Les joueurs qui ont effectué de hautes études sont rares. XavierChen, qui a son diplôme de juriste, fait partie de ceux-là. Pourtant, aujourd'hui, il s'interroge. " Je suis content d'en avoir terminé avec les études universitaires. Se plonger dans les bouquins, parfois très tard le soir au retour des entraînements, c'était très compliqué. D'un côté, je ne regrette pas de l'avoir fait. D'un autre, je me demande parfois si ces études n'ont pas constitué un frein à ma carrière de footballeur. Il m'arrive aussi de me demander à quoi mon diplôme pourra me servir plus tard. La plupart des avocats commencent leur carrière à 23 ou 24 ans. Moi, je me lancerai éventuellement vers 35 ans : c'est tard. En outre, j'ai fait une spécialisation dans le notariat et je me rends compte aujourd'hui que ce n'est pas nécessairement ce qui me branche le plus. Certes, certains juristes ont démontré qu'il y avait des débouchés dans le monde du sport en général et du football en particulier. J'ignore si cela peut représenter une option. Une chose est sûre : je ne veux pas terminer ma carrière de footballeur sans savoir ce que je ferai après. Rester deux ans les bras croisés, dans l'attente d'un job hypothétique, très peu pour moi. "
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Les joueurs qui ont effectué de hautes études sont rares. XavierChen, qui a son diplôme de juriste, fait partie de ceux-là. Pourtant, aujourd'hui, il s'interroge. " Je suis content d'en avoir terminé avec les études universitaires. Se plonger dans les bouquins, parfois très tard le soir au retour des entraînements, c'était très compliqué. D'un côté, je ne regrette pas de l'avoir fait. D'un autre, je me demande parfois si ces études n'ont pas constitué un frein à ma carrière de footballeur. Il m'arrive aussi de me demander à quoi mon diplôme pourra me servir plus tard. La plupart des avocats commencent leur carrière à 23 ou 24 ans. Moi, je me lancerai éventuellement vers 35 ans : c'est tard. En outre, j'ai fait une spécialisation dans le notariat et je me rends compte aujourd'hui que ce n'est pas nécessairement ce qui me branche le plus. Certes, certains juristes ont démontré qu'il y avait des débouchés dans le monde du sport en général et du football en particulier. J'ignore si cela peut représenter une option. Une chose est sûre : je ne veux pas terminer ma carrière de footballeur sans savoir ce que je ferai après. Rester deux ans les bras croisés, dans l'attente d'un job hypothétique, très peu pour moi. " A 27 ans tout juste, il a encore le temps d'y penser. Des échéances très proches attendent les Malinois: deux déplacements au Standard (ce soir en Coupe et mercredi prochain en championnat), avec entre les deux, la visite d'Anderlecht que Chen observera de la tribune pour cause de suspension. Xavier Chen : " Impossible de choisir. On a loupé les play-offs I d'un fifrelin l'an passé, et on a très envie de les disputer cette fois-ci. Par ailleurs, entre Malines et la Coupe, cela a toujours été une grande histoire d'amour. Je garde un souvenir indélébile de la finale d'il y a deux ans. Atteindre les play-offs I sera plus difficile qu'en 2010. En principe, les cinq grands devraient en être et il ne resterait plus, dès lors, qu'une seule place pour un outsider. Et en Coupe, on a hérité du pire tirage possible : si l'on élimine le Standard, ce qui ne sera déjà pas une sinécure, on jouera contre La Gantoise. Ou le White Star ? Oui, d'accord... En tout cas, j'ai été très surpris par les relations conviviales, pour ne pas dire confraternelles, qui existent entre le Standard et Malines. Il y a trois ans, j'étais blessé, et il y a deux ans, j'étais suspendu : j'ai joué mon premier match à Sclessin l'an passé. J'en suis resté bouche bée : on a été applaudis lorsqu'on a pénétré sur la pelouse pour l'échauffement, les stewards nous ont accueillis avec une gentillesse extraordinaire. Dans un grand club, c'est rare. " " Depuis son départ, j'ai entendu de nombreuses réflexions à Malines. Beaucoup de gens se demandent : - Mais enfin, qu'est-ce qu'Aloys est allé faire au Standard ? Il faut se mettre à sa place : lorsqu'un tel club vous fait une proposition, c'est très difficile de la refuser. A Malines, Aloys était le roi. Je ne pense pas qu'il ait visé