" La bombe Lukaku épate tout le monde, que ce soit à Anderlecht ou ailleurs en D1. Romelu, je le connais depuis l'époque où il n'était pas plus haut que trois pommes : le fruit a bien grandi. En 1992-93, Seraing avait remporté le championnat de D2 en étant invaincu. Ce ne fut pas une promenade de santé mais le club du Pairay avait quelque chose en plus : le talent de ses Brésiliens ( Wamberto, Isaias, Edmilson) et le métier des Manu Karagiannis...

" La bombe Lukaku épate tout le monde, que ce soit à Anderlecht ou ailleurs en D1. Romelu, je le connais depuis l'époque où il n'était pas plus haut que trois pommes : le fruit a bien grandi. En 1992-93, Seraing avait remporté le championnat de D2 en étant invaincu. Ce ne fut pas une promenade de santé mais le club du Pairay avait quelque chose en plus : le talent de ses Brésiliens ( Wamberto, Isaias, Edmilson) et le métier des Manu Karagiannis, Benny Debusschere, Ranko Stojic, etc. Pour réussir leur retour parmi l'élite, les Métallos avaient besoin de plus de poids en pointe. Les promus eurent la bonne idée de s'intéresser au pivot de Boom : RogerMenala Lukaku. Les Briquetiers descendaient mais cet attaquant pouvait être notre chaînon manquant. Je coachais Seraing. Je l'ai suivi et j'ai vite cerné tout ce qu'il apporterait à mon équipe : taille, puissance, vitesse, etc. De plus, tous les renseignements qui nous parvinrent du Congo abondaient dans le même sens. L'ancien buteur de Motema Pembe ( C£ur blanc en lingala), un des deux grands clubs de Kin-shasa avec le Vita Club, était un homme intelligent et très attachant. Si je me souviens bien, Roger avait fréquenté la Faculté des sciences économiques de Kinshasa. Il savait donc parler d'autre chose que de football... A Seraing, Roger et les siens habitaient près du stade, rue Crupet, et il lui arrivait de se promener avec ses trois enfants, dont le petit Romelu et son épouse, Folo. Son comportement était exemplaire mais il ne permettait pas qu'on lui manque de respect. Sa puissance de feu était évidemment phénoménale. Moi, cela ne m'étonnait pas trop. Cet art de manier la poudre est très répandu en Afrique. Dans les années 50 déjà, LéonMokuna, surnommé Trouet, était venu à Gand via le Sporting Portugal et se distinguait, en plus de sa technique, par une frappe de dieu le père. Plus grand et plus fort que Mokuna, Roger perpétuait en quelque sorte cette tradition. Attentif, travailleur à l'entraînement comme sur le terrain, il a marqué 12 buts en 1993-94 et a largement contribué à la conquête d'une belle troisième place qui nous ouvrit les portes de la Coupe de l'UEFA. Seraing était alors le premier club liégeois : le Standard termina 6e et Liège 13e. En admirant Romelu, je pense bien sûr à son père, aux grandes soirées sérésiennes et à... Paul Van Himst. Paul n'avait aussi que 16 ans quand il débuta en D1. Quelques mois plus tard, il était international : le talent est plus fort que tout et on ne peut pas s'en passer. "l né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing).propos recueillis par pierre bilic