L ife is too short for bad coffee, a récemment twitté Hernan Losada. L'Argentin de 30 ans a d'ailleurs choisi, pour l'interview, la brasserie Berlin, qui sert un délicieux café, non loin de son appartement.
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L ife is too short for bad coffee, a récemment twitté Hernan Losada. L'Argentin de 30 ans a d'ailleurs choisi, pour l'interview, la brasserie Berlin, qui sert un délicieux café, non loin de son appartement. Hernan Losada : Chacun traverse des moments difficiles dans la vie. Il s'agit alors de travailler encore plus. J'ai vécu les pires tourments à Anderlecht et à Charleroi mais c'est aussi là que j'en ai appris le plus. C'est en surmontant des difficultés qu'on devient plus fort. Le pire risque est de ne pas en prendre. Oser et entreprendre, c'est la seule façon d'atteindre quelque chose. C'est inscrit dans mon style de jeu. La fortune sourit aux audacieux... Tout ce que j'ai obtenu se base là-dessus. Il m'a déjà fallu du cran pour débarquer en Europe. Complètement. Koster entraîne plus avec le ballon, il réfléchit beaucoup à l'aspect offensif et il aligne davantage de joueurs créatifs. Nous prenons beaucoup plus de risques. Cela peut nous valoir des points comme nous en coûter. Ce n'est pas parce que je suis offensif que j'aime les systèmes ultra-offensifs. C'est la victoire qui compte, c'est elle qui confère les plus belles impressions. Tant mieux si on peut l'obtenir en offrant du spectacle. J'aime les équipes équilibrées, qui peuvent attaquer et défendre. Une action offensive est attrayante mais un bon tacle vaut le coup d'£il aussi. Il ne faut pas non plus attaquer à outrance et laisser des brèches à l'adversaire. Quand j'entreprends une action, j'aime me sentir en sécurité. Nous n'avons pas encore trouvé notre équilibre. Je ne pense pas qu'il soit nécessairement plus offensif qu'un 4-4-2. Anderlecht procède avec deux attaquants, parce qu'il pense qu'ils apportent plus de profondeur et permettent donc un jeu plus vertical. En 4-3-3, il faut utiliser davantage les flancs et donc la largeur du terrain. Quel est le bon système ? Celui qui fournit des résultats. La latitude, pour les joueurs, de changer de position me paraît nettement plus importante que le système de jeu car c'est ainsi qu'on pose des problèmes à la défense adverse. Si elle est certaine que notre ailier droit va affronter son arrière gauche, c'est trop facile. Pas encore assez souvent. Franchement, non. Coulibaly reçoit plus de ballons du centre que des flancs. Pour le moment, notre 4-3-3 n'est pas typique : les ailiers ne sont pas capables de déborder avant de délivrer une passe. Joachim Mununga est un très bon joueur, qui garde bien le ballon et gagne des duels grâce à sa puissance. Goran Galesic a encore besoin d'un temps d'adaptation. Il nous aurait fallu un Sherjill MacDonald, un joueur rapide, qui crée des espaces, plonge. C'eût été parfait en soutien de Coulibaly. Il est malin balle au pied et on peut l'aligner contre deux hommes. Il me surprend agréablement. Je l'ai connu quand il jouait à Courtrai et à Gand, mais il est différent quand il joue avec vous. Je me suis habitué aux changements. Un entraîneur reste rarement deux saisons, on entame chaque année avec neuf ou dix nouveaux et en général, les liens d'amitié qu'on peut tisser avec un coéquipier sont rompus après un an, voire six mois. C'est dur mais c'est un aspect de mon métier, même si je préférerais travailler plus longtemps avec le même groupe, pour obtenir des résultats. Il y a eu des changements, en effet, mais ils ont peu d'impact sur le noyau. J'ai le sentiment que le Beerschot est maintenant un club très stable. Il l'est beaucoup plus que la saison passée. Nous avons un petit-déjeuner et un lunch au club tous les jours, les salaires sont payés à temps, nous avons de bonnes installations, des terrains parfaits, une bonne salle de fitness. Nous progressons. Beaucoup de choses ont changé avec l'arrivée de Patrick Vanoppen, le managing director, parfois par sa volonté, d'autres fois parce qu'il ne pouvait faire autrement. C'était pire avant, avec les dettes et tout ça. Je suis Argentin. Je vois les choses différemment. Malheureusement. Un retard de quelques semaines n'est pas dramatique si on nous en explique les motifs et qu'on nous rassure. Evidemment, on peut mieux se concentrer sur le foot quand on est toujours payé à temps. Certains avaient besoin de l'argent de suite. Nous avons cherché une solution pour eux. En fait, ce n'était pas grave mais la Belgique est tellement correcte que cela fait immédiatement la une. Pourquoi donc ? Avec 13 buts et quatre assists, j'ai joué un rôle important. A un moment donné, je me suis inquiété de ne pas voir arriver de transferts. Mais bon, je n'ai pas de regrets. J'ai beaucoup joué dans tous mes clubs, sauf à Anderlecht. J'ai disputé plus de 50 matches à Independiente, j'ai participé à la Copa Libertadores, à l'Europa League avec Heerenveen, tout en y étant titulaire, comme à Charleroi et au Beerschot. On m'aligne parfois à gauche ou à droite mais je joue. Il y a six ans, je n'aurais jamais cru en être maintenant à ma septième saison européenne. J'ai joué au plus haut niveau depuis mon arrivée sur votre continent et ce n'est pas terminé. J'ai obtenu un transfert au meilleur club belge ou du moins au plus riche (Rires), j'ai affronté le Sporting Lisbonne et Hertha Berlin avec le club néerlandais : le bilan est positif. Je suis ambitieux mais réaliste. Dans la vie, il faut trouver sa place et, jusqu'à présent, il semble que la mienne soit à Anvers, ce qui ne m'empêche pas de continuer à rêver. J'ai vu un documentaire sur Ronaldinho. Il a perdu son niveau à la fin de sa période à Barcelone : quand on n'a plus d'objectif ou de rêve, on relâche ses efforts. De jouer les PO1, par exemple. L'AS Monaco ne m'a pas contacté. Je ne sais pas s'il a parlé au Beerschot. J'ai fait de gros efforts pour revenir ici et y être heureux. Pour que j'abandonne tout, il faudrait qu'on me propose beaucoup mieux. N'ayant pas eu de contact avec le club, je ne peux pas le dire. Ce n'est pas réaliste. Peu m'importe, je suis heureux ici. C'est comme ça. Que je ne partirais pas pour une petite somme car j'étais son talon d'Achille. J'ai reçu des milliers de coups de fil des pays les plus exotiques : Chine, Corée du Sud, Arabie Saoudite, Qatar, USA. Rien de concret. Non. Le club traversait un moment difficile financièrement. Nous avons le temps d'en discuter. Non. Je voulais être sûr de pouvoir achever ma carrière ici. Si on me garantit que je peux jouer au Kiel jusqu'à 35 ans, je signe les yeux fermés. PAR KRISTOF DE RYCK- PHOTOS: KOEN BAUTERS" Ce n'est pas parce que je suis tourné vers l'avant que j'aime les tactiques super offensives. "" Si on me garantit que je peux jouer au Kiel jusqu'à 35 ans, je signe les yeux fermés. "