Après Junior Ngalula Mbuyi, Vincent Kompany, Anthony Vanden Borre et Romelu Lukaku, Ziguy Badibanga (19 ans) est, depuis le début de ce millénaire, le cinquième jeune Belgo-Congolais, issu du Centre de Formation de Neerpede, à rallier le noyau de Première. " En principe, il aurait dû être précédé par Geoffrey Mujangi Bia en qui le Sporting fondait pas mal d'espoirs aussi mais les aléas d'une carrière en ont décidé autrement ", observe AlbertMartens, ex-entraîneur en catégories d'âge, passé à la cellule scouting.
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Après Junior Ngalula Mbuyi, Vincent Kompany, Anthony Vanden Borre et Romelu Lukaku, Ziguy Badibanga (19 ans) est, depuis le début de ce millénaire, le cinquième jeune Belgo-Congolais, issu du Centre de Formation de Neerpede, à rallier le noyau de Première. " En principe, il aurait dû être précédé par Geoffrey Mujangi Bia en qui le Sporting fondait pas mal d'espoirs aussi mais les aléas d'une carrière en ont décidé autrement ", observe AlbertMartens, ex-entraîneur en catégories d'âge, passé à la cellule scouting. Par rapport à ses devanciers, plutôt réglos, Badibanga a toujours fait figure d'enfant prodigue. " Les autres ont toujours été suivis, voire serrés de près par leurs parents ", poursuit Petters. " Zig était livré constamment à lui-même. Son père vivait à Paris et lui tantôt chez sa mère, tantôt encore chez sa grand-mère, à Evere. Souvent, il n'avait personne pour le véhiculer. Il devait donc se débrouiller avec les transports publics. Quand les matches étaient programmés à 9 h 30, il arrivait fréquemment en retard, ou même pas du tout. A l'une ou l'autre reprise, on l'a même cru perdu pour le foot, car il ne se manifestait plus. Puis, contre toute attente, il pointait le bout du nez. Sans le moindre entraînement, il sortait un match d'enfer. C'était le roi du contre-pied, dans la vie comme sur le terrain. Insaisissable. Combien de fois n'a-t-il pas ébahi tous les suiveurs ? Comme lors du Mondial pour Pupilles à Plomelin, en Bretagne, en 2005 ? En finale, face au Stade Rennais, il en avait fait voir de toutes les couleurs à son opposant direct, qui avait pourtant une tête de plus. Dribbles, crochets, passements de jambes, tout y était. Il fut d'ailleurs sacré meilleur joueur de l'épreuve. C'était récurrent chez lui. Plus tard, il a raflé le premier prix lors du Tournoi de Viareggio. Ce qui n'est pas à la portée de n'importe qui. " En charge de la formation Espoirs, Geert Emmerechts a eu le joueur sous ses ordres dans cette catégorie et les U16 : " Au départ, il évoluait comme numéro 10 puis il a coulissé vers l'aile. Il s'apparente à Mbark Boussoufa, un pur droitier également, qui a débuté comme soutien d'attaque, avant de trouver sa voie sur le flanc gauche. Zig a cette faculté de déposer un adversaire sur place sur cette portion de terrain avant de centrer ou de rentrer dans le jeu en utilisant son bon pied. Mais il est tout aussi performant à droite. Lors de ses débuts chez les A, à Zulte Waregem, en fin de saison passée, il avait été appelé à y relayer Thomas Chatelle. Par la suite, à Courtrai, il s'était à nouveau distingué dans le même couloir. Comparativement à Jonathan Legear ou Matias Suarez, qui présentent un profil similaire, il a l'avantage de mieux se tirer d'affaire à gauche et est polyvalent sur tout le front de l'attaque. Seul bémol : il trouve un peu plus difficilement l'ouverture. C'est plus un passeur qu'un véritable finisseur et a plutôt tendance à servir autrui que de tenter sa chance. Face au but, il est trop timide... ce qui contraste avec son comportement dans le vestiaire, où il fait partie des ambianceurs. En Réserves, après les victoires, il était toujours le premier à faire grimper les décibels. " Le teenager a franchi une étape cette saison en subissant son baptême du feu en Europe au Partizan Belgrade. En championnat, il a dû se contenter jusqu'à présent de bribes de match. Sauf à Eupen, lors de la 29e quand Ariel Jacobs le titularisa alors qu'on attendait plutôt le repêchage de Tom De Sutter, vu les nombreuses indisponibilités. Posté à la place de Bous, Badibanga fit joujou avec Mark Hendrikx d'un bout à l'autre du match. Pas mal pour un joueur qui n'avait été utilisé qu'à doses homéopathiques au cours des semaines préalables. " La force de Zig, c'est de ne jamais se poser trop de questions ", renchérit Albert Martens. " Il n'est jamais impressionné. C'est sa force mais aussi sa faiblesse. Le football, au plus haut niveau, ce n'est plus une simple partie de plaisir, mais un métier, avec les sacrifices qui y sont liés. On peut se demander s'il en est toujours conscient. Arriver en retard, c'est excusable à 14 ans, mais pas à 19. " " Il a besoin d'être recadré de temps à autre ", souligne Jean Kindermans, directeur technique de l'école des Jeunes. " En classes d'âge, on l'obligeait à nettoyer le vestiaire quand il n'était pas à l'heure. Ou bien l'entraîneur le mettait sur le banc pour débuter la partie. Chez les A, ce n'est plus possible. Il faut responsabiliser le joueur. Zig fait l'objet, comme quelques autres, d'un suivi personnalisé de notre cellule sociale, dirigée par Peter Smeets mais on ne peut tout contrôler. Le joueur doit y mettre du sien aussi, surtout en ce qui concerne la vie en dehors des terrains. Il est très influençable de ce côté... J'espère qu'il fera mieux la part des choses car il a toutes les qualités pour réussir au plus haut niveau. " PAR BRUNO GOVERS - PHOTO: REPORTERS" Finalement, il n'est timide que devant le but ! "