Conjointement avec l'Antwerp, La Gantoise, l'Athletic and Running Club, le Brugsche FC, le FC Liégeois, le Racing et le Sporting Club de Bruxelles, l'Union FC d'Ixelles et le Verviers FC, le Léopold Club de Bruxelles compte parmi les dix membres fondateurs de l'Union Belge des Sociétés de Sports Athlétiques (en abrégé : l'UBSSA), l'ancêtre de notre fédération de football actuelle, fondée le 1er septembre 1895.
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Conjointement avec l'Antwerp, La Gantoise, l'Athletic and Running Club, le Brugsche FC, le FC Liégeois, le Racing et le Sporting Club de Bruxelles, l'Union FC d'Ixelles et le Verviers FC, le Léopold Club de Bruxelles compte parmi les dix membres fondateurs de l'Union Belge des Sociétés de Sports Athlétiques (en abrégé : l'UBSSA), l'ancêtre de notre fédération de football actuelle, fondée le 1er septembre 1895. Le 21 décembre 1926, à l'heure de l'instauration des matricules censés répertorier les clubs dans le temps, le Léo, créé le 11 février 1893, aurait dû, théoriquement, devancer les autres entités de la capitale, tenues toutes postérieurement sur les fonts baptismaux. Pourtant, après le FC Antwerp, au rang 1, c'est le Daring, à l'époque, qui s'était vu gratifier du numéro 2, nonobstant sa fondation, le 2 mai 1895. A partir de 1973, toutefois, la question de l'ancienneté n'était plus de mise entre les deux clubs bruxellois. Et pour cause, puisque le 2 fut rayé définitivement des tablettes au profit du 47 d'un nouveau venu, le RWDM, issu de la fusion entre le Racing White et le Daring de Molenbeek, avec maintien du n° d'ordre du premier cité. Du coup, après Anvers (1), Bruges (3) et Liège (4), le Léo, classé en 5e position dans le listing chronologique des clubs, pouvait revendiquer, dès ce moment, le statut de doyen du foot dans la capitale. Le Léopold Football Club fut créé le 11 février 1893 sous le parrainage du capitaine d'artillerie Robert Reyntiens, officier d'ordonnance du Roi LéopoldII, qui baptisa le club nouveau-né en hommage au souverain-bâtisseur. Les premières évolutions de ses joueurs allaient d'ailleurs avoir lieu, à l'origine, au Parc Léopold. Un comité de 12 personnes fut à la base de sa genèse. Outre Reyntiens, on ne dénombrait là que du beau monde : le Comte d'Ursel, le Chevalier Léopold de Moreau, le Comte Max de Lalaing, Maurice de Hennin, Albert de Bassompierre, Georges Ceussaert de Grelle, Edouard de Briey, Maurice Pauls, Raymond Nothomb, Fernand Cattoir, ainsique le Baron Edouard-Emile de Laveleye. Ce dernier, joueur à ses débuts à l'instar d'autres Léomen de la première heure, comme le Comte Joseph d'Oultremont ou encore le chanoine Francis Dessain, allait, au même titre que les deux autres, troquer un jour sa tenue de footballeur pour revêtir le costume de président de l'UBSSA d'abord, puis, dès 1912, de l'URBSFA (l'Union Royale Belge des Sociétés de Football Association), appelée communément l'Union Belge (v.cadre). Deuxième du championnat, en 1896-97, derrière le FC Liégeois, et dauphin encore en 1901-02 après un test-match perdu 3-4, au terme de prolongations, contre le grand rival d'alors dans la capitale, le Racing de Bruxelles, le Léo, en ces temps héroïques, ne savoura jamais le bonheur de décrocher la timbale. Par contre, ses représentants furent plus heureux sur le plan international. Ainsi, en 1898, ils remportèrent la première édition du Challenge International du Nord, organisé par le Sporting Club de Tourcoing, en battant en finale le Racing Club de Roubaix (3-1). Les Léomen, par le biais de leur vice-président, le Comte Carl van der Straten-Ponthoz furent également à l'origine du premier grand tournoi international organisé sur notre sol en 1900. Indépendamment du Léo, les participants à la Coupe van der Straten-Ponthoz étaient, cette année-là, le Racing de Bruxelles, l'Antwerp, le HVV La Haye, le RAP Amsterdam et le Grasshopper Zürich. La finale de l'épreuve se