Nous rencontrons Hervé Renard à la terrasse du luxueux Four Seasons Hotel, sur la plage de Casablanca. Il est beaucoup plus détendu que l'an dernier. Grâce à une discipline stricte, le Français a façonné l'équipe nationale du Maroc comme il l'a fait par le passé avec d'autres sélections. La Zambie ou la Côte-d'Ivoire, par exemple, avec lesquelles il a été champion d'Afrique. Il a également entraîné l'Angola, été adjoint au Ghana et dirigé l'USM Alger. L'Afrique n'a plus de secret pour lui. Elle lui a offert des trophées et de l'euphorie, il lui a apporté sa discipline.
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Nous rencontrons Hervé Renard à la terrasse du luxueux Four Seasons Hotel, sur la plage de Casablanca. Il est beaucoup plus détendu que l'an dernier. Grâce à une discipline stricte, le Français a façonné l'équipe nationale du Maroc comme il l'a fait par le passé avec d'autres sélections. La Zambie ou la Côte-d'Ivoire, par exemple, avec lesquelles il a été champion d'Afrique. Il a également entraîné l'Angola, été adjoint au Ghana et dirigé l'USM Alger. L'Afrique n'a plus de secret pour lui. Elle lui a offert des trophées et de l'euphorie, il lui a apporté sa discipline. Cela faisait 20 ans que le Maroc avait disparu du théâtre mondial. Il y a pourtant du talent dans ce pays mais, avant l'arrivée de Renard, l'ensemble manquait de cohésion. Nordin Amrabat, un des joueurs les plus expérimentés de la sélection, en sait quelque chose. " Ce coach exige de chacun de la discipline ", dit l'ex-joueur du PSV. " Rien d'exceptionnel mais nous devons arriver à l'heure et nous comporter comme des pros. Celui qui ne suit pas a des problèmes avec lui. C'est en partie grâce à cela que nous avons formé une équipe homogène. À mes yeux, c'est la grande différence avec le passé. Il n'y a pas de place pour les égoïstes et les joueurs le savent. Mais il ne faut pas négliger l'influence du président non plus. Cela fait quatre ans que Fouzi Lekjaa est à la tête de la fédération et qu'il investit dans nos conditions de travail. En échange, il veut des résultats et cela plaît aux joueurs. C'est pourquoi nous voulons tous faire partie de cette équipe. " Amrabat est un des Lions de l'Atlas qui ont grandi aux Pays-Bas et qui ont donc subi une double influence. Après le PSV, il est passé par la Turquie (Kayserispor et Galatasaray), l'Espagne (Malaga et Leganés) et l'Angleterre (Watford). À 31 ans, une participation à la Coupe du Monde le remotive et c'est avec beaucoup d'admiration qu'il écoute les anecdotes Mustapha Hadji, venu se joindre à la conversation. Hadji est l'un des plus grands joueurs de l'histoire du football marocain. Aujourd'hui, il est l'adjoint de Hervé Renard. En 1998, année de la dernière participation du Maroc à une Coupe du Monde, il a été élu Joueur Africain de l'Année. Mais l'ex-joueur du Deportivo La Corogne, du Sporting Lisbonne et d'Aston Villa aimait aussi beaucoup les sorties. Nous prenons la direction du Stade Mohammed V. Sur la route, c'est le chaos. Casablanca compte 3,3 millions d'habitants dont on se demande s'ils ont un permis de conduire. Les voitures zigzaguent, les feux sont là pour décorer et on n'entend que des coups de klaxon. Mieux vaut y aller à pied en suivant du regard les pylônes d'éclairage pour ne pas se perdre. Pour les groundhoppers, le Stade Mohammed V est un must : sa piste en cendrée, ses immenses tribunes, ses 68 497 places. Et tout cela très près du centre de Casablanca. Ce soir, c'est ici que les Marocains disent au revoir à leur public avant de prendre la direction de la Russie. Ils affrontent l'Ouzbékistan, pays voisin de l'Iran, premier adversaire du Maroc en Coupe du Monde, le 15 juin. Le Maroc s'impose 2-0 et les Ouzbeks ne tirent qu'une fois au but. Il n'est guère question de football mais nous sommes fascinés par l'ambiance qui règne dans le stade, même pour un match amical. Et tout le monde chante l'hymne national. Le joueur marocain le plus populaire est incontestablement Hakim Ziyech. À chaque touche de balle, le stade retient son souffle. Nordin Amrabat est également très apprécié. Hervé Renard l'a laissé au repos mais, à la mi-temps, lorsqu'il passe devant la tribune, des tas de téléphones portables atterrissent à ses pieds. Il les ramasse, se prend en selfie avec le public derrière lui puis les renvoie dans les gradins. Il est acclamé. Après le coup de sifflet final, les joueurs font un tour d'honneur. Ils lancent leur maillot et sont très applaudis. C'est la dernière ode du public à son équipe qui, après 20 ans d'absence, veut faire parler d'elle dans un groupe avec l'Iran, le Portugal et l'Espagne. Elle rêve d'en sortir.