Un adieu via Twitter... Fin août, Luis Manuel Seijas (25 ans, Luisma pour faire court) annonce aux supporters de Sante Fe qu'il quitte ce club et le championnat de Colombie. C'est dans ce pays qu'il a conquis son seul trophée : la coupe nationale en 2009. Direction le Standard. Où sa seule arrivée suffit à adapter les ambitions. Jean-François de Sart en est sûr, le jour où les transferts de Seijas et de William Vainqueur sont officialisés : " Jusqu'ici, je parlais d'une saison de transition. Avec ces deux nouveaux joueurs, le club passe un palier. Le noyau est maintenant compétitif et nous allons viser une qualification européenne. "
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Un adieu via Twitter... Fin août, Luis Manuel Seijas (25 ans, Luisma pour faire court) annonce aux supporters de Sante Fe qu'il quitte ce club et le championnat de Colombie. C'est dans ce pays qu'il a conquis son seul trophée : la coupe nationale en 2009. Direction le Standard. Où sa seule arrivée suffit à adapter les ambitions. Jean-François de Sart en est sûr, le jour où les transferts de Seijas et de William Vainqueur sont officialisés : " Jusqu'ici, je parlais d'une saison de transition. Avec ces deux nouveaux joueurs, le club passe un palier. Le noyau est maintenant compétitif et nous allons viser une qualification européenne. " Quelques jours plus tard, José Riga utilise d'autres mots mais son discours ressemble à celui du DT : " En quelques entraînements, j'ai pu me rendre compte à quel point Seijas était un joueur technique, tonique, rapide et intelligent. Il doit seulement apprendre à simplifier un peu son jeu. " Jelle Van Damme en remet une couche : " C'est une vraie plus-value. Tu passes dix minutes sur le terrain à côté de lui et tu vois directement qu'il peut apporter quelque chose. Chapeau aux gens qui ont su nous amener un joueur pareil. " Le Vénézuélien a été acheté pour 500.000 euros - il était sous contrat à Santa Fe jusqu'à fin décembre. Aujourd'hui, le site transfermarkt évalue son prix marchand à un million. Depuis qu'il est ici, il n'a pas énormément joué. Mais il l'a bien fait. Il y a eu quelques apparitions réussies en championnat. Et surtout un gros truc en Europa League. Contre Copenhague à domicile, c'est lui qui a marqué le premier but et débloqué le match. Seijas, c'est un petit format : 1m74, exactement la même taille que son grand pote et ouvre-boîtes comme lui, Ronald Vargas. Ils ont joué ensemble dans les sélections de jeunes vénézuéliennes avant de joindre l'équipe A. Seijas a déjà plus de 30 matches à son compteur. Il n'était pas sur le terrain mardi dernier, Vargas non plus, mais on a encore vu que le Venezuela n'était pas nécessairement un nain : l'Argentine avec Lionel Messi y a bu la tasse en éliminatoires pour le Mondial (1-0). C'est d'ailleurs davantage avec son équipe nationale qu'avec son club colombien que Seijas s'est placé sur la carte de l'Europe (il a aussi suscité l'intérêt sérieux de Sunderland). L'été dernier, le Venezuela - avec Seijas dans le noyau et régulièrement dans l'équipe - s'est hissé à la surprise générale en demi-finale de la Copa America. Un Vénézuélien à Sclessin... Ça peut marcher, ça ? Il n'y en a encore eu qu'un, au début des années 90. Et qui se souvient de ce Stalin Rivas ? Arraché au Real Madrid mais un bide chez les Rouches. En tout, il y a joué... une mi-temps, puis on l'a prêté à Boom. D'ailleurs, dans les Sud-Américains qui sont passés par le Standard, il y a eu plus de déchets que de réussites. Pour un André Cruz, combien de CarlosHermosillo ? La direction ne l'a pas dit officiellement mais elle le pense : il doit devenir le successeur d' AxelWitsel. " On peut certainement me comparer à Vargas ", a dit le petit lorsqu'il est venu pour la toute première fois à Liège, entouré de quatre managers... " La grosse différence entre nous deux, c'est qu'il est droitier et moi gaucher. Il est aussi un peu plus magicien. A Santa Fe, je jouais presque systématiquement sur le flanc gauche. Mais en équipe nationale, on me met dans l'axe et c'est ce que je préfère. Cela s'est vu lors du match contre Copenhague. En première mi-temps, j'étais à gauche et ça ne marchait pas, ni pour moi, ni pour l'équipe. Dès que le coach m'a mis dans l'axe, le match a changé de visage. " Mais il ne se croit pas arrivé pour autant : " Ce n'est pas en quelques semaines que j'aurai compris toutes les subtilités du football belge. Et il faut que je m'adapte à plein de trucs que je ne connaissais pas. Je ne suis pas habitué à jouer aussi vite. En Colombie et au Venezuela, on porte le ballon, ici il circule à une vitesse folle. Je dois aussi progresser sur le plan physique, je ne suis pas encore taillé pour une succession de grosses batailles. " Luis Manuel Seijas Gunther est le fils d'une femme d'affaires d'origine allemande. Et son père est un orthodontiste aux racines péruviennes qui a fait de fréquents séjours professionnels aux Etats-Unis, ce qui explique que Seijas se débrouille très bien en anglais. Il est né au Venezuela, y a connu plusieurs clubs, y est devenu pro (sans grand succès) puis il est parti à Banfield, dans le championnat d'Argentine. Après cela, retour au pays (encore mitigé) puis nouveau déménagement, en Colombie où il a enfin explosé. PAR PIERRE DANVOYE - PHOTO: IMAGEGLOBE Dès l'arrivée de Seijas, le Standard arrête de parler d'une saison de transition et vise l'Europe.