Où est donc le bel enthousiasme d' Abbas Bayat à son arrivée à Charleroi ? Rien de ce qu'il avait prédit - je ne dis pas promis parce que je suis gentil ! - ne s'est réalisé. Bien au contraire ! Le trou financier n'a fait que croître en dépit des incontestables qualités de manager dont il fait preuve dans le privé. Le spectacle n'a jamais été à la hauteur des espérances... Aucune ligne de force ne s'est dégagée dans les options de jeu ni dans la politique sportive du club. On semble constamment parer au plus pressé... avec les moyens du bord.
...

Où est donc le bel enthousiasme d' Abbas Bayat à son arrivée à Charleroi ? Rien de ce qu'il avait prédit - je ne dis pas promis parce que je suis gentil ! - ne s'est réalisé. Bien au contraire ! Le trou financier n'a fait que croître en dépit des incontestables qualités de manager dont il fait preuve dans le privé. Le spectacle n'a jamais été à la hauteur des espérances... Aucune ligne de force ne s'est dégagée dans les options de jeu ni dans la politique sportive du club. On semble constamment parer au plus pressé... avec les moyens du bord. Pour peu que je connaisse Abbas Bayat, je suis sûr qu'il est le tout premier à souffrir de ce constat d'échec. Il a trop de lucidité pour se voiler la face ! A-t-il mal analysé la situation de départ ? A-t-il été mal conseillé ? Déjà au départ, on peut se demander ce qui a pu le motiver à venir à Charleroi. Pour moi, ce restera toujours un mystère. Son argumentation, pour rationnelle qu'elle soit, repose essentiellement sur l'admiration qu'il vouait à Enzo Scifo qu'il crédita d'ailleurs, en son temps, d'un taux d'infaillibilité anormalement élevé. Il lui fit confiance à 100 %. Aujourd'hui, c'est tout juste s'il ne lui attribue pas l'entièreté de son échec. Excessif notre homme ? A coup sûr ! Et à la mesure de son enthousiasme et de sa nature passionnée. Car s'il est une chose qu'on ne peut reprocher à Bayat, c'est sa volonté de tout faire pour son club. Il y a été de sa cassette personnelle pour un million d'euros Et comme il est persuadé " d'être sans faute ", il ne redoute pas d'aller discuter au ch£ur même du kop avec les supporters mécontents. Là encore, on peut s'interroger sur ce comportement certes très courageux et spontanément sincère. Mais est-ce bien la place d'un président d'aller se justifier auprès des supporters ? Il est vrai qu'il partage avec eux le même chauvinisme fanatique. Une attitude d'ailleurs unanimement mal perçue par tous les autres dirigeants qui estiment qu'un président doit pouvoir se contrôler en toutes circonstances. D'autant que cela cadre très mal avec la personnalité courtoise et réservée d'Abbas Bayat dès qu'il quitte la tribune. En dehors d'un contexte de match, on ne trouve pas homme plus affable et plus posé que lui. Le véritable problème d'Abbas Bayat s'est situé au niveau de la différence culturelle. Issu de la haute société iranienne, il cultive, à son corps défendant et sans jamais vouloir humilier quiconque, une sorte d'élitisme peu conciliable avec la mentalité un peu lourdaude de notre milieu footballistique. Sa conception du management à l'américaine a été perçue par les autres dirigeants comme de la mégalomanie et ses déclarations quant à la redynamisation de la Ligue Pro comme une volonté de les ridiculiser. Rapidement, le courant n'est plus passé entre lui et notamment les responsables de nos grands clubs qu'il s'était chargé de brocarder alors que son projet européen pour Charleroi, son entrée en Bourse et ses exigences irréalistes en droits de télévision achevaient de le discréditer. Son analyse du football professionnel belge était complètement erronée. Et ce fut d'autant plus difficile de l'en persuader, qu'il est convaincu de connaître le foot sur le bout des doigts. Je le soupçonne même d'être tenté d'interventionnisme auprès de son staff sportif ! Je n'oublierai jamais mon tout premier contact avec Abbas Bayat à son arrivée à Charleroi pour lui expliquer notre manière de travailler à Canal +. Il me reçut avec toute la courtoisie qui est la sienne mais il me fit bien comprendre qu'en matière de TV, il comptait bien tout chambarder. Bref, il avait ouvert les hostilités dès la première entrevue. Et surtout, quand pour détourner un peu son attention de ce sujet délicat des droits TV, je me hasardai sur" le terrain du foot ", de la difficulté de construire une équipe et une philosophie de jeu et de la nécessité d'investir dans la formation, il balaya tout cela d'un revers de la main, en me prétendant que son business - Chaudfontaine - était autrement plus difficile que le foot ! L'expérience a, hélas, donné raison à ceux qui ont tout de suite pensé que ses objectifs étaient trop irrationnels. Il n'empêche que je garde une grande sympathie pour l'homme et ses qualités d'humaniste. Il ne faudrait pas grand-chose pour que ses grands projets réussissent. Peut-être mieux les partager avec les autres ! parAndré Remy" Le véritable problème d'Abbas Bayat s'est situé au niveau de la différence culturelle. "