La logique voudrait que dans la quête d'un nouveau Chief executive officer (CEO), poste vacant depuis la mise à pied récente de Jean-Marie Philips, l'Union belge se tourne vers un candidat francophone. " Une loi non écrite veut que les numéros 1 et 2 de la fédération appartiennent à des rôles linguistiques différents ", observe Alain Courtois, ex-secrétaire-général. " Moi-même, j'avais fait équipe avec le président Michel D'Hooghe et par après il n'en était pas allé autrement avec le néerlandophone Jan Peeters secondé par le Hennuyer Jean-Paul Houben ou plus récemment encore avec le tandem constitué de François De Keersmaecker et Philips. "
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La logique voudrait que dans la quête d'un nouveau Chief executive officer (CEO), poste vacant depuis la mise à pied récente de Jean-Marie Philips, l'Union belge se tourne vers un candidat francophone. " Une loi non écrite veut que les numéros 1 et 2 de la fédération appartiennent à des rôles linguistiques différents ", observe Alain Courtois, ex-secrétaire-général. " Moi-même, j'avais fait équipe avec le président Michel D'Hooghe et par après il n'en était pas allé autrement avec le néerlandophone Jan Peeters secondé par le Hennuyer Jean-Paul Houben ou plus récemment encore avec le tandem constitué de François De Keersmaecker et Philips. " Le hic, c'est que les hommes de poids, susceptibles d'assumer cette fonction, ne sont pas légion dans le giron de l'URBSFA. D'aucuns ont bien avancé d'emblée le nom du vice-président David Delferrière mais celui-ci n'y tient pas. " J'ai voulu être clair d'emblée car on m'a accusé d'avoir poussé Philips vers la porte de sortie ", dit-il. " Vu mon refus, la preuve est faite que je ne briguais pas son poste. Il faut connaître ses limites et j'ai pleinement conscience des miennes. Je suis un bon colonel mais je n'ai pas la carrure d'un général. Or, cette dimension-là s'impose en tant que CEO. " Quant à ceux qui envisageaient un retour aux affaires de Courtois, après un détour par le monde politique, au MR, c'est non. " J'ai fait un choix et je l'assume ", explique le Bruxellois qui, selon nos sources, viserait ni plus ni moins le mayorat de Bruxelles lors des prochaines élections communales en octobre 2012 ! " J'ai cru comprendre qu'à défaut de trouver l'homme fort dans son giron, l' UB voulait faire appel à un bureau de chasseurs de têtes pour débusquer le candidat idéal ", poursuit-il. " C'est là une résolution que j'applaudis des deux mains. Dans la mesure où le ballon rond brasse des millions, il me paraît normal qu'un véritable capitaine d'industrie le dirige. Il en est ainsi, en tout cas, dans plusieurs autres pays. Non seulement auprès des ténors, comme l'Angleterre ou l'Italie, mais aussi en Suisse, notamment, où le grand manitou est désormais Peter Gillieron, ancien président de l'Union des Fromages de Suisse. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les petits Suisses sont devenus grands sur le terrain aussi, entre-temps ( il rit). Pour une nation plus ou moins comparable à la nôtre en matière de population et de régions, c'est sans conteste un exemple à suivre. " Mais en arrivera-t-on là ? Il est permis de se le demander. Pour quelques-uns qui ont préféré conserver l'anonymat, la prétendue ouverture ne serait qu'un leurre. La décision serait d'ores et déjà tombée en faveur de Filips Dhondt, qui a remis son tablier de manager général au Club Bruges fin mai. C'est un protégé du Dr D'Hooghe. Celui-ci l'avait délogé du Cercle pour le nommer directeur de site à l'EURO 2000 avant de lui offrir les rênes du Club Bruges quand il était encore président. Récemment, Dhondt s'est fendu d'un petit lapsus quand il a été contacté par un collègue néerlandophone en vue d'une réaction. " Je n'ai pas encore été approché ", a-t-il déclaré en substance, avant d'ajouter : " Je pense tout de même répondre au profil exigé. " Depuis lors, c'est le silence radio. L'homme ne répond plus. Il a toutefois été signalé à la Coupe du Monde en Afrique du Sud où il devait, tout naturellement, rencontrer D'Hooghe. Dhondt aux commandes, cela ferait donc, avec De Keersmaecker, un deuxième néerlandophone à la tête de l'URBSFA. De quoi faire froncer des sourcils, même si Delferrière nuance. " On a toujours essayé, jusqu'ici, de respecter un gentlemen's agreement. Quand le président est néerlandophone, le 1er vice-président est francophone. Et s'il est issu du football non rémunéré, comme De Keersmaecker, le n°2 doit émarger au football professionnel, ce qui se vérifie avec Philippe Collin. Pour le CEO, c'est avant tout affaire de compétences. Moi-même, je n'estimais pas avoir toutes les qualités requises. Mais si un néerlandophone les possède, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas entrer en considération pour cette tâche. " Dhondt les possède-t-il ? Courtois, qui l'a connu dans le cadre de l'EURO 2000, parle de lui en termes de " professionnel et de bosseur ". Et, ce qui ne gâte rien, l'homme est des plus discrets aussi. Ce qui tranche avec Philips, qui n'avait jamais sa langue en poche et qui n'hésitait jamais à ruer dans les brancards. Ce franc-parler lui aura d'ailleurs coûté son C4. La petite histoire veut, en tout cas, que c'est pour avoir