L'annonce a été faite avec grand fracas. Le Standard comptait bien utiliser ses propres ressources et puiser dans ses jeunes en vue des prochaines saisons. Dans le Standard Magazine du mois de juin, Jean-François de Sart n'hésitait d'ailleurs pas à dire que la charnière centrale défensive des prochaines années devait se composer de Dino Arslanagic et de Corentin Fiore, deux purs produits de l'Académie. Cette phrase faisait suite à la cascade de contrats offerts aux jeunes pousses fin de saison dernière. Toute une génération entrait dans le noyau A, censée marquer le début d'une nouvelle ère. " Fini de se baser uniquement sur des footballeurs venus de l'étranger ou des autres clubs pour renforcer le noyau. Pourquoi aller voir ailleurs alors qu'il existe de bons joueurs à la maison ?", écrivait le magazine du club.
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L'annonce a été faite avec grand fracas. Le Standard comptait bien utiliser ses propres ressources et puiser dans ses jeunes en vue des prochaines saisons. Dans le Standard Magazine du mois de juin, Jean-François de Sart n'hésitait d'ailleurs pas à dire que la charnière centrale défensive des prochaines années devait se composer de Dino Arslanagic et de Corentin Fiore, deux purs produits de l'Académie. Cette phrase faisait suite à la cascade de contrats offerts aux jeunes pousses fin de saison dernière. Toute une génération entrait dans le noyau A, censée marquer le début d'une nouvelle ère. " Fini de se baser uniquement sur des footballeurs venus de l'étranger ou des autres clubs pour renforcer le noyau. Pourquoi aller voir ailleurs alors qu'il existe de bons joueurs à la maison ?", écrivait le magazine du club. Un mois plus tard, le discours n'a officiellement pas changé. Mais beaucoup de jeunes ont été prêtés ; d 'autres sont rentrés en conflit avec leur direction, peu enclins à partir vers des clubs de D2 (Tubize) ou étrangers (Ujpest) en prêt. On sait que Roland Duchâtelet a mis au point un réseau, avec Saint-Trond, Tubize, le Brussels en Belgique et Ujpest en Hongrie, capable d'accueillir des jeunes de l'Académie ou des jeunes transferts afin que ceux-ci s'aguerrissent à la compétition avant de rejoindre le Standard. C'est par ce réseau que ces gens sont appelés à passer avant de faire leur trou au Standard. Bien peu vont donc entrer en ligne de compte cette saison. En cause ? Le mercato mené tambour battant. Les arrivées de Tal Ben Haïm, Ron Stam, Igor De Camargo, Yohann Thuram s'ajoutent aux revalorisations offertes aux piliers sur le départ. Pourtant, au Standard, on refuse de parler d'horizon bouché pour les jeunes. Dès les signatures de contrat, les jeunes savent que s'ils ne font pas partie de la première sélection de l'entraîneur, ils sont destinés à un prêt. Pour les dirigeants du Standard, le parcours du jeune est donc jalonné d'étapes et de possibilités : 1. Il est directement intégré au noyau A, 2. Il passe par un prêt d'où il revient plus fort, 3. Il passe par un prêt où il s'enlise et signe la fin de son parcours au Standard. Alors quel jeune a véritablement une chance de se montrer cette saison ? Sport/Foot Magazine a fait le point de la situation et dressé un portrait de ceux qui demeurent dans le noyau A. Lui, on le connaît déjà. Et il a débuté la saison comme il a fini la précédente : sur les chapeaux de roue. Titularisé lors des trois rencontres européennes, face au KR Reykjavik et Xanthi, il entre clairement dans les plans de l'entraîneur. Mais qui est cette nouvelle pépite ? Né à Nivelles, Arslanagic déménage à Luignes, dans l'entité de Mouscron à 5 ans et intègre très vite le centre de formation des Hurlus. " J'ai commencé le foot à six ans, au Futuroport de Mouscron. A 15 ans, j'étais chez les Espoirs mais ça a coïncidé avec le début des problèmes financiers du club. Mon père a eu un entretien avec Gil Vandenbrouck et lui a demandé s'il pouvait assurer le survie du club. Il a répondu - Non. Je suis parti alors à Lille. Le domaine de Luchin, c'est quand même le top. Les terrains ? Des galettes toute l'année. Je dormais là. L'école se passait là également. C'est bien beau mais parfois ça s'apparentait