solda par une victoire des Amstellodamois (2-1) sur leurs compatriotes. La même année 1900, trois Léomen conquirent le bronze lors du tournoi de football mis sur pied dans le cadre de l'Exposition Universelle et des Jeux olympiques de Paris : Gustave Pelgrims, Hendrik van Heukelum et Eric Thornton. Deux décennies plus tard, ils allaient être imités par deux autres clubmen, Georges Michel et Fernand Nisot qui, eux, firent mieux encore en se parant de l'or footballistique aux JO d'Anvers. Si ce dernier ne fit pas partie de l'équipe de base victorieuse en finale de la Tchécoslovaquie (2-0), il n'en est pas moins entré dans l'histoire pour une autre raison : le 30 avril 1911, à la faveur d'un Belgique-France gagné 7-1 par nos compatriotes dans les installations de l'Union ; il fut, à l'âge de 16 ans et 19 jours, le plus jeune Belge à enfiler le maillot des Diables Rouges. Un record qui, plus d'un siècle plus tard, tient toujours... Georges Michel, international entre 1919 et 1922, aura été le dernier Léoman appelé en sélection nationale. Il est vrai que le premier conflit mondial avait été lourd de conséquences pour le club aux couleurs rouge et blanc. En effet, pas moins de 377 de ses membres avaient été appelés à combattre pour la patrie. Quelque 55 d'entre eux tombèrent au champ d'honneur, parmi lesquels six joueurs de la Première. Privé de leur concours, le Léo allait dès lors rentrer singulièrement dans le rang, au point de culbuter tour à tour en D2, puis en D3 pour aboutir finalement en séries promotionnaires en 1931. Hormis une remontée spectaculaire de la P3 en Promotion, entre 1948 et 1951, le club, installé depuis longtemps à Uccle entre-temps, ne devait plus jamais quitter les profondeurs du football belge. " Indépendamment de la Grande Guerre, deux autres facteurs ont contribué à cette chute ", observe Jean Fraiponts, ex-manager du Germinal Beerschot mais aussi co-auteur, au côté de Dirk Willocx, de la série Kroniek van het Belgisch voetbal. " Pour moi, le Léo a tenu la dragée haute tant que le football était encore un sport aristocratique. Mais à partir du moment où il s'est popularisé, il a cédé le témoin à des clubs situés dans des communes moins bourgeoises, tels le Daring, à Molenbeek, l'Union, à Saint-Gilles et, plus tard, Anderlecht. Un deuxième élément qui a joué en sa défaveur, c'est sa politique élitiste. Le règlement interne stipulait que, pour devenir membre du club, il fallait obligatoirement être parrainé par deux anciens. De la sorte, le Léopold excluait les personnes qui n'étaient pas de bonne société ou de famille huppée. Les deux-tiers des sociétaires du club devaient être belges aussi. Les seuls étrangers étaient les vedettes de l'équipe première, le Hollandais Hendrik van Heukelum et les Anglais Eric Thornton ainsi que le buteur Harry Sparrow. " Au début des années 50, l'élitisme changea subitement de camp. Sous l'impulsion de deux véritables as de la raquette, Philippe Washer (neuf titres de Champion de Belgique de 1945 à 1954) et de son compère Jacky Brichant (huit fois vainqueur de rang, en simple, entre 1955 et 1962) le tennis prit le pas sur le football, suivi par le hockey. A l'emplacement de la pelouse principale, le club allait alors ériger un court central, entouré de gradins pouvant abriter 7000 personnes, qui servit notamment de cadre à une demi-finale (1953) ainsi qu'à une finale de zone européenne de la Coupe Davis (soldées à chaque fois par une victoire 3-2, sur l'Italie) par la paire précitée. La section football du Léo dut, dès lors, chercher refuge ailleurs. Une fois de plus, à vrai dire. Car avant son installation au Sukkelweg, nom quelque peu prédestiné, le club avait multiplié les havres. Du Parc Léopold des débuts, il déménagea tour à tour au Cinquantenaire, puis au lieu-dit des Deux Maisons, chaussée de Louvain, pour rallier ensuite la Plaine Tenbosch, entre la chaussée de Waterloo et l'avenue Longchamp. Cette fois, le