Le Standard a réussi à attirer dans ses filets un des attaquants les plus courtisés de notre championnat suite à sa bonne saison avec Waasland Beveren. Renaud Emond (23 ans) a donc quitté son club sur un but prestigieux face au rival local de Lokeren. Il part avec les louanges de ses supporters et arrive dans un club malade. " Il ne faut pas croire qu'il va solutionner à lui seul tous les maux du Standard ", dit d'emblée Alexandre Czerniatynski. Pourtant, son arrivée dans la cité liégeoise a suscité un certain enthousiasme. " Les gens qui le croisaient en lui disant qu'un Wallon buteur au Standard, ce serait magnifique, ces gens-là ont fini par achever de le convaincre ", reconnaît son père.
...

Le Standard a réussi à attirer dans ses filets un des attaquants les plus courtisés de notre championnat suite à sa bonne saison avec Waasland Beveren. Renaud Emond (23 ans) a donc quitté son club sur un but prestigieux face au rival local de Lokeren. Il part avec les louanges de ses supporters et arrive dans un club malade. " Il ne faut pas croire qu'il va solutionner à lui seul tous les maux du Standard ", dit d'emblée Alexandre Czerniatynski. Pourtant, son arrivée dans la cité liégeoise a suscité un certain enthousiasme. " Les gens qui le croisaient en lui disant qu'un Wallon buteur au Standard, ce serait magnifique, ces gens-là ont fini par achever de le convaincre ", reconnaît son père. Son profil de battant colle parfaitement aux valeurs locales. Sa gentillesse et sa bonne bouille devraient rapidement séduire en interne. Quant à son insouciance, elle devrait lui permettre de traverser la crise actuelle du Standard sans dommage. Un vent de fraîcheur souffle à nouveau sur Sclessin. Les contacts avec le Standard remontent au mois de février. Et pourtant, Emond a signé le dernier jour du mercato et aurait pu ne jamais porter la vareuse du Standard. " Dans la vie, tout n'est pas toujours facile ", a expliqué le directeur sportif Axel Lawarée.La faute à Beveren, au montage financier et à... Roland Duchâtelet. Pour comprendre, il faut remonter un an en arrière. A l'époque, les dirigeants de Waasland Beveren ont les yeux plus grands que le ventre. Ils lorgnent Emond mais n'ont pas les moyens de se le payer. Pourtant, le discours des dirigeants plaît à la famille. Pour débloquer la situation, le deal est conclu suivant un montage assez spécial, Waasland ne disposant que de 50 % du joueur. En cas de revente, le club waeslandien ne toucherait donc que 50 % de la somme, 25 % revenant alors à Virton et 25 % à Star Factory, la société des agents de Renaud Emond. Et c'est là que les problèmes débutent. Suite à une charge virulente de Didier Frenay, fondateur de Star Factory, envers le président Duchâtelet, ce dernier décide de black-lister ces agents. Alors que Bruno Venanzi et Axel Lawarée ont entamé des négociations avec Emond en vue de la saison 2015-2016, les voilà obligés, au mois de mars, de rappeler le père pour mettre fin à celles-ci. " Ils m'ont dit qu'ils devaient renoncer la mort dans l'âme à Renaud sur décision présidentielle ", explique le père, Philippe Emond. Une fois le Standard repris par Bruno Venanzi, l'oukase présidentiel tombe. Venanzi sonde Slavoljub Muslin mais le nouvel entraîneur du Standard ne fait pas de l'attaquant luxembourgeois une priorité. " Je pense que Bruno Venanzi ne voulait pas imposer un joueur à son entraîneur alors qu'il était en début de collaboration ", dit Philippe Emond. D'autres clubs rentrent alors dans la danse. Anderlecht est intéressé mais recule devant la somme demandée par Waasland Beveren. Le club qui ne va toucher que la moitié de la somme veut 1 million dans ses caisses. Ce qui fait monter le prix du transfert à 2 millions. Beaucoup trop pour un joueur auquel il ne reste qu'un an de contrat. Genk imagine un échange avec Steeven Joseph-Monrose. Sans succès. Et ce n'est qu'en fin de mercato que tout le monde se réveille. Mehdi Bayat vient aux nouvelles pour Charleroi ; un agent anglais rentre également en contact sans citer le club pour lequel il est mandaté ; le Celtic et Ostende font une proposition à Waasland Beveren. Et Bruges, qui ne semblait pas intéressé, envoie l'artillerie lourde. " Un jour, Bart Verhaeghe et Vincent Mannaert ont appelé Renaud à 1 heure du matin pour le convaincre. Mon fils se demandait