Le 17 juillet dernier, hasard des transactions, coïncidence du talent, les dirigeants du Paris Saint-Germain présentaient MarcoVerratti le même jour que ZlatanIbrahimovic. En lever de rideau, un genre d'amuse-gueules. Quelques jours plus tard, pour fustiger l'appétit d'ogre du club sous pavillon qatari, FrédéricdeSaint-Sernin, le président du Stade Rennais en rajoutait une couche à l'encontre de l'ancienne idole des Abruzzes : " JevousfaislepariqueMarcoVerrattiserararementdanslegroupedesdix-huitParisiens. (...) Jenesaispasdequellemanièreilvaprogresser à Paris... " Apparemment, le coach Carlo Ancelotti et le DT Leonardo, eux, avaient déjà la réponse. Et toute la France a fini par apprendre très vite ce que l'Italie savait déjà.
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Le 17 juillet dernier, hasard des transactions, coïncidence du talent, les dirigeants du Paris Saint-Germain présentaient MarcoVerratti le même jour que ZlatanIbrahimovic. En lever de rideau, un genre d'amuse-gueules. Quelques jours plus tard, pour fustiger l'appétit d'ogre du club sous pavillon qatari, FrédéricdeSaint-Sernin, le président du Stade Rennais en rajoutait une couche à l'encontre de l'ancienne idole des Abruzzes : " JevousfaislepariqueMarcoVerrattiserararementdanslegroupedesdix-huitParisiens. (...) Jenesaispasdequellemanièreilvaprogresser à Paris... " Apparemment, le coach Carlo Ancelotti et le DT Leonardo, eux, avaient déjà la réponse. Et toute la France a fini par apprendre très vite ce que l'Italie savait déjà. Depuis que le Delfino Pescara 1936, sous la tutelle géniale de ZdenekZeman, s'était plu à régaler la Serie B par son talent offensif (90 buts) la saison dernière, retrouvant l'élite 19 ans après, son attaque de feu avait à ce point enthousiasmé la péninsule que Ciro Immobile (Genoa), Lorenzo Insigne (Naples) et MarcoSansovini (La Spezia) avaient plié bagages durant l'été. Sans parler du coach italo-tchèque lui-même, parti à la Roma. Pour Verratti, le pourvoyeur en chef de bons ballons, la Juve, la Roma et Naples se pressaient au portillon mais sans vouloir casser leur tirelire. Le champion d'Italie, qui pouvait se targuer de compter le joueur parmi ses tifosi, proposait 3,5 M€ et la copropriété au nouveau promu. Pas assez au regard des 12 millions (plus 3 de bonus éventuels) offerts par les Français. CesarePrandelli, le sélectionneur de la Squadra, jugera ce départ " scandaleux ". Comme l'aveu d'impuissance d'un pays longtemps en pointe pour l'importation d'étoiles et qui connaît désormais la fuite des cerveaux. " AParis, ilsmeparlaientduprésent ; àTurin, ilsévoquaientl'avenir ", justifiera Verratti. Avec sa face pouponne, son regard bleu délavé et son mètre soixante-cinq, le natif des Abruzzes sait ce qu'il veut et comment l'obtenir. Paris était un choix stratégique autant qu'une opportunité de circonstance. L'ADN du club lorgne de l'autre côté des Alpes et on lui parle " italientouslesjours àl'entraînement. " Normal : outre Ancelotti et Leonardo, dix joueurs (1) sont passés par la Serie A. Dans ce cocon, Verratti (20 ans depuis début novembre) est vite devenu le petit prince du Parc grâce à sa grinta, sa technique soyeuse, son art de la diagonale et une confiance en ses moyens qui frise parfois l'arrogance. Souvent, il abuse de dribbles à l'abord du rectangle. " Ilvafalloirqu'ilapprenne àjouerplussimple, plusvite, àprendremoinsderisques " cinglera Ancelotti après un match contre Toulouse. Quinze jours plus tard, à Porto, deux pertes de balle à l'approche de la zone de vérité, auraient pu s'avérer fatales. Ce qui est possible en Ligue 1 ne l'est plus en Champions... Mais Marco Verratti apprend vite. Il en a toujours été ainsi depuis ses débuts à 15 ans et dix mois en août 2008 avec Pescara. " Acinqans, ildonnaitdéjàduspectacle.Sescoachesl'ontfaitprogresserdepuislebaptême. LaRomaetleMilanl'ontcibléassezvitemaissonphysiquelesfaisaittiquer. Ilssetrompaient. Pescara avusurlelongterme. Sesparentl'ontsuiviavecattentionsansmettredepression ", racontait Marco Blasioli, un dirigeant de l'Arabona, cet été à IlCentro, le quotidien de Pescara. Son oncle Francesco ajoutait dans les mêmes colonnes : " CommeRivera, ilacommencé à16 ans. Marcolinoferaunegrandecarrièremaisilgardera les pieds sur terre . C'estl'orgueildeManoppello. " Dans son nid qu'il s'est recréé à Neuilly-sur-Seine avec son frère et sa copine de l'adolescence, Laura, le néo-international a vite installé une parabole pour suivre les matches du Delfino, " l'équipedesaterre... ". Là-bas, on loue sa simplicité de toujours et on l'imagine volontiers au Brésil aux côtés de Pirlo. " Bientôt, ilseraunpilierdelasélection ", enchérit Sirigu, le portier du PSG. Son arrivée dans la capitale française évoque celle d'un certain MikelArteta, débarqué du Barça B à 19 ans début 2000, voué à un grand destin et qui fut barré à jamais par la génération Xavi-Iniesta à la tête de la Roja. C'est peut-être pour ça que Marco Verrati s'est fait tatouer sur le bras gauche une devise en guise de feuille de route : " Vivrechaquejourcommesic'étaitledernier. " En espagnol. (1) : Sirigu, Camara, Maxwell, ThiagoSilva, ThiagoMotta, Pastore, Ibrahimovic, Lavezzi, Menez, Sissoko. PAR RICO RIZZITELLI. - PHOTO : IMAGEGLOBE" A Paris, on me parlait du présent. A Turin, on évoquait l'avenir. "