L'idée était déjà apparue à la mort de Robert Louis-Dreyfus. Alors que le club était mis en vente et que le fonds d'investissement de Value8 avait montré son intérêt dans la reprise du Standard, quelques supporters avaient planché sur un projet visant à racheter le club ou, du moins, à entrer dans le capital aux côtés d'un nouveau repreneur. En juin 2011, les supporters s'étaient montrés enthousiastes et avaient récolté près de 3,2 millions d'euros avant de rentrer dans le rang suite à la reprise surprise de Roland Duchâtelet.
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L'idée était déjà apparue à la mort de Robert Louis-Dreyfus. Alors que le club était mis en vente et que le fonds d'investissement de Value8 avait montré son intérêt dans la reprise du Standard, quelques supporters avaient planché sur un projet visant à racheter le club ou, du moins, à entrer dans le capital aux côtés d'un nouveau repreneur. En juin 2011, les supporters s'étaient montrés enthousiastes et avaient récolté près de 3,2 millions d'euros avant de rentrer dans le rang suite à la reprise surprise de Roland Duchâtelet. En juin, suite à la manifestation des supporters, le projet avait refait surface. Le projet socios a été élaboré, étape par étape. " En 2011, nous n'avions pas de structure adéquate. C'est pour cela que nous avons pris le temps d'en mettre une sur pied ", explique Jacques Seron, un des initiateurs du projet. En quoi consiste-t-il ? Il s'agit d'une coopérative (SCRL) composée de supporters du Standard et qui entend rentrer dans le capital du Standard, en prenant 5 à 10 % des parts dans " un rôle de veille et de transparence. " Cette présence permettrait aux supporters d'être intégré dans la politique du club et de mettre en garde face à certaines dérives. Depuis début février, ce projet s'est donc donné une structure et il est désormais possible d'en faire partie, en achetant des parts d'une valeur de 200 euros. Les fondateurs du projet espèrent arriver à obtenir une somme entre 1 et 5 millions d'euros. Pour le moment, 250 parts ont trouvé acquéreur (soit 50.000 euros). Un projet qui démarre donc lentement. " Le contexte n'est pas trop favorable à ce genre de projet puisque le Standard, et c'est tant mieux, ne fait que gagner ", ajoute Seron. " La préoccupation des supporters n'est pour le moment pas la cession du club mais de savoir si le Standard va être champion. Cependant, depuis le début, nous disons qu'il s'agit d'un projet à long terme. Nous voulons mettre à disposition du prochain repreneur un outil susceptible d'être utilisé. " Cependant, cette initiative dépend de la bonne volonté du propriétaire (futur ou actuel) du Standard de Liège. Il faut en effet que celui-ci accepte d'ouvrir son capital. Le propriétaire actuel, Roland Duchâtelet, ne veut en aucun cas prêter attention au projet. Il veut être le seul maître à bord et ne veut pas partager le pouvoir décisionnel avec des supporters qu'il n'a pas en grande estime depuis la fronde de juin 2013. " Il n'a jamais donné suite à notre demande de rendez-vous ", dit Seron. " Tant qu'il reste au club, ce projet n'a vraisemblablement pas de chance d'être entendu. Mais comme il a annoncé qu'il voulait vendre, nous nous profilons vis-à-vis du nouvel acquéreur. " Ce projet s'inspire de ce qui se fait en Allemagne où 16 des 18 clubs sont détenus à 51 % par les supporters, et en Espagne où les socios ont un certain pouvoir puisqu'ils élisent le président. C'est d'ailleurs sur la pression des socios de Barcelone que le président, Sandro Rosell, a dû démissionner. Tant l'UEFA que la Commission Européenne soutiennent de plus en plus ce genre de démarches. PAR STÉPHANE VANDE VELDE