pris position contre De Keersmaecker dans un certain nombre de dossiers (comme la suspension du Carolo Habib Habibou par exemple, où le chairman s'était plu à enfreindre les propres règlements fédéraux) que le CEO fut renvoyé. Et pour s'être insurgé contre le passage de l'Anglais Paul Taylor à Anderlecht en janvier passé, vu qu'il s'était déjà lié à Montegnée l'été précédent, il s'était attiré aussi les foudres de Collin. Ce qui ne pardonne pas, ni au Sporting, ni à l'URBSFA où ce dernier s'érige de plus en plus comme le boss. Un proverbe chinois dit : L'important, ce n'est pas le titre mais le pouvoir. Il convient parfaitement au personnage, qui n'a jamais occupé le poste le plus en vue, mais qui a toujours joué le rôle le plus influent. Qui dit Anderlecht, par exemple, songe quasi automatiquement au président, Roger Vanden Stock ou au manager, Herman Van Holsbeeck. Secrétaire général du RSCA, Collin, lui, se borne à un rôle dans l'ombre. En apparence, du moins, car c'est lui, et personne d'autre, qui dicte la marche à suivre au Parc Astrid. Et gare à ceux qui le contredisent, car ils font long feu là-bas. On sait d'ailleurs que dans la cellule scouting du club, on hésite parfois à ventiler son opinion, de peur que Monsieur Philippe soit d'un avis contraire. Auquel cas, c'est le clash garanti. " Quand il ne sait pas piffer quelqu'un, ses heures sont automatiquement comptées ", observe un long serviteur du club. " Monument ou pas, il n'en a strictement rien à cirer. Hugo Broos et FrankieVercauteren en savent quelque chose. Et il a la dent dure. Il n'a jamais supporté un certain René Vandereycken, par exemple, à l'époque où il était entraîneur au Sporting. Quand il l'a retrouvé à l'échelon des Diables Rouges, je me doutais que les jours du sélectionneur seraient comptés. Et je ne me suis pas trompé. " De plus, Broos vient de déclarer que s'il n'avait pas été contacté par les Diables Rouges, c'était à mettre sur le compte du DT... Collin. C'est qu'au niveau fédéral Collin a rapidement fait comprendre qu'il n'était pas là pour faire de la simple figuration. Premier exemple avec le limogeage de Vandereycken. Après le double échec face à la Bosnie-Herzégovine (2-4 à Genk le 28 mars et 2-1 à Zenica le 1 avril dernier), le Premier vice-président de l'Union belge et Président de la commission technique n'a pas voulu attendre la réunion du comité exécutif pour débattre du sort du coach en place. En comité restreint (avec De Keersmaecker, Philips et HermanWijnants), il s'est tout simplement prononcé pour le limogeage du Limbourgeois. Dans l'optique de sa succession, c'est lui aussi qui s'est plu à établir une short list où l'on retrouvait les noms de Louis van Gaal, Eric Gerets et Dick Advocaat, entre autres. Au grand dam du trésorier, Germain Landsheere, qui ne voyait pas d'un bon £il les négociations avec tous ces coaches réputés gourmands. Collin obtint non seulement gain de cause en sensibilisant Advocaat. Il alla plus loin encore, en matière de revendications, dans le cadre de la Coupe du Monde 2018, où il fait partie du comité aussi. A ses yeux, si la Belgique veut avoir la chance d'organiser le Mondial, elle doit se donner les moyens de ses ambitions. En essayant, notamment, de rallier à sa cause les élus censés se prononcer en faveur du pays organisateur en décembre prochain. Comme les Africains Issa Hayatou (Cameroun), Jacques Anouma (Côte d'Ivoire), Amos Adamu (Nigeria) et Hany Abo Rida (Egypte). Dans cette optique, l'intéressé a rencontré tous ces votants soit à la CAN en Angola soit au Mondial en Afrique du Sud. Et après avoir obtenu le concours d' Ahmed Hassan pour influer sur le membre égyptien, il s'est fait fort aussi d'attirer Christian Karembeu, histoire d'amadouer le votant de Tahiti, Reynald Temarii. Il va sans dire que tous ces appuis ne se font pas pour rien. Mais à la remarque de Landsheere, selon laquelle il faut dépenser un strict minimum, Collin a répondu : " Dans ce cas, vous gagnerez un minimum aussi. Mais si on met les petits plats dans les grands, comme l'Allemagne, un gain de deux milliards d'euros est possible. "En haut lieu, De Keersmaecker est d'autant plus enclin à suivre Collin qu'il sait fort bien que celui-ci n'est pas une menace pour lui. Le secrétaire général d'Anderlecht a souvent répété qu'il ne briguait nullement le plus haut strapontin fédéral. Ce qui tombe plutôt bien car FDK s'y sent bien et n'a jamais songé à démissionner, même en pleine tourmente due aux affaires (à l'image de Charleroi ou du cas posé par Advocaat). Au même titre que Roger Vanden Stock à Anderlecht, le chairman fédéral n'a pas le know-how footballistique de son bras droit. Du coup, il lui donne les coudées franches en ce domaine. Reste à voir s'il le suivra pour ce qui est du nouveau CEO ou s'il suivra plutôt les conseils de Michel D'Hooghe, qui reste influent au plus haut niveau. Pas sûr, en tout cas, que Collin soit pro-Filips Dhondt, lui qui dans une déclaration récente disait : " La fédération fonctionne comme une démocratie. Elle devrait l'être comme une entreprise. " Les chasseurs de tête seront-ils donc mis à l'ouvrage malgré tout ?lpar bruno govers - photos: belga"Quand Collin ne sait pas piffer quelqu'un, ses heures sont automatiquement comptées."