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Joshua Kiprui Cheptegei est né le 12 septembre 1996. Il est le deuxième d'une famille de neuf enfants. Il a grandi à Cheptandan Village, dans le district de Kapchorwa, sur les hauts-plateaux de l'est de l'Ouganda. Comme beaucoup d'enfants africains, il a commencé par jouer au football. C'est en batifolant sur les pentes escarpées du Mount Elgon National Park qu'il a développé ses talents de coureur. Il a été remarqué par Benjamin Njia, qui l'a orienté vers l'athlétisme. Il ne s'est toutefois converti totalement à ce sport qu'en 2012, lorsque son compatriote Stephen Kiprotich a remporté le marathon olympique de Londres.
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Joshua Kiprui Cheptegei est né le 12 septembre 1996. Il est le deuxième d'une famille de neuf enfants. Il a grandi à Cheptandan Village, dans le district de Kapchorwa, sur les hauts-plateaux de l'est de l'Ouganda. Comme beaucoup d'enfants africains, il a commencé par jouer au football. C'est en batifolant sur les pentes escarpées du Mount Elgon National Park qu'il a développé ses talents de coureur. Il a été remarqué par Benjamin Njia, qui l'a orienté vers l'athlétisme. Il ne s'est toutefois converti totalement à ce sport qu'en 2012, lorsque son compatriote Stephen Kiprotich a remporté le marathon olympique de Londres. En décembre 2016, à l'âge de vingt ans, Cheptegei a épousé Carol Kamari, une étudiante en ingénierie civile, avec qui il a deux enfants. Plus tard, elle est devenue directrice d'Afro Construction Company. C'est elle qui a fait construire leur villa à Barawa Ward, ainsi que le Joshua Cheptegei Training Camp à Teryet, à 2.450 mètres d'altitude, sur les flancs du Mount Elgon, un volcan éteint. Le gouvernement construit un centre d'entraînement à deux kilomètres de là, mais Cheptegei ne voulait pas attendre. Il veut encadrer les jeunes talentueux de la région. Comme la seule " vraie " piste d'athlétisme d'Ouganda se trouve à Kampala, la capitale, Cheptegei s'entraîne à Kapchorwa, sur une piste ovale de 406 mètres en herbe et en terre battue. Elle grimpe très fort sur cinquante mètres, est plate sur cent mètres et monte légèrement sur 250 mètres. Selon son entraîneur, c'est un avantage, car cela lui permet de varier le rythme et d'imposer des charges différentes aux muscles et au système neuro-musculaire. Cet entraîneur, c'est le Néerlandais Addy Ruiter, avec qui Cheptegei collabore depuis 2015. Il lui a été présenté par son manager, Jurrie van der Velden, qui l'avait découvert un an plus tôt au cours d'une course en Inde. Van der Velden travaille pour l'agence Global Sports Communication du Néerlandais Jos Hermens. Celui-ci défendait déjà les intérêts de Haile Gebrselassie et allait s'occuper par la suite d'une autre star éthiopienne, Kenenisa Bekele. Comme Eliud Kipchoge, le meilleur marathonien de tous les temps, Cheptegei fait partie du NN Running Team, mis sur pied par Hermens. Ruiter entraîne les athlètes en Ouganda. Les partenaires d'entraînement de Cheptegei l'ont surnommé The Chairman (le président), car il aime diriger et n'hésite jamais à venir en aide aux autres. De plus, il est sobre et ne montre pas qu'il a déjà gagné beaucoup d'argent. Il roule toujours dans la Mitsubishi noire qu'il a achetée en 2014 avec ses premières primes. Il y tient d'ailleurs tellement qu'après un grave accident, en 2018, il l'a fait réparer. Comme beaucoup de jeunes sportifs de son pays, après avoir conquis la médaille d'or aux Championnats du monde juniors, en 2014, Cheptegei a été enrôlé dans la police ougandaise. D'abord simple constable (agent), il a rapidement été promu de Special Police Constable à Inspector of Police, grâce à ses prestations. Suite à son record du monde du 5.000 mètres, une nouvelle promotion l'attend. Il va devenir Assistant Superintendent of Police. Obsédé par le football depuis tout petit, Cheptegei est un grand fan de Manchester United. En 2017, il encensait Marouane Fellaini sur Twitter. Comme il n'y a pas de télévision dans son centre d'entraînement, l'Ougandais regarde les matches de United dans un hôtel des environs. The Chairman passe le reste de son temps libre à lire, c'est un grand amateur de littérature et de poésie. Il a étudié la littérature anglaise pendant deux ans à la Bugema University de Kampala, mais a arrêté afin de se consacrer à sa carrière. Il se laisse cependant inspirer par des bouquins comme " Grit " d' Angela Duckworth, un ouvrage qui parle de l'importance de la passion et de la persévérance sur la voie du succès. Catholique et très croyant, Cheptegei soigne non seulement son esprit, mais aussi son petit corps (1m67 pour 52 kilos). Comme son père, il ne boit jamais d'alcool. Par contre, il boit du Lakwek, une boisson populaire locale à base de miel et d'herbes. Elle a la réputation de protéger de nombreuses maladies. Cheptegei sait se mettre en valeur. Il poste souvent de petites vidéos de ses entraînements et de ses courses sur Twitter ou sur Instagram. Il a également partagé les données de son récent record du monde du 5.000 mètres sur Strava. Jamais aucun post d'un athlète sur la plate-forme d'entraînement n'avait eu autant de succès. Les mondiaux 2017, qui ont eu lieu dans son pays, restent une source de motivation pour Cheptegei. Alors qu'il était en tête, il s'est totalement écroulé à un kilomètre de l'arrivée. Ces images ont fait le tour de la toile. On s'est moqué de lui, mais l'Ougandais se sert de cela pour atteindre son but ultime : devenir le meilleur coureur de fond de tous les temps. Il veut battre le record du monde sur toutes les distances, du 5.000 m. au marathon (auquel il veut s'attaquer à partir de 2024), et décrocher plusieurs médailles d'or aux Jeux Olympiques ainsi qu'aux Championnats du monde. La deuxième partie de cette mission débute ce mercredi à Valence, où il va s'attaquer au fameux record du monde du 10.000 mètres de Kenenisa Bekele. Il ne manque en tout cas pas de confiance en lui : " Je vais écrire l'histoire ", dit-il.