Fabregas nourrissait beaucoup d'espoirs avant les huitièmes de finale de Ligue des Champions qui, cette saison, lui ont permis de revenir pour la première fois au Camp Nou. Mais au final, la déception fut grande. Avec l'humilité qui le caractérise, il nous raconte cette journée fatidique.
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Fabregas nourrissait beaucoup d'espoirs avant les huitièmes de finale de Ligue des Champions qui, cette saison, lui ont permis de revenir pour la première fois au Camp Nou. Mais au final, la déception fut grande. Avec l'humilité qui le caractérise, il nous raconte cette journée fatidique. Vous affirmez que ce retour au Camp Nou fut le pire jour de votre vie. Vous référez-vous uniquement à l'élimination ?Je savais, au départ, que c'était l'un des matches les plus importants de ma carrière. En outre, je revenais au Camp Nou en tant que capitaine d'Arsenal et en sachant que le résultat du match aller nous était favorable. J'affrontais certains de mes amis, en face, et ma famille était dans les tribunes. J'avais préparé ce match avec une minutie toute particulière et cela s'est terminé de manière catastrophique. Certains m'ont dit que j'en étais le principal responsable. Si Arsenal était éliminé, c'était à 70 % de ma faute, ai-je entendu. N'êtes-vous pas trop dur avec vous-même ?Non, c'est la vérité. A la 14e minute, j'ai ressenti une douleur. J'ai regardé le marquoir et j'ai vu qu'on ne jouait pas encore depuis un quart d'heure. C'était comme si le ciel me tombait sur la tête. J'avais loupé la finale de la Coupe de la Ligue, je m'étais reposé pour ce match, je n'avais pas ressenti la moindre gêne durant les jours précédents et puis... En voulant intercepter une passe d'Adriano, j'ai ressenti un tiraillement aux ischios. J'avais déjà connu ce problème si souvent qu'au fond de moi-même, je me suis dit : " Tu ne peux pas quitter le jeu maintenant ! " Si je sortais à ce moment-là, ce que la raison aurait pourtant commandé, tout le monde aurait cru que je n'avais pas envie de jouer. Vous avez donc décidé de continuer...J'ai essayé. Je ne pouvais plus pivoter, je ne pouvais plus sprinter, je pouvais juste trottiner. J'ai tenté de faire comme si de rien n'était, mais j'ai souffert énormément. Puis, il y a eu ce ballon qui m'est parvenu. Il m'est arrivé de dos. En d'autres circonstances, j'aurais pivoté, mais avec la douleur, j'étais bloqué. J'ai fini par faire une talonnade qui a abouti dans les pieds d'Andrés Iniesta, qui a lancé Lionel Messi pour le premier but. Les sifflets du Camp Nou ne sont donc pas intervenus dans votre déception ?Non, c'était une déception toute personnelle. Une question mentale. J'étais déçu de moi-même. Pour avoir continué à jouer alors que je n'aurais pas dû, sans penser à l'équipe. Je me suis montré égoïste et c'est l'équipe qui a payé l'addition. Et au final, c'est moi aussi qui ai été le grand perdant, à cause de cette prestation désastreuse. J'étais déçu aussi pour ma famille. Mon grand-père m'a dit qu'il a passé tout le match avec les jambes tremblotantes, alors qu'il n'est jamais nerveux. Ma famille s'est immédiatement rendu compte que je n'étais pas bien. Je peux avancer des excuses, mais ce fut un jour à oublier. J'en retiendrai la leçon, soyez-en sûr.