Comme si le rêve du football chorégraphié avait dû s'évaporer, confronté à la froide réalité du besoin de points, Anderlecht a rangé quelques-uns de ses idéaux au placard pour récupérer son sourire au moment de jeter un oeil sur le classement. Sortis avec cinq points de la semaine à trois matches, les Mauves ont conservé leur brevet d'invincibilité sous les ordres de Franky Vercauteren, avec un style de jeu qui s'est éloigné sur certains points de celui pratiqué lo...

Comme si le rêve du football chorégraphié avait dû s'évaporer, confronté à la froide réalité du besoin de points, Anderlecht a rangé quelques-uns de ses idéaux au placard pour récupérer son sourire au moment de jeter un oeil sur le classement. Sortis avec cinq points de la semaine à trois matches, les Mauves ont conservé leur brevet d'invincibilité sous les ordres de Franky Vercauteren, avec un style de jeu qui s'est éloigné sur certains points de celui pratiqué lors de l'arrivée de Vincent Kompany. S'il avait mis l'accent sur les phases arrêtées, comme pour rendre visibles le plus rapidement possible les effets de sa méthode, le Petit Prince du Parc a surtout autorisé ses hommes à abandonner le ballon par instants, là où la possession semblait être un critère non-négociable lors des premières sorties de la saison. Contre Gand, Anderlecht s'est ainsi offert le luxe de marquer sur contre-attaque, via Yari Verschaeren puis Kemar Roofe. Face à Saint-Trond, déjà, les Bruxellois avaient cadré quatre tirs au bout d'une reconversion rapide. Un chiffre étourdissant quand on constate que le phénomène ne s'était reproduit qu'à cinq reprises au cours des dix premières sorties de la saison. Organisés dans un 4-4-2 bien plus classique et rigoureux à la perte du ballon, les Mauves ont également diminué les risques dans leur camp. Il n'est désormais plus rare de voir Hendrik Van Crombrugge balancer un ballon le plus loin possible de sa surface, là où les premiers matches de la saison montraient souvent l'ancien gardien d'Eupen en train de chercher coûte que coûte la sortie de balle propre avec ses défenseurs centraux, parfois jusqu'à l'absurde. Et si Sieben Dewaele se positionne encore entre les premières lignes, comme un milieu défensif, au moment où les Anderlechtois tentent de construire depuis l'arrière, il est beaucoup moins systématiquement alerté par ses coéquipiers. Devant la défense, Vercauteren a installé Edo Kayembe, plus brillant par son exubérance physique que par ses qualités ballon au pied malgré une superbe passe décisive pour Alexis Saelemaekers face au Cercle. Une nouvelle preuve de sa volonté d'équilibre à tout prix, dans un milieu de terrain où les profils offensifs sont surtout exilés sur les flancs. De quoi rendre leurs exploits individuels encore plus indispensables pour confirmer le réveil mauve.