Comme après chaque saison ratée, le Bayern Munich s'est attelé à reconstruire son équipe. Pas de stars en attaque cette fois-ci. Les Bavarois ont préféré consolider leur défense avec les arrivées de Manuel Neuer dans les buts et de Jérôme Boateng sur le flanc gauche. Une des révélations de la dernière Coupe du Monde, cette gracieuse armoire à glace d'1m92 retrouvait donc son pays, un an après l'avoir quitté pour Manchester City.
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Comme après chaque saison ratée, le Bayern Munich s'est attelé à reconstruire son équipe. Pas de stars en attaque cette fois-ci. Les Bavarois ont préféré consolider leur défense avec les arrivées de Manuel Neuer dans les buts et de Jérôme Boateng sur le flanc gauche. Une des révélations de la dernière Coupe du Monde, cette gracieuse armoire à glace d'1m92 retrouvait donc son pays, un an après l'avoir quitté pour Manchester City. Le 23 juin 2010, Jérôme Boateng écrivait l'histoire de la Coupe du Monde. Pour la première fois, deux frères s'affrontaient. L'un jouait pour l'Allemagne et l'autre pour le Ghana. Le tout dans une ambiance de déchirure familiale. Un mois auparavant, dans un amical Allemagne-Ghana, le plus turbulent des frères, Kevin-Prince Boateng, aujourd'hui à l'AC Milan, mettait d'un tackle violent fin aux espoirs de Michaël Ballack de participer à la Coupe du Monde. L'Allemagne jugea sévèrement celui qui avait déjà trahi la patrie en choisissant la sélection ghanéenne. Son frère, Jérôme, lui aussi, en remit une couche en admettant qu'il méritait la carte rouge pour ce tackle. Cette réflexion eut le don d'agacer Kevin-Prince et les deux frères ne se parlèrent plus pendant plusieurs mois. " Il a sa famille, j'ai la mienne ", trancha même Kevin-Prince. Pourtant, pendant toute leur jeunesse passée à Berlin où le père Boateng avait débarqué en 1981 pour trouver du travail, ils étaient inséparables, malgré leur statut de demi-frère - nés du même père mais d'une mère différente. D'un côté, Kevin-Prince, le tatoué extraverti ayant grandi dans le district pauvre de Wedding. De l'autre, Jérôme, lunettes d'intellectuel, plus calme et élevé dans un quartier plus huppé. Les inséparables débutèrent dans le même club : le Hertha Berlin. Arrivé à 12 ans, sur les conseils de son frère plus âgé d'un an et demi, Jérôme apprit le métier en Réserve avant d'être appelé en Première en 2007. Il n'avait que 18 ans et l'adversaire s'appelait Hanovre. Ses débuts au poste de défenseur central furent tellement convaincants qu'il trouva immédiatement une place dans le onze de base. Pourtant, dès l'été 2007, il entra en conflit avec son club formateur, refusant de signer un contrat pro de cinq ans. En coulisses, Hambourg lui faisait déjà la cour. Le transfert traîna tout l'été et ce n'est que fin août qu'il rejoignit le club hanséatique pour 1,1 million d'euros. Dans le nord de l'Allemagne, il allait s'épanouir aux côtés de Vincent Kompany et Nigel de Jong. Pendant trois saisons, tant à gauche que dans l'axe de la défense, Boateng brilla et après avoir lutté pour le titre lors de sa première saison à Hambourg, ce fut davantage en Europa League qu'il se distingua avec deux demi-finales. Ses performances attirèrent l'£il des recruteurs mais également de Löw qui lui offrit une première sélection en octobre 2009. Alors que Kevin-Prince préféra répondre à l'appel des racines de son père et de son oncle qui avait évolué pour les Black Stars du Ghana, Jérôme ne changea pas ses habitudes. Il avait porté la vareuse des -19 ans allemands et opta pour la Mannschaft. Même si Hambourg restait sur une saison 2009-2010 assez décevante, Boateng éclatait et Manchester City réalisa un joli coup en le faisant signer juste avant la Coupe du Monde. En Afrique du Sud, Boateng débuta sur le banc avant de réaliser le match parfait contre le Ghana et face à l'Argentine en quarts de finale. C'est auréolé d'un nouveau statut qu'il prit donc la direction de Manchester. " J'ai pris mes renseignements auprès de Kompany et de Jong avant de signer. Ils m'ont dit que le club avait un beau projet et que la ville était chouette. La décision fut très facile à prendre ", expliqua-t-il. Acheté 12,5 millions (un des transferts les moins chers de l'ère Mansour), Boateng découvrait l'Angleterre, trois ans après son frère passé par Tottenham et Portsmouth. Mais ses premiers pas sont retardés : il aggrava une blessure au genou gauche en heurtant le chariot à boissons dans l'avion et dut faire l'impasse sur le début de la compétition. Il ne revint jamais dans les grâces de son entraîneur et ce ne fut pas une bagarre avec Mario Balotelli à l'entraînement qui améliora son cas. Sa première saison en Premier League se soldait par un échec : 24 apparitions toutes compétitions confondues. Pourtant, même si Roberto Mancini ne comptait plus trop sur lui et que le Bayern voulait le rapatrier en Allemagne, pas question de le brader. Ses 22 ans, ses 13 sélections en équipe d'Allemagne et sa polyvalence en font un joueur coté. Résultat : City réalise la gageure de vendre Boateng plus cher qu'il ne l'avait acheté. Un tour de force que n'a pas dû comprendre le scheik Mansour, plus habitué à dépenser qu'à récolter. Le Bayern a donc dû sortir 13,5 millions pour s'attacher les services de Boateng. PAR STÉPHANE VANDE VELDE" La blessure de Ballack fut à l'origine d'une brouille familliale : Jérôme jugea que le tackle de son frère méritait la rouge. "