À la veille de la finale de la Coupe des Confédérations opposant l'Allemagne au Chili, le Bayern Munich reprenait les entraînements après six semaines de vacances. À part pour le pays organisateur, qui voulait mettre sa logistique et son organisation au banc d'essai, ce tournoi russe était un non-événement. Les hooligans n'ont pas fait de dégâts non plus mais qui aurait cru le contraire avec un déploiement policier aussi impressionnant ? La Russie a tenté de redorer son blason, notamment par les déclarations triomphales du président Vladimir Poutine, même si celui-ci savait très bien pourquoi son pays alignait une mauvaise équipe : il y a beaucoup trop d'étrangers dans le championnat de Russie actuellement.
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À la veille de la finale de la Coupe des Confédérations opposant l'Allemagne au Chili, le Bayern Munich reprenait les entraînements après six semaines de vacances. À part pour le pays organisateur, qui voulait mettre sa logistique et son organisation au banc d'essai, ce tournoi russe était un non-événement. Les hooligans n'ont pas fait de dégâts non plus mais qui aurait cru le contraire avec un déploiement policier aussi impressionnant ? La Russie a tenté de redorer son blason, notamment par les déclarations triomphales du président Vladimir Poutine, même si celui-ci savait très bien pourquoi son pays alignait une mauvaise équipe : il y a beaucoup trop d'étrangers dans le championnat de Russie actuellement. Personne n'attendait la Coupe des Confédérations et il en ira de même dans quatre ans au Qatar, lorsque l'événement servira de répétition générale à la Coupe du monde. Celle-ci se tiendra en novembre/décembre 2022 et il sera difficile de chambouler le calendrier des différents championnats dès l'année précédente. C'est pourquoi, au sein de la FIFA, des voix réclament la suppression du tournoi. Sans quoi les équipes nationales vont devoir y envoyer des juniors. Joachim Löw, le sélectionneur allemand, a déjà fait un pas en ce sens puisqu'il a envoyé en Russie une équipe B agrémentée de Julian Draxler, laissant ainsi ses stars au repos après une saison épuisante. Les Allemands, il faut bien le dire, étaient sceptiques. Mais la jeune équipe a fourni une excellente prestation. Du coup, à un an de la Coupe du monde, la concurrence au sein de la Mannschaft est plus forte que jamais. Actuellement, Löw peut compter sur un potentiel de 50 internationaux. Comme le médian de Schalke 04 Leon Goretzka, omniprésent entre les lignes et qui fut une des révélations du tournoi. L'Allemagne n'a jamais eu un tel réservoir. D'autant que, la semaine dernière, elle est aussi devenue championne d'Europe U21. Cela fait longtemps que les Allemands ont investi dans le professionnalisme au niveau de la formation des jeunes et que les entraîneurs doivent répondre à des critères de sélection très stricts. Elle ne veut plus dépendre de critères génétiques mais apprendre aux joueurs à utiliser les espaces, comme le veut le football moderne. C'est le cheval de bataille de Joachim Löw : s'engouffrer dans les espaces, se rendre disponible. C'est ce qui accélère et dynamise le jeu. Il répète sans cesse que le football, c'est passer d'un espace à un autre. Et, bien entendu, l'Allemagne n'abandonne pas ce qui a toujours fait sa force : l'esprit d'équipe, la joie de jouer, la confiance et la classe individuelle. À l'EURO espoirs aussi, l'Allemagne alignait une deuxième équipe puisque huit joueurs étaient à la Coupe des Confédérations tandis que trois titulaires étaient blessés. Mais le rendement n'en a pas souffert. L'équipe était jeune et enthousiaste, elle avait soif de victoires. Elle était dirigée par Stefan Kuntz, un ex-international qui n'avait plus entraîné depuis douze ans avant de succéder à Horst Hrubesch. On lui a parfois reproché de trop rester assis sans bouger sur le banc mais il a une explication : pour lui, les coaches qui s'agitent le long de la ligne énervent les joueurs et les empêchent d'être en confiance. Lorsque Joachim Löw est entré à la fédération allemande en 2004, pour y devenir l'adjoint de Jürgen Klinsmann, c'était le désert au niveau de la formation des jeunes. Après le désastre de l'EURO 2000, un plan avait certes été mis en place mais c'est Löw qui fut à la base du changement de culture, l'Allemagne se mettant notamment à profiter de l'influence de l'immigration. Au fil des années, elle a poursuivi dans cette voie, les clubs offrant également beaucoup de temps de jeu aux jeunes. Aujourd'hui, l'Allemagne est un immense réservoir de footballeurs talentueux. Pour Löw, la mission la plus difficile, dans un an, consistera à sélectionner les joueurs adéquats. PAR JACQUES SYSL'Allemagne a un potentiel de 50 internationaux.