à une prison dorée. Dorée certes mais cela demeure une prison. " " A 18 ans, le Standard m'a proposé un contrat pro. Pour un jeune, un contrat, c'est un peu le but ultime. Avec José Riga et Ron Jans, je n'ai pas reçu ma chance mais la saison dernière, j'ai commencé à jouer. J'attendais cela avec impatience. Je pensais que j'allais débuter plus tôt. Notamment en Coupe de Belgique ou quelques minutes en fin de championnat. Mais je n'étais pas le seul à connaître le même sort. Ibrahima Cissé, Paul-José Mpoku, FrancoZennaro et moi étions dans le groupe, parfois sur le banc mais jamais sur le terrain. Dans ces moments-là, on ne comprend pas toujours les décisions. On se demande pourquoi l'entraîneur change des joueurs de position alors qu'on est là. Mais on prend son mal en patience. On est jeune et on continue à travailler. Cela a fini par payer avec Mircea Rednic. Je commence à Genk en Coupe de Belgique. Je me dis- voilà, j'y suis ! Puis s'enchaînent des matches contre Courtrai et à Waasland. Je me souviens de mon premier match à domicile. Découvrir Sclessin apporte de l'adrénaline. On sent que tous les gens autour sont avec toi. C'est enrichissant plutôt que paralysant. " En fin de championnat, Arslanagic est intégré de plus en plus dans le onze de base. Souvent d'ailleurs au détriment de Laurent Ciman. " Je traine souvent avec les jeunes mais également avec Anthony Morris et Laurent Ciman. Avec Laurent, on est concurrent mais je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas s'entendre parce qu'on occupe le même poste. " Les louanges pleuvent mais certaines critiques affleurent. Notamment au sujet de sa vitesse. Arslanagic est jugé un peu lent. " Je dois donc jouer avec mes qualités comme le placement. A Lille, on travaillait beaucoup la tactique. Au Standard, je suis entré dans le monde pro et j'ai vite vu que cela allait plus vite. Lors de mes premiers entraînements, Mémé Tchité partait toujours dans mon dos. Au fur et à mesure, j'ai peaufiné mon placement, j'ai senti comment je devais mettre mon corps. Je ne suis pas une flèche. Je ne vais pas commencer à dire que je vais aussi vite qu'Usain Bolt. Je suis lucide. L'année passée, j'ai eu beaucoup de séances d'explosivité pour améliorer ma vitesse et je compte continuer. Cependant, je n'ai jamais douté de moi. Il ne faut pas avoir l'égo trop chargé mais il faut avoir confiance en soi pour arriver au plus haut niveau. Moi, je ne suis pas venu ici pour chauffer le banc. Je veux marquer le club de mon empreinte. Mais je ne suis pas le seul à vouloir jouer. Tout le noyau... " Seul nuage sur sa première saison : ce match à Anderlecht. Ce soir-là, le Standard qui pouvait virer en tête en cas de succès, repart avec une défaite et deux buts sur lesquels la culpabilité du jeune défenseur central ne fait aucun doute. " Difficile de savoir si j'ai manqué d'expérience à Anderlecht ou si j'ai simplement vécu un off day. Je n'ai pas été vigilant deux secondes à deux reprises et cela s'est payé cash. Le match à Anderlecht m'a fait beaucoup réfléchir. Comme j'ai reçu un coup sur le tête en fin de rencontre, j'ai dû rester trois jours à la maison et je ne pouvais rien faire. Alors, je ressassais le match sans cesse. Si on gagnait cette rencontre, on prenait la tête ! Je me disais donc - mais qu'est-ce qu'il t'a pris ! Même en Grèce, en vacances, je réfléchissais à ce que j'aurais dû faire face à Dieumerci Mbokani. Sur le deuxième but, je regarde trop le ballon et quand je vois Mbokani, il est déjà derrière moi. A ce moment-là, je suis mort et je le sais ! Ce n'est qu'après que j'ai relativisé. Je n'ai que 20 ans : je n'allais pas commencer à me lamenter sur mon sort pour deux erreurs. Certains journaux ont écrit que j'aurais mieux fait de rester chez moi. Effectivement, ce jour-là, j'aurais mieux fait de ne pas sortir (Il rit). Heureusement, les supporters ne m'en ont pas vraiment voulu. Au contraire. Beaucoup se sont inquiétés de mon coup sur la tête. Ça m'a sauvé (Il rit) " Cette première désillusion ne l'a pourtant pas éloigné du onze de base. " Je n'ai pas eu le temps de douter de ma place car Rednic m'a maintenu sa