Anderlecht n'a pas su profiter du faux-pas du Standard face à Zulte Waregem (1-2) pour reprendre la tête du championnat. Au contraire, suite au nul concédé devant le Cercle Bruges, il a même rétrogradé d'une place pour se situer aujourd'hui au troisième rang de la hiérarchie, derrière les Rouches et le Club. Une position qui ne cadre pas, loin s'en faut, avec ses aspirations et qui, à l'heure actuelle, le priverait même d'un accès à la sacro-sainte Ligue des Champions.
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Anderlecht n'a pas su profiter du faux-pas du Standard face à Zulte Waregem (1-2) pour reprendre la tête du championnat. Au contraire, suite au nul concédé devant le Cercle Bruges, il a même rétrogradé d'une place pour se situer aujourd'hui au troisième rang de la hiérarchie, derrière les Rouches et le Club. Une position qui ne cadre pas, loin s'en faut, avec ses aspirations et qui, à l'heure actuelle, le priverait même d'un accès à la sacro-sainte Ligue des Champions. Auteurs d'un excellent stage à La Manga, prolongé en Belgique par deux prestations autoritaires sur le terrain de Westerlo d'abord, puis contre le Borussia Mönchengladbach, les Mauves ont à nouveau cafouillé leur football comme pas permis devant les troupes du coach Harm Van Veldhoven, pourtant longtemps malmenées au cours du premier tour de la compétition. Si, aux points, le Sporting aurait assurément mérité la victoire, au vu du nombre de situations chaudes qu'il s'est créées devant le but de Francky Vandendriessche, force est de reconnaître que la méthode et les hommes utilisés pour l'appliquer, auront à nouveau fait froncer pas mal de sourcils au Parc Astrid. Même dans les hautes sphères du club. Si on peut comprendre que Frankie Vercauteren n'ait pas voulu déroger à la défense qui lui a valu pas mal de satisfactions ces dernières semaines, il est quand même permis de se poser des questions sur l'utilité de maintenir quatre hommes derrière face à une opposition qui ne tablait que sur le seul Stijn De Smet en pointe. N'aurait-il pas mieux valu, dans ces conditions, faire coulisser quelqu'un dans le milieu afin de contrecarrer un entrejeu brugeois en supériorité numérique où Harald Meyssen, impérial, joua dans un fauteuil d'un bout à l'autre de la rencontre ? Toujours à propos de la ligne médiane, il y avait lieu de s'étonner aussi de l'absence conjuguée de deux hommes en plein renouveau depuis quelques semaines : Marius Mitu et Goran Lovre. A défaut d'en faire des titulaires à part entière, un peu de temps de jeu face aux Vert et Noir n'aurait probablement pas constitué un luxe superflu. Tous deux restèrent toutefois punis sur le banc pendant 90 minutes. Comprenne qui pourra. Aux avant-postes, enfin, l'entraîneur du RSCA avait une nouvelle fois surpris tout son monde en n'alignant pas d'entrée de jeu Grégory Pujol, pourtant l'homme en forme avec trois réalisations au total lors des deux joutes amicales disputées en Belgique avant la reprise. En lieu et place, c'est Nicolas Frutos qui fut lancé dans la bataille. Un garçon qui ne s'était entraîné convenablement, pour la première fois, que le jeudi précédant la rencontre. Non pas que l'Argentin ait démérité. S'il chercha ses marques durant la première mi-temps, le transfuge d'Independiente fut nettement plus saignant après la pause. Il termina même sur les chapeaux de roues après l'introduction au jeu de Grégory Pujol au cours du dernier quart d'heure. C'est d'ailleurs sur une déviation du Français que le Sud-Américain arracha le but de l'égalisation. Un assist qui, dans le chef de l'ancien Nantais, n'atténuait cependant guère sa déception de ne pas avoir entamé les débats. Grégory Pujol : Je pensais avoir marqué à la fois des buts et des points ces dernières semaines, histoire de prouver que je méritais une place dans le onze de base. Il m'a fallu déchanter, malheureusement. J'ose espérer toutefois que ma bonne entente avec Nico, lors des ultimes péripéties de la partie, incitera l'entraîneur à reconduire notre association. De toute façon, ce n'est pas le moment de lâcher prise pour moi. Par rapport au début de saison, où j'étais loin de l'équipe-type, je me suis sensiblement