Ce qui s'est passé à Mons est unique dans les annales. Quand Dennis van Wijk a déclaré en conférence de presse qu'il ne resterait pas au-delà de cette saison, on peut imaginer que le palpitant des huiles de la tribune d'honneur a battu la chamade. Ils se sont sentis bafoués.

Du coup, le directeur général Alain Lommers réglait en deux coups de cuillers à pot ; le renvoi immédiat du Hollandais (" qui verrait l'aspect financier de son contrat respecté ") car plus question de lui faire confiance. Ni d'envisager un avenir commun, ce qui, à Mons, est toujours difficile car on n'y signe jamais que des contrats d'un an. Y prendre place sur le banc est une obligation de résultats immédiats. En ceci, le président des Dragons Domenico Leone imite parfaitement Luciano D'Onofrio qui n'agissait pas autrement au Standard : un an à la fois, même avec Michel Preud'homme !

Cela peut être positif car tout le monde est toujours hyper éveillé, mais dès qu'il y a de l'eau dans le gaz avec les joueurs, c'est le coach qui trinque. Lommers a signalé que la moitié du noyau était anti-Van Wijk. Bravo Dennis, alors ! Se sauver aussi rapidement avec autant d'ennemis dans le vestiaire, il faut le faire. Si deux tiers des joueurs avaient été pro-Van Wijk, Mons aurait joué l'Europe...

Enzo Scifo a fait un carton il y a dix jours à La Tribune : clarté du discours, humilité, sympathie. Il n'était pas là pour parler de son avenir de coach mais pour vendre son bouquin. Il précisait même qu'il n'allait pas voir jouer Mons au Tondreau pour ne pas déstabiliser le coach en place. Et que oui !, il avait vu Leone cette saison mais une seule fois et tout au début de l'exercice...

Le lendemain, surprise !, Scifo était T1 chez les Dragons. Mais que les apparences ne soient pas trompeuses. Scifo n'a jamais couillonné Van Wijk. La main au feu. L'ex-meilleur joueur belge des 30 ans dernières années (copyright Philippe Albert) n'a jamais été un opportuniste comme coach, alors qu'il anticipait comme un dieu sur le terrain. Au contraire, il n'a jamais voulu se vendre. Son credo étant : - On me connaît. Si on a besoin de moi, on viendra bien me chercher. Et je dirai oui s'il y a un beau projet. Sa réputation de coach en a pâti.

Le hasard a voulu que ce soit Leone qui l'appelle, Sicilien d'origine comme lui. Une proximité de plus. On est étonné que Scifo soit resté en rade depuis la fin de Mouscron en 2009. Sa seule erreur est sans doute de ne pas avoir accepté ce qu'on lui a proposé, pour bien montrer qu'il ne pouvait pas vivre sans entraîner. Mais c'est son choix. Et finalement, il faut voir son arrivée chez les Dragons comme un cadeau de sa part à Leone et pas l'inverse. Si Scifo accepte de prendre la mission des Dragons, c'est parce qu'il a de l'estime pour ce club et donc son président. Au départ, c'est un énorme compliment de sa part.

Scifo nous fait souvent penser à Paul Van Himst. Prestigieux passé de joueur, attitude retenue dans le cirque médiatique et même engagement par rapport à certaines valeurs sacrées du foot. Dans La Tribune, en deux phrases taillées au scalpel, Scifo avait parfaitement recadré le non-football de Georges Leekens avec les Diables, prônant - en deux mots - plus de construction et de créativité. Donc, si on attend du beau jeu de la part du nouveau T1 de Mons, ce n'est pas lui placer plus de pression sur les épaules. Ce projet lui sied.

PAR JOHN BAETE

Scifo fait un cadeau à Leone, et pas l'inverse !

Ce qui s'est passé à Mons est unique dans les annales. Quand Dennis van Wijk a déclaré en conférence de presse qu'il ne resterait pas au-delà de cette saison, on peut imaginer que le palpitant des huiles de la tribune d'honneur a battu la chamade. Ils se sont sentis bafoués. Du coup, le directeur général Alain Lommers réglait en deux coups de cuillers à pot ; le renvoi immédiat du Hollandais (" qui verrait l'aspect financier de son contrat respecté ") car plus question de lui faire confiance. Ni d'envisager un avenir commun, ce qui, à Mons, est toujours difficile car on n'y signe jamais que des contrats d'un an. Y prendre place sur le banc est une obligation de résultats immédiats. En ceci, le président des Dragons Domenico Leone imite parfaitement Luciano D'Onofrio qui n'agissait pas autrement au Standard : un an à la fois, même avec Michel Preud'homme ! Cela peut être positif car tout le monde est toujours hyper éveillé, mais dès qu'il y a de l'eau dans le gaz avec les joueurs, c'est le coach qui trinque. Lommers a signalé que la moitié du noyau était anti-Van Wijk. Bravo Dennis, alors ! Se sauver aussi rapidement avec autant d'ennemis dans le vestiaire, il faut le faire. Si deux tiers des joueurs avaient été pro-Van Wijk, Mons aurait joué l'Europe... Enzo Scifo a fait un carton il y a dix jours à La Tribune : clarté du discours, humilité, sympathie. Il n'était pas là pour parler de son avenir de coach mais pour vendre son bouquin. Il précisait même qu'il n'allait pas voir jouer Mons au Tondreau pour ne pas déstabiliser le coach en place. Et que oui !, il avait vu Leone cette saison mais une seule fois et tout au début de l'exercice... Le lendemain, surprise !, Scifo était T1 chez les Dragons. Mais que les apparences ne soient pas trompeuses. Scifo n'a jamais couillonné Van Wijk. La main au feu. L'ex-meilleur joueur belge des 30 ans dernières années (copyright Philippe Albert) n'a jamais été un opportuniste comme coach, alors qu'il anticipait comme un dieu sur le terrain. Au contraire, il n'a jamais voulu se vendre. Son credo étant : - On me connaît. Si on a besoin de moi, on viendra bien me chercher. Et je dirai oui s'il y a un beau projet. Sa réputation de coach en a pâti. Le hasard a voulu que ce soit Leone qui l'appelle, Sicilien d'origine comme lui. Une proximité de plus. On est étonné que Scifo soit resté en rade depuis la fin de Mouscron en 2009. Sa seule erreur est sans doute de ne pas avoir accepté ce qu'on lui a proposé, pour bien montrer qu'il ne pouvait pas vivre sans entraîner. Mais c'est son choix. Et finalement, il faut voir son arrivée chez les Dragons comme un cadeau de sa part à Leone et pas l'inverse. Si Scifo accepte de prendre la mission des Dragons, c'est parce qu'il a de l'estime pour ce club et donc son président. Au départ, c'est un énorme compliment de sa part. Scifo nous fait souvent penser à Paul Van Himst. Prestigieux passé de joueur, attitude retenue dans le cirque médiatique et même engagement par rapport à certaines valeurs sacrées du foot. Dans La Tribune, en deux phrases taillées au scalpel, Scifo avait parfaitement recadré le non-football de Georges Leekens avec les Diables, prônant - en deux mots - plus de construction et de créativité. Donc, si on attend du beau jeu de la part du nouveau T1 de Mons, ce n'est pas lui placer plus de pression sur les épaules. Ce projet lui sied. PAR JOHN BAETEScifo fait un cadeau à Leone, et pas l'inverse !