On est un lundi soir du début du mois de novembre, dans la cantine du Ritterclub Jette, un des rares clubs de football bruxellois affiliés à l'aile flamande. Une vingtaine d'entraîneurs des jeunes, de parents et de joueurs assistent à un atelier mis sur pied par la Fédération et son aile flamande, Voetbal Vlaanderen. Samia Ahrouch a déjà visité d'autres provinces flamandes et achève sa tournée la semaine prochaine. Début 2022, la Bruxelloise, parfaite bilingue, parcourra les provinces francophones en compagnie de l'ACFF. Samia Ahrouch est entrée au service de la Fédération le 1er janvier, en tant que manager pour l'inclusion. La criminologue était employée au service de sécurité de la Fédération depuis mars 2020.
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On est un lundi soir du début du mois de novembre, dans la cantine du Ritterclub Jette, un des rares clubs de football bruxellois affiliés à l'aile flamande. Une vingtaine d'entraîneurs des jeunes, de parents et de joueurs assistent à un atelier mis sur pied par la Fédération et son aile flamande, Voetbal Vlaanderen. Samia Ahrouch a déjà visité d'autres provinces flamandes et achève sa tournée la semaine prochaine. Début 2022, la Bruxelloise, parfaite bilingue, parcourra les provinces francophones en compagnie de l'ACFF. Samia Ahrouch est entrée au service de la Fédération le 1er janvier, en tant que manager pour l'inclusion. La criminologue était employée au service de sécurité de la Fédération depuis mars 2020. Le plan d'action " Come together" veut combattre toutes les formes de discrimination au sein du football belge, de la D1A aux séries amateurs et chez les jeunes. La soirée commence par un témoignage de Cyriel Dessers, dont vous pouvez lire l'interview en page 50. Le témoignage est issu de la série documentaire "FC United", qui traite du racisme dans le football. Samia Ahrouch présente ensuite une série de situations aux personnes de l'assemblée. On montre notamment deux poupées aux enfants de six ou sept ans, dans une séquence: une blanche et une racisée. Quand on leur demande qui sera la patronne plus tard, chacun répond sans exception: la blanche. Idem pour la question portant sur qui gagnera le plus à l'avenir. Ce qui est fou, c'est que même les enfants qui ne sont pas d'origine blanche fournissent les mêmes réponses. L'un d'eux ajoute: "Parce que le blanc est le patron et l'autre l'aide." Presque tous les Belges d'origine étrangère répondent positivement quand on leur demande s'ils ont déjà été confrontés à une forme de discrimination, quel que soit leur âge. Cela se produit-il souvent? La réponse est consternante: "Presque tous les jours." Comment réagissent la plupart d'entre eux? "En l'ignorant." Samia prodigue un autre conseil: "Tentez de maîtriser vos émotions et signalez le fait à l'arbitre ou via notre point de signalement." Depuis cette saison, tous ceux qui sont impliqués dans un match, de la plus haute division aux séries de jeunes en provinciales, peuvent réagir quand ils sont confrontés à de la discrimination ou à des remarques racistes. Ils peuvent demander à l'arbitre de le signaler dans son rapport. Ceux-ci y sont contraints depuis cette saison, même s'ils n'ont rien entendu. "Et si un arbitre ne veut ou n'ose pas?", demande un entraîneur des jeunes. "Vous pouvez alors le signaler vous-même, par l'intermédiaire du point de signalement du site", explique Samia. Un joueur présent l'a déjà fait et a obtenu une réponse. De Samia en personne. "Car la discrimination est juridiquement punissable." À chaque signalement, les clubs concernés, l'autre partie et tous les témoins possibles sont entendus pour éviter qu'on abuse du point de signalement. Il est important que les victimes (potentielles) sachent que le système fonctionne déjà, est accessible à tous et que chaque plainte fait l'objet d'un suivi. Samia n'est pas surprise des réactions qu'elle a déjà entendues pendant son tour de la Flandre. "Je savais que la discrimination restait présente partout. Et chaque cas est un cas de trop." Les ateliers lui apprennent que tout le monde n'est pas encore au courant de l'existence du point de signalement. "Nous en sommes encore à la phase initiale. Nous mettons en place de bonnes bases. Nous devons accepter que ça prenne encore un certain temps, mais la Fédération prend la thématique au sérieux. L'objectif est de communiquer encore plus sur ce thème. Nous misons beaucoup sur ce point de signalement, pour encourager les gens à signaler les faits de discrimination. C'est le seul moyen d'y remédier." Vous trouverez le point de signalement sur le site de la Fédération, sous le titre " Come together", en haut de page.