Un seul but a été marqué lors des demi-finales aller de la Ligue des Champions. Georges Heylens a apprécié le nul vierge entre Leeds et Valence mais est beaucoup moins positif quand il évoque la victoire du Bayern Munich sur le terrain du Real Madrid. Le retour, ce soir, sera explosif. Le Bruxellois est curieux de voir avec quel état d'esprit les Allemands l'aborderont.
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Un seul but a été marqué lors des demi-finales aller de la Ligue des Champions. Georges Heylens a apprécié le nul vierge entre Leeds et Valence mais est beaucoup moins positif quand il évoque la victoire du Bayern Munich sur le terrain du Real Madrid. Le retour, ce soir, sera explosif. Le Bruxellois est curieux de voir avec quel état d'esprit les Allemands l'aborderont.Georges Heylens: Pour résumer le match aller, je dirais que le double mur de Berlin a tenu bon. Je peux comprendre la prudence du Bayern, vu les enjeux financiers de la Ligue des Champions, mais je ne peux pas l'admettre. Ce match n'a pas servi le football. Je me suis beaucoup plus amusé en suivant Leeds-Valence, même si Valence a aussi une conception très forte de l'organisation défensive en déplacement. La différence, c'est que la défense de Valence sort beaucoup plus facilement et plus volontiers que celle du Bayern. Quand le Real avait franchi le premier mur défensif, il tombait systématiquement sur un second rideau pratiquement infranchissable. Je sais que la Ligue des Champions permet beaucoup de choses, mais là, les Allemands sont allés trop loin. Personne ne leur demandait de jouer avec les portes ouvertes sur le terrain du Real, mais il est inacceptable qu'une équipe comme le Bayern n'aligne qu'un seul attaquant.Des joueurs du Real se sont quand même retrouvés plus d'une fois face à Kahn.C'est vrai, il y a eu de superbes opportunités pour McManaman et Helguera notamment. En analysant les choses sous cet angle, on peut dire que le Real s'est battu lui-même. S'il avait trouvé l'ouverture, les Allemands auraient été obligés de se découvrir et on aurait pu assister à une mini-avalanche espagnole. Quand il y a des espaces, Guti et Raul savent faire mal. L'absence de Morientes a fort pénalisé le Real, car il est plus perforant que Guti. Malgré le jeu défensif du Bayern, le Real a eu plusieurs occasions franches: c'est ce qui me fait dire que tout reste possible au match retour. Le Bayern osera-t-il pratiquer de nouveau le même anti-football dans son stade? Je n'ose pas y penser. Le Real a prouvé dans cette Ligue des Champions qu'il était capable de remporter un grand match à l'extérieur. De toute façon, un champion d'Europe en titre doit pouvoir imposer son jeu sur le terrain de la troisième ou quatrième équipe du continent.Leeds et Valence avaient maintenu tout le suspense pour le match retour.Tout restait effectivement à faire après le match aller. Pour les Anglais, ce nul à domicile n'était pas une catastrophe. Ils savent se surpasser et parfois gagner à l'extérieur: Anderlecht en sait quelque chose. Je suis quelque part resté sur ma faim parce qu'il n'y a pas eu de but dans ce premier match, mais la qualité du football proposé par les deux équipes m'a plu. Leeds a confirmé son statut de révélation de la saison européenne et Valence a prouvé sa faculté de maîtriser les événements dans les moments difficiles. Je connais peu d'équipes qui n'auraient pas craqué face à la furia de Leeds. La défense de Valence est meilleure que celle du Real. Si on la transposait à Bernabeu, le Real aurait véritablement une équipe parfaite. Contre un Bayern très peu dangereux, la ligne arrière de Madrid a paniqué plus d'une fois. Ses stoppeurs n'étaient pas toujours bien placés, on avait déjà observé ce phénomène en quart de finale sur le terrain de Galatasaray. Et son gardien a commis une fameuse erreur sur le but d'Elber. Valence a la meilleure défense d'Europe, tout en pratiquant un football intéressant. Même à l'extérieur...Quel club belge aurait le plus de chances de s'illustrer la saison prochaine en Ligue des Champions: Anderlecht ou Bruges?L'option anderlechtoise reste la plus intéressante pour le football belge. Mais je crains un début de saison difficile. L'équipe du Sporting aura-t-elle déjà trouvé les automatismes indispensables au moment d'aborder les matches préliminaires? Tout le flanc gauche est parti. Koller est sur le départ. Radzinski rêve d'un autre championnat. Et personne ne peut dire si De Wilde reviendra dans le parcours. Cela pourrait faire cinq titulaires en moins. C'est énorme. Et qui est prêt pour les remplacer du jour au lendemain? Personne! Ilic peut prendre la place de Dheedene, mais ce n'est pas le même style de joueur. Qui peut avoir la même efficacité que Goor, le même volume de jeu, la même précision, la même présence dans le rectangle? Selon moi, c'est Hendrikx qui se rapproche le plus du profil. L'Egyptien El-Saïd? Attendons de le voir à l'oeuvre avant de juger. Il est quand même grave qu'Anderlecht doive aller acheter en catastrophe dans ce pays dont on ne connaît pas bien le football. Si le club avait pris le soin de préparer patiemment de bons remplaçants, je serais beaucoup plus optimiste. Mais on sait malheureusement l'importance que les clubs belges accordent à la formation. Même chose à Bruges. Verheyen clame depuis deux ans qu'il veut partir, mais on n'a pas pris la peine de façonner un joueur susceptible de prendre efficacement sa place. En plein sprint pour le titre, le Club fait venir un Lange qui n'était que réserviste à Trabzonspor. Ce n'est par normal. Si on avait préparé un remplaçant pour Verheyen, il n'y aurait pas lieu de s'en faire. C'est plus la panique que l'intelligence qui guident Bruges et Anderlecht quand ils effectuent un transfert. Je n'oublierai jamais ce que Guy Roux nous disait quand il donnait des cours d'entraîneur en France: -Pour moi, n'importe qui peut partir d'Auxerre parce que nous avons préparé la relève. Personne n'est indispensable ou irremplaçable dans mon équipe. Cette vérité ne s'applique vraiment pas chez nous. Pierre Danvoye