Wilmots. En cas d'accord, l'UB marquerait des points sous un autre angle encore : avec la désignation de Willy, les francophones seraient amadoués. Car l'aspect communautaire fait rage, ici aussi. Allez savoir pourquoi, mais les résultats et autres approximations tactiques de Vandereycken ont régulièrement trouvé grâce côté flamand alors qu'ils étaient fustigés par-delà la frontière linguistique. Avec Wilmots, tout porte à croire que la pilule passera mieux. Sans oublier que si RVE devait être déboulonné un jour, le T2 aurait toutes les chances de lui succéder. Le Hesbignon à la tête des Diables Rouges, beaucoup en rêvent. Et pas seulement le principal intéressé... par bruno govers