Le 13 janvier, le jour de ses 34 ans, Marco Pantani dressa le bilan de sa carrière. " Je me suis bien amusé ", va-t-il répéter à de nombreuses reprises. " Quand j'arrêterai, je l'annoncerai moi-même à tous les médias, en vertu du respect que je voue à mes supporters, à l'opinion publique et à l'information ".
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Le 13 janvier, le jour de ses 34 ans, Marco Pantani dressa le bilan de sa carrière. " Je me suis bien amusé ", va-t-il répéter à de nombreuses reprises. " Quand j'arrêterai, je l'annoncerai moi-même à tous les médias, en vertu du respect que je voue à mes supporters, à l'opinion publique et à l'information ". Un mois plus tard, le 14 février au soir, il est retrouvé mort dans la chambre de la résidence Le Rose à Rimini où il était arrivé, seul, le 9 février. Le personnel de l'hôtel l'avait trouvé étrange et parfois absent. C'est le portier qui a donné l'alarme vers 21 h 30, surpris que le coureur ne soit pas descendu dîner. L'homme, qui a été le dernier à avoir eu un contact téléphonique avec Pantani le matin à 11 heures, est monté au cinquième étage, a frappé plusieurs fois à la porte mais n'a pas reçu de réponse. Quand la direction est parvenue à pénétrer dans sa chambre, elle a trouvé le corps sans vie de Pantani. La police a relevé la présence d'une dizaine de boîtes d'anxiolytiques et d'antidépresseurs de quatre marques différentes, certaines vides et d'autres entamées. En revanche, elle n'a pas trouvé de stupéfiants ni d'alcool ni de trace de piqûre ou de blessure sur le corps du coureur. Le médecin légiste a affirmé que la mort a été provoquée par un arrêt cardiaque dont l'origine est encore à déterminer. Marco Pantani s'en est allé, offrant à ses supporters la dernière et la plus moche des émotions. Sa carrière, pour lui qui a construit son mythe sur les cols, a été caractérisée par des bas et des hauts extraordinaires, des victoires incroyables et des chutes catastrophiques. Il Pirata, qui avait habitué les Italiens à le voir renaître de ses cendres, n'est pas parvenu à concrétiser un dernier exploit, celui de redresser une existence qui, ces dernières années, s'était transformée en une montée très raide. Après son doublé Giro-Tour en 98, sa popularité est à son apogée. Lors du Giro 99, il a l'Italie tout entière à ses pieds. Le bandana qui couvre son front devient populaire. A peine la route monte- t-elle qu'il creuse des écarts astronomiques. Rien ni personne ne semble pouvoir l'arrêter. Sauf ce coup de massue qui lui est donné le 5 juin à Madonna di Campiglio, avant le départ de l'avant-dernière étape. Son taux d'hématocrite dépasse les 50 % et il est exclu de l'épreuve. En 2000, Pantani réapparaît de manière surprenante au Giro et remporte deux étapes au Tour de France. Mais en décembre, il est condamné à trois mois avec sursis pour fraude sportive, avant d'être acquitté en appel. 2001 est fait d'abandons et d'ennuis divers parmi lesquels une suspension de six mois à cause de la découverte d'une seringue avec traces d'insuline dans un hôtel de Montecatini. Son dernier retour a lieu en 2003 avec notamment une participation au Giro qu'il termine en 14e position et quelques petits coups d'éclat. Depuis, les spots sont désormais éteints. Nicolas RibaudoNicolas Ribaudo