Le 17 juillet dernier, Warcoing défie Ath en amical. Un club de P2 contre un relégué de D3. Jusque-là, rien de bien excitant. Et pourtant, ce jour-là, le stade Léon Velghe de Warcoing, un patelin de 500 âmes, reçoit une visite pour le moins prestigieuse. Sous ses grosses lunettes noires, Nicolas Anelka observe les protagonistes. Sur le terrain, tous les visiteurs sont à l'essai. Ils sont 18 à s'arracher pour plaire à l'ex-international français. Pourquoi ? Parce que l'ancien du PSG, du Real ou de Chelsea, n'a pas fait le déplacement pour rien : il veut racheter le matricule 2899 du Royal Géant Athois. Mais pourquoi Ath ? Pourquoi son club de foot, qui n'a rien d'autre dans son armoire à trophées qu'un championnat de Promotion ?
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Le 17 juillet dernier, Warcoing défie Ath en amical. Un club de P2 contre un relégué de D3. Jusque-là, rien de bien excitant. Et pourtant, ce jour-là, le stade Léon Velghe de Warcoing, un patelin de 500 âmes, reçoit une visite pour le moins prestigieuse. Sous ses grosses lunettes noires, Nicolas Anelka observe les protagonistes. Sur le terrain, tous les visiteurs sont à l'essai. Ils sont 18 à s'arracher pour plaire à l'ex-international français. Pourquoi ? Parce que l'ancien du PSG, du Real ou de Chelsea, n'a pas fait le déplacement pour rien : il veut racheter le matricule 2899 du Royal Géant Athois. Mais pourquoi Ath ? Pourquoi son club de foot, qui n'a rien d'autre dans son armoire à trophées qu'un championnat de Promotion ? Un mois et demi auparavant, le téléphone de Fabrice Van Robays sonne. C'est Doug Pingisi, ami et conseiller d'Anelka depuis 1998, au bout du fil. " On se connaît par le milieu du football. On a été présentés il y a deux ans et on est restés en contact ", déclare Van Robays, qui se présente comme un " manager de clubs officiant en Belgique depuis douze ans ". Il est alors mandaté pour organiser le rachat d'un club belge mais ne sait pas encore pour qui. " A la base, je n'étais pas au courant pour Anelka. Je savais simplement qu'un groupe d'investisseurs français étaient intéressés. " Le Français pose alors trois projets de trois clubs différents sur la table, tous en D3 la saison passée. " Celui qui tenait le plus la route, c'était celui d'Ath. Ce qu'ils voulaient, c'était un matricule vierge de toutes autres personnes à la date du rachat. Le RG Ath remplissait ces conditions : il n'y avait plus de joueurs, plus de coach, plus personne au conseil d'administration et une dette relativement faible. " " Ce n'est que mon analyse, mais les gens avec de l'argent n'aiment pas forcément que d'autres viennent interférer et discuter de leurs idées ", poursuit le nouveau manager des Géants. " Ils ont leur projet et ne voulaient pas trouver de gens sur leur chemin. " Surtout qu'Anelka et ses proches doivent faire vite. Au bord de la faillite, la commune a déjà cédé le terrain du RG à un club de P1 et la date limite pour une reprise est fixée au 30 juin par la fédération. Tout le monde s'attend à voir les Géants disparaître. Quelques heures avant le glas, le dossier est pourtant relancé par de mystérieux investisseurs français. C'est là que l'entraîneur-joueur de Mumbai pointe le bout de son nez. Et, à l'image de sa carrière qui l'a fait transiter dans douze clubs différents, la reprise ne pouvait s'effectuer sans tumulte. Alors que les deux parties s'accordent notamment sur une dette à combler d'environ 300.000 euros, les vendeurs, représentés par l'actuel président du club hennuyer Michel Vandescure, cherchent ensuite à faire grimper les enchères. En vain. Après un ultimatum lancé par Anelka, les conditions sont revenues à l'initiale et le rachat sera acté cette semaine. Resté longtemps dans l'anonymat, le RG Ath a malencontreusement été mis en lumière par cette même dette, vieille de " cinq ou six ans " et qui éclate au grand jour la saison dernière. Les joueurs ne sont alors pas payés et se mettent en grève. Les espoirs prennent le relais à Deinze et un violent revers 0-16 dans les gencives. Depuis, les Géants peinent à tenir debout. " Ce club a déjà fait pratiquement faillite parce qu'il y avait un mentor qui avait beaucoup d'argent qui, du jour au lendemain, a fait des folies, s'est laissé entuber par des personnes mal intentionnées ", explique Marc Duvivier, le bourgmestre de la commune, pour So Foot. " Ça a été repris par Michel Vandescure, un excellent chef d'entreprise, mais qui n'avait sans doute pas assez de temps pour tenir tête aux managers en place. Des managers véreux, point ! " La récente relégation en Promotion B ne surprend donc personne. Mais si l'on peut s'étonner du choix du club, il faut se pencher sur celui du coeur. Depuis 2007, Nicolas Anelka partage sa vie paisible avec Barbara Tausia, une chorégraphe originaire de Charleroi, où il a été aperçu récemment. Le père de sa belle y possède également un restaurant. Et alors qu'il était tout proche d'un accord avec le Standard l'été dernier, il s'était également affiché au Congo avec un maillot des Diables, fraîchement floqué du 39, son chiffre fétiche. Le meilleur ami de RaymondDomenech ne débarque donc pas en terre inconnue. Orphelin d'une enceinte, le RG Ath va s'installer dans celle de Fleurus, uniquement pour y jouer un dimanche sur deux. Quant au nom du club, il ne bougera pas avant la saison prochaine, le délai de changement de dénomination étant dépassé. Avec un noyau d'une quinzaine de joueurs qui ne sont toujours pas signés, dont Mehdi Khchab qui évoluait à Mons l'an passé et qui devrait être coaché par Pascal Michel, les nouveaux propriétaires du matricule 2899 partent de zéro et espèrent surtout s'imposer sur le long terme. " On veut une toute nouvelle école de jeunes et de nouvelles infrastructures ", assure Van Robays. Et si le projet apparaît plus que bancal pour l'instant, le manager des Géants n'en démord pas : " L'objectif, c'est la D2 sous cinq ans. On va essayer de jouer la montée et prendre tout ce qu'on peut prendre. Mais on est réalistes, pas kamikazes. Si on est en Promotion l'an prochain, ce n'est pas un drame. " En manque d'effectif, Ath a déjà déclaré forfait en coupe mais devrait être prêt pour la reprise du championnat, le 23 août. Reste à voir si Nicolas Anelka réussira son énième choix de carrière. PAR NICOLAS TAIANA - PHOTO BELGAIMAGE" Il n'y avait plus de joueurs, plus de coach, plus personne au conseil d'administration et une dette relativement faible. " FABRICE VAN ROBAYS, NOUVEAU MANAGER DES GÉANTS