Entre l'équipe du Standard et ses supporters, le désamour continue, s'amplifie même. Plus d'une fois, cette saison, on a été étonné par le grand nombre de sièges vides lors de matches à domicile. Pourtant, il y a encore eu des courageux pour faire le déplacement sans enjeu du week-end passé à Mouscron. Courageux parce que ce match ne pouvait rien apporter sur le plan sportif, mais aussi parce qu'il fallait s'accrocher pour être admis au Canonnier.
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Entre l'équipe du Standard et ses supporters, le désamour continue, s'amplifie même. Plus d'une fois, cette saison, on a été étonné par le grand nombre de sièges vides lors de matches à domicile. Pourtant, il y a encore eu des courageux pour faire le déplacement sans enjeu du week-end passé à Mouscron. Courageux parce que ce match ne pouvait rien apporter sur le plan sportif, mais aussi parce qu'il fallait s'accrocher pour être admis au Canonnier. On ne parle même pas du prix à payer, par supporter adulte : 16 euros pour rester debout, 21 euros pour pouvoir s'asseoir. Et puis, il fallait marcher droit lors de la commande de son ticket. Livrer à l'avance nom, prénom, date de naissance, adresse. À fournir avant le mercredi à midi. Il était aussi obligatoire de faire le déplacement en car, d'où des frais supplémentaires. Et pas question de musarder sans but aux abords du stade car " toute personne se trouvant dans le périmètre du stade sans ticket d'accès à son nom fera l'objet d'une arrestation administrative. " Ces contraintes ont-elles contribué à échauffer les esprits ? En tout cas, certains supporters liégeois ont sifflé leurs joueurs dès le début du match. Ont-ils paralysé les joueurs ? " On est des professionnels, on doit pouvoir gérer ça ", a répondu Jean-François Gillet, le seul Rouche à son niveau. " On est le Standard et on est neuvièmes, ce n'est quand même pas possible ! " Le Standard à la neuvième place : il faut remonter à près de 20 ans en arrière, en 1997-1998, pour trouver un classement aussi catastrophique. Cette année-là, trois entraîneurs s'étaient cassé les dents : Aad de Mos, Daniel Boccar et Luka Peruzovic. Aujourd'hui, Yannick Ferrera commente la descente aux enfers du club qui l'a viré : " Si vous vous basez uniquement sur le talent pur, ils doivent toujours finir dans le Top 6. Avec un bon état d'esprit, cela n'aurait jamais été un problème. En septembre déjà, mon adjoint Yann Daniélou m'a prédit qu'avec Malines, nous condamnerions le Standard aux play-offs 2 en février. C'est arrivé, le boomerang leur est revenu dessus. Je ne suis pas heureux de la situation mais j'ai suffisamment alerté la direction. Tout ce dont je les avais avertis s'est réalisé. " Le Standard compte 22.500 abonnés cette saison, il n'a pratiquement rien perdu (0,5%) alors qu'il sortait déjà d'un championnat catastrophique. La deuxième campagne consécutive sans PO aura-t-elle une vraie incidence négative ? Le club tente de se prémunir en offrant des services modernes comme le wi-fi gratuit dans le stade, il envisage de lancer une carte de membre qui servirait à payer les achats à la boutique et les consommations, il est aussi question de permettre aux abonnés ne venant pas à certains matches de revendre leur siège ces jours-là. En attendant, on prévoit un stade bien triste, malgré la gratuité pour les abonnés, en PO2. On sait depuis ce week-end que l'Union et le Lierse figureront dans la poule du Standard. Ça ne va rien arranger. PIERRE DANVOYE