La pression qui repose sur les pays organisateurs de Coupe du monde est énorme. Pour leur équipe nationale, cela peut avoir des inconvénients mais aussi des avantages. Voyez la demi-finale de la Corée du Sud en 2002 ou les prestations de " la plus mauvaise équipe russe de tous les temps " cette année.
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La pression qui repose sur les pays organisateurs de Coupe du monde est énorme. Pour leur équipe nationale, cela peut avoir des inconvénients mais aussi des avantages. Voyez la demi-finale de la Corée du Sud en 2002 ou les prestations de " la plus mauvaise équipe russe de tous les temps " cette année. Le Qatar organise la prochaine Coupe du monde mais, contrairement aux derniers pays à l'avoir fait, le pays classé 98e au ranking FIFA n'a aucune culture du football. Il ne s'est jamais qualifié pour une phase finale de Coupe du monde et n'est jamais allé bien loin en championnat d'Asie. Il risque de se faire laminer et tous les pays organisateurs veulent éviter cela. C'est pourquoi, voici quelques années, le gouvernement qatari a lancé un programme visant à avoir une équipe nationale valable en 2022. Afin de renforcer la Stars League nationale, il a attiré de grands noms comme Xavi, Raúl et, cette année, Wesley Sneijder. L'Aspire Academy doit former des talents nationaux et les joueurs naturalisés doivent apporter immédiatement une valeur ajoutée. La politique de naturalisation visait surtout des joueurs inconnus de grands pays comme le Portugal et la France, qui n'avaient aucune chance de percer en équipe nationale de leur pays. Ils formaient la base de l'équipe du sélectionneur national précédent, Jorge Fossati. Lors du match de qualification pour la Coupe du monde remporté face à la Corée du Sud, le 13 juin 2017, celui-ci avait aligné pas moins de huit " étrangers " au coup d'envoi. Mais la qualité n'y était pas. Au troisième tour des qualifications, le Qatar a ainsi terminé dernier d'un groupe avec la Chine, l'Ouzbékistan, la Syrie, la Corée du Sud et l'Iran, ne remportant que deux de ses dix matches. Pour la fédération du Qatar, les joueurs naturalisés étaient les grands responsables. Elle les a donc écartés de l'équipe nationale afin d'offrir davantage de possibilités aux jeunes joueurs locaux. Selon Fossati, ceux-ci n'avaient aucune chance de s'imposer mais la fédération n'a pas changé d'avis et le sélectionneur a démissionné en juillet 2017. Il a été remplacé par l'Espagnol Félix Sánchez Bas (42). Ex-entraîneur des jeunes de Barcelone et des équipes nationales d'âge du Qatar, il est le symbole de la nouvelle politique des jeunes de ce pays. Sa griffe sur la sélection actuelle est clairement présente. Seuls trois des huit naturalisés de départ sont encore là et la moyenne d'âge est redescendue à 23,9 ans. Mais la plupart des joueurs évoluent encore dans le championnat qatari et le niveau reste peu élevé. Seuls trois joueurs portent le maillot de clubs européens, dont deux jouent à Cultural Leonesa, un club de D3 espagnole. Le seul joueur qui a un peu d'expérience au plus haut niveau, c'est Akram Afif (21), que Villarreal a prêté à Eupen à plusieurs reprises. Les efforts de Sanchez n'ont manifestement pas encore porté leurs fruits puisque le Qatar n'a pas réussi à battre le Liechtenstein, la Syrie ni Bahrein. Or, le temps commence à presser...