club trouva refuge dans les installations de La Forestoise, où il resta de 1953 à 1955 avant de déménager de l'autre côté de la ville, à Woluwé-Saint-Lambert. Et plus précisément au Parc Malou, où jouait déjà un grand nom du football bruxellois, le White Star. Ancien élève du Collège Saint-Michel à Etterbeek, Jacques Maricq, jeune étudiant en droit à l'ULB, à ce moment-là, présentait la particularité d'habiter la rue Joseph Aernaut, non loin du Chemin de Struykbeken, où était situé le stade qui porterait dès 1957 le nom du bourgmestre de la commune, Donald Fallon. Le futur ténor du Barreau de Bruxelles affilié au Léo dès 1953, se rapprocha par là même du domicile familial. En 1958, le destin du Léo allait soudain basculer. Pour les 65 ans du club, pensionnaire de P2 à l'époque, la direction voulut mettre les petits plats dans les grands en organisant, au Heysel, un tournoi de prestige avec la Juventus, les Wolverhampton Wanderers, Anderlecht et le Beerschot. A choisir, la masse préféra fréquenter les allées de l'Exposition Universelle plutôt que de prendre d'assaut les travées du Stade du Centenaire. Financièrement, ce fut le bide. Si les deux invités belges renoncèrent à leur cachet, les Italiens et les Anglais exigèrent un total de 2 millions d'anciens francs en échange de leur participation, comme convenu. La situation était à ce point désespérée que certains responsables du club, le président Jean Mahieu en tête, eurent l'idée de se désolidariser de l'Union Belge pour rejoindre les rangs de l'ABSSA (Association Belge des Sports du Samedi). Le hic, c'est que le Léo comptait la bagatelle de 420 jeunes à ce moment et qu'il eût été ingrat de ne pas trouver de solution pour eux. La providence s'en mêla, sous la forme d'une fusion, en 1963, entre le Racing de Bruxelles et le White Star, deux ténors qui allaient former le Racing White. Actif au stade Fallon, ces coalisés de la première heure allaient recueillir aussi les diverses catégories d'âge du Léo. Joueur au départ, Jacques Maricq accéda à la présidence en mai 1964. " La situation financière était catastrophique " dit-il. " C'était le néant également dans le domaine sportif car il n'y avait ni terrain ni joueurs. Heureusement, restait le nom. Pour plagier le fameux slogan publicitaire, je dirais que personne ne résistait à l'appel du Léo. Et ce, en dépit du fait que nous étions 100 % amateur et que, pour renflouer les caisses, une cotisation de 500 francs était demandée par joueur. Il y avait un tel engouement qu'à la fin des sixties, le club comptait ni plus ni moins cinq équipes réserves et même une section super-vétérans ". Au cours de la décennie suivante, le Léo continua à défrayer la chronique. Après avoir engagé le coach français André Riou, qui avait, à un moment donné, drivé le Standard, il put aussi compter sur l'appui de l'un ou l'autre grands noms du football belge. Comme les Anderlechtois Jean-Pierre Janssens et Julien Kialunda. Le club trouva également un havre durable, dès 1964, à la rue des Griottes, à Uccle, baptisé aujourd'hui stade André Deridder. Mais tout allait basculer une première fois en 1990. Actif en P2, le Léo n'était pas le seul club de football implanté sur le territoire d'Uccle. Il y avait là, également, Uccle Sport, vieux de la vieille lui aussi, puisque créé le 1er janvier 1901. Les Pierrots, actifs au Merlo, chaussée de Neerstalle, avaient connu leurs années de gloire de 1947 à 57, évoluant tour à tour en Division d'Honneur, puis en D2. Ensuite, ce fut le déclin, le club militant en Promotion de 1965 à 72 avant d'intégrer les séries provinciales. Au terme de l'exercice 1989-90, il bascula d'ailleurs en P3. Cette année-là, la commune d'Uccle, qui avait acquis entre-temps les terrains de la " Petite Propriété Terrienne " où évoluaient les Léomen imposa une fusion entre les deux entités. Le Royal Uccle-Léopold Football Club, union des deux vieux clubs ucclois, était né. Disposant