trop haut en partant à Sclessin. Je suis toujours persuadé qu'un jour, il s'y imposera. Il est tombé dans un groupe où il y a pas mal d'attaquants et où GohiBiCyriac a explosé lors de son arrivée. En football, la roue tourne parfois très vite. Pour Christian, cela n'a pas été facile non plus depuis qu'il a débarqué à Malines. Même s'il n'extériorise pas beaucoup ses sentiments, on peut comprendre qu'il ait mal vécu son éviction du Standard. Il n'a pas le même style qu'Aloys, forcément. Son intégration a, en outre, été freinée par des suspensions. Je suis sûr qu'il réalisera un deuxième tour canon... s'il ne bénéficie pas d'un beau transfert d'ici là. J'ai rarement joué avec un joueur aussi talentueux que lui : hyper-complet, à la fois grand et technique, et pas lent du tout... " " Joachim était un vrai leader. Sur le terrain, il monopolisait l'attention de plusieurs défenseurs et avait cet instinct de guerrier qui collait parfaitement avec la mentalité d'ici. Dans le vestiaire, il s'affirmait aussi et plaçait chacun devant ses responsabilités. Il va nous manquer. Julien a aussi la capacité de devenir un leader, mais dans un autre style, plus calme. Il ne prendra jamais un coéquipier à partie pour le réveiller. Joachim le faisait. Julien sera plus psychologue dans son approche. Il est l'un de mes rares vrais amis dans le football. Je m'entends bien avec tout le monde, mais mes vrais amis proviennent plutôt d'autres milieux. En tout cas, un francophone succède à un autre francophone comme capitaine d'un club flamand. Malines est l'un des plus beaux exemples de cohabitation entre deux communautés. Nos politiciens feraient peut-être bien de venir jeter un coup d'£il... " " Comme pour Nong et Benteke, ou Mununga et Gorius, ce sont deux personnages très différents, qu'il est difficile de comparer. Leurs approches tactiques et psychologiques respectives sont presque à l'opposé, mais ils ont tous les deux l'art de savoir motiver un groupe. Maes était parfois très provocateur, il lui arrivait d'aller jusqu'à humilier un joueur en public pour provoquer une réaction. J'ai entendu des mots dans sa bouche que je n'oserais pas répéter, tellement ils étaient vulgaires. Certains joueurs ont perdu tous leurs moyens devant lui, d'autres se sont au contraire rebellés et ont pris leur revanche sur le terrain ; ce qu'il cherchait. Mais après un match, il était capable de faire la fête avec les joueurs, ce que Brys ne fait jamais. Brys est beaucoup plus psychologue et adepte du dialogue. Il parle beaucoup et implique tout le monde, du n°1 au n°27. Ceux qui ne jouent jamais sont logés à la même enseigne que la vedette de l'équipe, pour autant qu'il y ait une vedette à Malines. Il passe un temps fou à analyser des phases à la vidéo, et ses entraînements sont toujours très longs : rarement moins que deux heures. Pendant le stage hivernal à Marbella, il y avait trois séances par jour, dont la première à 7 h 30 du matin. Certains ont maigri de trois ou quatre kilos par rapport à l'an passé. Mais pour l'instant, ce régime est bien accepté. " " A 18 avec formule classique, sans hésitation. Pour une équipe comme Malines, viser les play-offs I constitue certes une ambition, mais si l'on échoue dans les play-offs II, où est-on ? Dans l'esprit des gens, c'est un peu : les six premiers c'est le top, les autres c'est de la m... C'est dit crûment, mais en gros c'est cela : il y a, quoi qu'on en dise, une forme de ségrégation entre les grands et les petits. Malines n'est pas directement concerné par le nombre de descendants, mais les joueurs s'inquiètent tout de même de savoir quel type de championnat on aura la saison prochaine. Je sens que la majorité n'est pas favorable à la formule actuelle. L'an passé, dans les play-offs II, on a eu beau jouer la première place du groupe jusqu'au bout, cela ne nous ôtait pas cette impression de jouer des matches de fin de saison : on ne levait pas le pied, mais on décomptait les jours qui nous séparaient des vacances. Alors oui, j'espère que l'on en reviendra à la formule d'autrefois. Même si cela ne changera pas fondamentalement notre métier. "PAR DANIEL DEVOS" J'ai rarement connu un joueur aussi talentueux que Benteke : hyper-complet, à la fois grand et technique, et pas lent du tout. "