Créé en 1992, le Soulier d'Ebène récompense annuellement le meilleur joueur africain, ou d'origine africaine, actif sur les pelouses belges. Sa première édition avait été remportée par l'avant nigérian du Club Bruges, Daniel Amokachi, qui allait d'ailleurs être sacré une 2e fois en 1994. Entre ses deux succès, la victoire était revenue, en 1993, à l'un de ses compatriotes, actif pour sa part au FC Liège, Victor Ikpeba.
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Créé en 1992, le Soulier d'Ebène récompense annuellement le meilleur joueur africain, ou d'origine africaine, actif sur les pelouses belges. Sa première édition avait été remportée par l'avant nigérian du Club Bruges, Daniel Amokachi, qui allait d'ailleurs être sacré une 2e fois en 1994. Entre ses deux succès, la victoire était revenue, en 1993, à l'un de ses compatriotes, actif pour sa part au FC Liège, Victor Ikpeba. La désignation du lauréat se déroule en deux phases. Dans un premier temps, une centaine de votants (entraîneurs des clubs de D1 à Promotion, chefs de rubrique football des différents médias ainsi qu'un panel de suiveurs, placé sous la présidence de Georges Heylens) donnent leurs voix à 5 joueurs, au choix, figurant sur une liste de tous les joueurs africains (ou d'origine africaine) évoluant à l'un ou l'autre échelon national en Belgique. En fonction des suffrages, les 5 éléments ayant obtenu le plus de points, et qui font dès lors figure de nominés, sont une nouvelle fois cotés, par le même jury, dans un ordre décroissant. Le premier obtient 6 unités, le deuxième 4, le troisième 3, le deuxième 2 et le dernier 1. Une répartition qui a toute son importance, dans le cas qui nous préoccupe, puisque le vainqueur 1993, Victor Ikpeba, totalisait 267 points, soit 1 de plus à peine que son dauphin, l'arrière nigérian (encore) du SK Beveren, Chidi Nwanu. A la remise du trophée, organisé par l'asbl African Culture Promotion dans les salons de l'hôtel Hilton, à Bruxelles, je n'avais pu m'empêcher de glisser à l'oreille du vainqueur qu'il pouvait me remercier de l'avoir placé en tête de liste en lieu et place de Chidi Nwanu (2e sur mon bulletin), sans quoi l'ordre final eût été inversé. Allez savoir pourquoi mais le bon Victor m'a pris au mot, étant intimement persuadé que je lui avais offert la victoire, ce faisant. J'ai eu beau lui expliquer que mes préférences n'avaient pas été plus déterminantes que celles des autres, rien n'y faisait : pour lui, c'était moi, et nul autre, le principal artisan de son succès. Au même titre qu'Amokachi, parti à Everton, Ikpeba ne devait pas s'éterniser sur notre sol. Comme la plupart des vainqueurs du Soulier d'Ebène, la Belgique et ce prix allaient lui servir de tremplin. Direction Monaco d'abord, où il rejoignit notamment Enzo Scifo et Arsène Wenger. Après coup, ma route a encore croisé très souvent celle de Victor. Sur le Rocher, par exemple, où il a toujours eu à coeur de m'accueillir chez lui en échange des prétendus services que je lui avais rendus. C'est grâce à lui, aussi, que j'ai pu obtenir une interview de son coéquipier John Collins en 1998. J'y reviendrai dans mon prochain billet...