confiance. " Aujourd'hui, Arslanagic est le plus avancé de tous les jeunes. Cependant, il ne s'estime pas encore arrivé pour autant. " On est de la même génération. Il y a seulement deux ans d'écart. Je ne me sens pas tellement plus âgé pour leur donner des conseils. Je suis davantage plus leur ami que leur grand-frère. Je pense que je n'ai pas encore franchi le palier ultime. Il y a les jeunes, il y a moi et puis il y a les titulaires. Je veux rejoindre ce dernier groupe. Quand tu es pro et fait partie des titulaires, tu n'as plus d'âge. Tu peux avoir 19 ou 35 ans, si tu es bon, tu joues. On est sur le même pied. " Avec Arslanagic, il représente le nouveau visage du Standard et a autant de chances de percer que l'ancien sociétaire du LOSC. Cela fait un an qu'on entend que du bien de Cissé. A tel point que lorsque les négociations entre le Standard et William Vainqueur semblaient dans l'impasse, on entendait souvent que les dirigeants du Standard ne paniquaient pas car il disposait déjà du remplaçant de Vainqueur dans le noyau... en la personne de Cissé. Pourtant, pendant sa première saison pro, Cissé a dépanné à beaucoup de places (défenseur central mais surtout arrière droit) mais jamais à sa place favorite et naturelle : médian défensif. Lorsque nous évoquions en début 2013 l'éclosion définitive de Paul-José Mpoku, José Jeunechamps affirmait que comme Mpoku, Cissé avait toutes les qualités pour déjà faire figure de titulaire. La blessure récente de Vainqueur a en tous cas permis au jeune belgo-guinéen de se faire une place dans l'équipe. Comme aucun transfert n'a été effectué dans l'axe de l'entrejeu, Cissé apparait clairement comme numéro trois dans la hiérarchie à cette position. Depuis l'arrivée de Ben Haim, le jeune défenseur central, Corentin Fiore (18 ans), est descendu dans la hiérarchie pour l'axe défensif. Le Standard a décidé de le prêter à Tubize. Ce que ni le joueur, ni son agent Nenad Petrovic n'ont accepté. L'agent a poussé une gueulante dans La Dernière Heure, affirmant que le club traitait ses jeunes comme des esclaves. Une semaine plus tard, Petrovic a bien voulu revenir sur la situation de son joueur. " Fiore a beaucoup progressé la saison dernière et il s'est retrouvé dans le noyau A pendant le stage. C'est vrai qu'il n'évolue pas à un poste facile pour son âge. A part Vincent Kompany, personne ne perce si jeune au poste de défenseur central. Mais pour des raisons personnelles, il ne voulait pas être prêté à Tubize. Les clubs satellites du Standard ne permettent pas d'avoir l'encadrement professionnel requis, c'est-à-dire un encadrement aussi bon que celui de l'Académie. Je pense qu'il apprendra davantage au contact du noyau A du Standard, voire en effectuant une saison supplémentaire en Espoirs. " Suite à cette mise au point, Fiore n'a pas été rétrogradé. Il continue à s'entraîner avec le noyau A. Mais de l'aveu même des dirigeants, un joueur qui refuse un prêt est destiné à retourner chez les Espoirs. Fiore devrait donc prochainement réintégrer le noyau de Patrick Van Kets. A un poste de médian central, François Marquet, qui a signé un premier contrat pro de trois ans fin de la saison passée,a découvert la D1 lors des play-offs, dans un match qui ne comptait plus vraiment, face à Lokeren. Directement dans la peau d'un titulaire. Un rêve éveillé pour ce jeune de 18 ans, vrai Liégeois puisque sa famille vient de Theux. Il peut évoluer à la fois comme médian offensif ou défensif comme on l'a vu en préparation face à Tubize. La blessure de William Vainqueur lui permet de faire pleinement partie du noyau puisqu'il est actuellement considéré comme le quatrième élément dans la hiérarchie à ce poste, derrière Vainqueur, Yoni Buyens et Cissé. A Xanthi, il a fêté son baptême du feu européen. " J'étais fier et excité ", a-t-il déclaré après cette rencontre. Des sept joueurs qui ont signé un premier contrat pro en fin de saison, il est le seul survivant dans le noyau A. PAR STÉPHANE VANDE VELDE" Le centre d'entraînement de Lille, c'est beau mais ça s'apparente à une prison dorée. " (Dino Arslanagic) Vu qu'il a refusé un prêt, Fiore devrait retourner chez les Espoirs. Comme Koç avant lui.