pourquoi ils le voulaient alors que son agent lui avait dit qu'il n'était pas une priorité deux semaines plus tôt. " Poliment, il éconduit Bruges. Car entre-temps, le Standard est entré dans la danse. Deux heures après le limogeage de Muslin, les dirigeants liégeois reprennent contact. Rapidement, ils tombent d'accord avec les dirigeants de Waasland, puis avec le joueur. Après avoir fait preuve de gourmandise face à Anderlecht, les dirigeants de Waasland sont revenus à des sentiments plus raisonnables. Malgré les bruits de transfert, Renaud Emond s'est toujours donné à 100 % aux entraînements et les dirigeants veulent faire un geste. Malgré une offre supérieure du Club Bruges, ils ne jouent pas la surenchère face au Standard, que le joueur a choisi. " Waasland Beveren a été à l'écoute et a accepté notre demande, je voudrais les remercier publiquement ", a d'ailleurs lâché Lawarée lors de la présentation officielle de sa nouvelle recrue. " Ils ont donné une image de sérieux et de dynamisme. C'est le Standard qui a fait le meilleur sprint ", résume son père. Derrière l'histoire de ce transfert, se cache également une réelle envie, de la part du joueur, de rallier Sclessin. " Contrairement à d'autres enfants, il n'était pas fan d'un club en particulier dans sa jeunesse. Lui ne voyait que Virton ! ", reconnaît pourtant son père. Mais le microcosme régional a joué. Dans la province du Luxembourg, tout le monde supporte le Standard. Et son premier but en D1 marqué dans l'enfer de Sclessin a réveillé cet intérêt. " Ce jour-là, il a eu un déclic et il m'a dit -Un jour, j'aimerais bien jouer pour ce club ", raconte un papa d'autant plus chagriné qu'il est un fervent supporter... d'Anderlecht. " Deux jours après son transfert, je me suis d'ailleurs fait chambrer par mes collègues qui m'ont acheté la couette, l'écharpe et le porte-clés du Standard ", rigole-t-il. " Il n'est pas grand, pas costaud, pas spécialement rapide mais à chaque fois, il termine meilleur buteur de son équipe ", nous racontait son père lorsque nous étions partis faire un reportage sur le club de Virton durant l'hiver. " On m'a toujours reproché un manque de physique ", corrobore le fils, " mais cela ne m'a jamais empêché de marquer. " C'est bien cela la marque de fabrique Renaud Emond : le sens du but. " Vous lui apportez le ballon dans le rectangle et là, il est dangereux ", dit Alexandre Czerniatynski qui l'a côtoyé à Beveren. " Si un ballon traîne dans les 16 mètres, il sera le premier dessus. " " Il a pratiquement mis tous ses buts dans la surface ", analyse Alex Teklak. " Il a un sens du but que peu de joueurs possèdent. Je trouve qu'il a plus de mobilité qu'un Ivan Santini et plus de largeur de jeu. Et il participe plus au jeu que Mohamed Yattara. Il est souvent bien positionné pour reprendre le ballon en première intention. Il est souvent dans la frappe instantanée. Vous ajoutez qu'il a souvent le geste juste et vous obtenez un vrai renard des surfaces. " Ses statistiques des dernières saisons plaident en sa faveur. 14 buts avec Waasland Beveren, 27 buts en D3 avec Virton. Emond est un vrai buteur. A cela, il ajoute les qualités de battant et de marathonien (il couvre 12 kilomètres par match). Et de caméléon, capable de jouer aussi bien dans un 4-4-2 que comme seul attaquant devant. " C'est un travailleur ", dit Czernia. " On ne peut pas lui enlever cette qualité. Il court pour l'équipe mais son entraîneur doit aussi veiller à ce qu'il n'accomplisse pas trop de travail loin du but, au risque de le voir perdre sa fraîcheur en zone de finition. " Néanmoins, il doit encore progresser dans certains domaines. Son gabarit relativement fluet n'en fait pas un pivot. " Ce n'est pas le type de joueur capable de conserver le ballon ", continue l'ancien international. " Il doit améliorer ce point-là car un attaquant doit pouvoir, parfois, garder le ballon pour permettre à la deuxième ligne de jaillir. " En bon père qu'il est, Philippe Emond finit sur une note positive. " Il est courageux, persévérant, il ne fait pas le malin. Avec ces ingrédients, on devrait pouvoir faire un bon plat, non ? " PAR STEPHANE VANDE VELDE - PHOTOS IMAGEGLOBE" A Virton, certains prétendaient qu'il n'était là que parce qu'il était le fils du président. Il a vite été formaté pour contrer la critique. " PHILIPPE EMOND