C'est fait! Les Diables rouges se sont qualifiés samedi soir pour leur cinquième tournoi d'affilée. C'est bien beau, mais ça ne dissipe pas le goût amer laissé par l'EURO d'abord, la Ligue des Nations ensuite. Cette génération dorée n'a pas encore gagné le moindre trophée et on peut se demander s'il est réaliste de croire qu'elle y parviendra l'année prochaine au Qatar.
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C'est fait! Les Diables rouges se sont qualifiés samedi soir pour leur cinquième tournoi d'affilée. C'est bien beau, mais ça ne dissipe pas le goût amer laissé par l'EURO d'abord, la Ligue des Nations ensuite. Cette génération dorée n'a pas encore gagné le moindre trophée et on peut se demander s'il est réaliste de croire qu'elle y parviendra l'année prochaine au Qatar. Ces échecs semblent avoir fait pâlir l'étoile de Robert Martínez. L'Espagnol, jadis toujours détendu et imperturbable, le sait et le vit mal. Il continue d'être cité dans quelques clubs étrangers, mais ces rumeurs ne sont pas sérieuses. Car le sélectionneur n'a pas remporté le tournoi qui l'aurait mieux placé en vitrine. Quelque part, le Qatar est également sa dernière chance à lui aussi. Le thème du rajeunissement de l'équipe risque de devenir le fil rouge de la période de préparation. Roberto Martínez est un entraîneur qui tient à ses valeurs sûres. Pourtant, il a aligné 33 joueurs en sept matches de qualification pour le Mondial, sans compter la rencontre de mardi au pays de Galles. Certains footballeurs ne sont entrés au jeu que l'espace de quelques minutes. Le sélectionneur national est plutôt du genre conservateur. Même contre l'Estonie, il n'a pas osé injecter de sang neuf dans l'équipe. Il se hérisse quand on lui en fait la remarque et ne semble pas supporter la contradiction. L'Espagnol se regarde certainement dans le miroir, mais il ne le montre guère dans ses interviews. Par exemple, il parle du penalty non sifflé sur Youri Tielemans en demi-finales de la Ligue des Nations contre la France, ou il trouve que nous n'apprécions plus ce que nous vivons à sa juste valeur, comme il l'a encore dit samedi dans les colonnes du journal Het Nieuwsblad. Ce ne sont pas là des analyses très profondes. La première place du classement FIFA, aussi relative soit-elle, a engendré des attentes élevées. On l'a remarqué samedi face à l'Estonie: après le but contre, les tribunes ont commencé à grogner alors que l'ambiance était détendue jusque-là. Les tests sérieux ne viendront que plus tard et en mars, lors du prochain rendez-vous de l'équipe nationale, Martínez ne veut sélectionner que des joueurs comptant moins de cinquante caps. En tout cas, les chantiers ne manquent pas. Il faut encore mettre au point la défense, Charles De Ketelaere et Jérémy Doku méritent de recevoir la chance de progresser au niveau international et Eden Hazard constitue un énorme point d'interrogation, même si on le classe trop vite, ici et là. Roberto Martínez a fait du bon travail au poste de sélectionneur. Son empathie lui a permis de créer un climat de travail au sein duquel tout le monde se sent bien. Il y a longtemps que les Diables rouges n'ont plus commis de faux-pas contre de petites nations du football, contrairement aux Pays-Bas qui ont concédé le nul au Monténégro (2-2), et à la Norvège, qui a buté contre la Lettonie (0-0) le week-end dernier. Sous la direction du sélectionneur actuel, la Belgique a gagné 25 de ses 27 matches éliminatoires. Un bulletin impressionnant. Toutefois, elle éprouve plus de difficultés face aux grandes équipes, quand le rythme s'élève. Martínez doit apprendre à vivre avec ça, sachant que ses moindres faits et gestes sont surveillés et exagérés. La déception suscitée par la Ligue des Nations constitue un tournant de ce point de vue, même si les critiques restent limitées et qu'elles ne visent jamais l'homme. Reste maintenant à attendre le Mondial au Qatar. Dans un climat d'espoir modéré, même si ce tournoi sera une fois de plus considéré comme celui de la dernière chance. Il doit constituer l'ultime strophe d'une chanson dont le refrain est un peu trop connu.