de 7 terrains et d'une infrastructure de qualité sur le site du Merlo, le club repartait sur des bases solides, alignant 12 équipes d'âge, outre l'équipe-fanion et la réserve. " Les fusions sont rarement un mariage d'amour " observe Maître Maricq. " Il y eut des moments difficiles mais ils furent surmontés. En 1996, La Forestoise, une vieille connaissance du football bruxellois aussi, souhaita poursuivre la route ensemble. Cette liaison fut brève, divers problèmes entraînant la rupture. Les saisons suivantes furent délicates mais les liens d'amitié nous ont quand même permis de traverser les orages pour fêter ensemble le 100e anniversaire du club en mai 1993 ". " Cette année-là fut mémorable " poursuit notre allocutaire. " Reçu au siège de la fédération, le club s'était d'abord vu remettre le Trophée de Membre Co-Fondateur de l'Union Belge. Ensuite, Anderlecht nous a fait l'honneur et l'amitié de nous offrir le match du jubilé et de venir étrenner son 22e titre de champion en nos installations. Il y avait 2500 personnes au Merlo, ce fameux 17 mai-là, le club paraissant revivre un court instant ses heures de gloire. La suite aura été faite de hauts et de bas. Je citerai, par exemple, l'extraordinaire saison 2004-05 où, champion en P1 avec 72 points, dont 15 d'avance sur le 2e le club est remonté en Promotion, ratant de peu la montée en D3 l'année suivante. Actuellement stabilisé, il milite depuis 2010 en Promotion. Tout serait parfait si les problèmes d'infrastructure et d'occupation des terrains n'avaient cessé de s'aggraver au fil des ans. Les ventes successives et la détérioration des 3 seuls terrains encore disponibles, soumis à des occupations alternées avec d'autres clubs et d'autres disciplines ne permettaient plus une gestion équilibrée du site pour plus de 30 équipes. L'opportunité de résoudre partiellement les problèmes s'est toutefois présentée naguère. La commune de Woluwé-Saint-Lambert a effectivement accepté d'accueillir au Stade Fallon, la Première et la Réserve en alternance avec le White Star Bruxelles et ce, tant pour les entraînements que pour les matchs. Les 20 équipes de jeunes, elles, continueront à jouer au " Merlo-Neerstalle ", l'exploitation de la cafétéria restant attribuée au Léo. C'est en quelque sorte un jumelage sportif qui s'est réalisé et notre dénomination officielle est désormais Royal Léopold-Uccle-Woluwé Football Club, en abrégé Léopold. C'est le début d'une nouvelle ère. Une chose est sûre, le Léo reste un nom. Et, toutes proportions gardées, il continue à attirer du beau monde. Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que Felice Mazzu a été entraîneur au Léo. Et que nous n'avons qu'à nous féliciter, pour l'heure, du remarquable travail effectué par notre T1 : Olivier Suray. Je n'aurais jamais cru possible, l'année passée, d'attirer un nom aussi prestigieux. Mais comme il l'a déclaré lui-même : Le Léo, ça fait bien sur une carte de visite !. " A travers ses 120 ans d'existence, le chemin tracé par le Léo fut loin d'être un fleuve tranquille " conclut Maître Maricq. " Mais tel le Phénix, il renaît toujours de ses cendres et, fier de sa vingtaine d'équipes d'âge, il poursuit sa mission sociale auprès des jeunes. Quant à la Première, elle arbore fièrement le vieux blason du club. Quant à moi, 60 ans d'affiliation, soit la moitié de l'existence du club, et 50 ans de présidence, auront été un bonheur rare. Mais il est temps de songer à la relève et de poursuivre le travail accompli en trouvant un successeur et des collaborateurs soucieux de maintenir l'avenir du club. Le Leo est clean, tant sur le plan sportif que financier. J'ai à coeur qu'il en soit toujours ainsi. " PAR BRUNO GOVERSLe Léopold a fourni trois présidents à l'Union Belge : Edouard-Emile de Laveleye, Joseph d'Oultremont et le chanoine Francis Dessain. Le plus jeune Diable Rouge de tous les temps est un Léoman : Fernand Nisot, international à 16 ans et 19 jours.