rapproché d'une place de titulaire. A présent que je touche au but, je ne vais pas laisser la situation s'en aller à vau-l'eau. Je veux percer ici comme je l'ai fait autrefois à Nantes. J'ai vu le jour dans la capitale française à l'époque où mon père y vaquait à l'occupation de sapeur-pompier. Par la suite, la famille s'est installée en Franche-Comté. C'est à l'occasion d'un rassemblement interdistricts que j'ai été repéré par un scout des Canaris, Guy Hillion. D'autres clubs étaient également intéressés par mes services, comme le FC Sochaux ou le FC Metz. Mais mes préférences allaient au club de Loire-Atlantique. J'ai toujours eu un faible pour leur ancien artificier, Patrice Loko. A mes yeux, c'était lui le modèle à suivre. D'autre part, le style nantais, à savoir un jeu direct, en déviations, n'a jamais été pour me déplaire. Les raisons ne manquaient donc pas pour que j'emprunte le chemin de la Beaujoire. Ou plutôt de son centre de formation, puisque j'ai rallié les Jaune et Vert peu avant mon 17e anniversaire, au mois de décembre 1996. Exact, car la plupart des pensionnaires aboutissent généralement là-bas en tout début d'adolescence. Personnellement, j'ai donc pris le train en marche. J'étais de la même génération que Marama Vahirua, actuel coéquipier de Roberto Bisconti à l'OGC Nice, et quelques mois à peine me séparaient de Mickaël Landreau. Par rapport à ces garçons, présents sur place depuis leur plus jeune âge, j'avais un retard certain à résorber. C'est pourquoi, à l'heure où ces garçons comptaient déjà deux Coupes de France à leur actif, en 1999 et 2000, ou encore un titre de Champion, en 2001, moi je faisais toujours partie des coming men. Et contrairement à ces garçons, liés déjà par des baux de longue durée, ma propre situation était reconsidérée chaque année. Quand je rempilais, c'était pour une saison, jamais davantage. Il en est allé ainsi jusqu'en 2002, moment où pour la toute première fois, j'ai paraphé un contrat de longue durée, puisqu'il venait à terme en 2006. Dans l'intervalle, il a d'ailleurs été prolongé pour deux années de plus. Beaucoup de bien. En premier lieu un écolage fantastique sous la houlette de Raynald Denoueix, celui-là même qui allait faire fureur quelques années plus tard à la Real Sociedad San Sebastian. Par la suite, je me suis affirmé en Première sous la coupe de l'entraîneur Angel Marcos. Au total, j'ai disputé 70 rencontres en Ligue 1, agrémentées de 11 buts. Parmi les souvenirs mémorables, j'épinglerai mes premiers pas en Ligue des Champions 2001-2002. Je n'étais pas encore professionnel à l'époque, mais en raison d'une kyrielle de blessés, j'avais pu faire mes débuts sur la plus haute scène européenne à Galatasaray. Au terme de la première phase des matches de poule, nous avions terminé en tête devant le club stambouliote, le PSV Eindhoven et la Lazio Rome. Par la suite, nous étions rentrés dans le rang puisque nous avions fermé la marche derrière Manchester United, le Bayern Munich et Boavista Porto. Mais quel parcours quand même (il rit) ! Pour les besoins du déplacement au Betis Séville, le staff technique n'avait pas vraiment l'embarras du choix puisque, pour toutes sortes de raisons, la ligne d'attaque habituelle était complètement décimée. Du coup, Oleg Iachtchouk et moi avions été repêchés. Si chacun savait exactement à quoi s'en tenir avec lui, entendu qu'il est Sportingman de longue date, moi j'avais le sentiment de passer dans ces mêmes circonstances mon grand examen. Jusqu'alors, j'avais dû me contenter de bribes de rencontres. Mon premier match complet sous la vareuse anderlechtoise s'est heureusement soldé, quoique je le dise moi-même, par une bonne prestation d'ensemble, ponctuée de surcroît par la seule victoire du Sporting dans cette Ligue des Champions 2005-2006. Mon seul réel regret, par référence à cette partie, est de ne pas avoir pu exploiter une bonne balle de 0-2 sur un service de Tchouki en fin de rencontre. C'eût été la cerise sur le gâteau. C'est vrai. Mine de rien, j'ai joué gros jeu là-bas. En cas de nouveau revers de l'équipe, assorti d'une mauvaise sortie de ma part, j'aurais sans doute été renvoyé à l'expéditeur. En lieu et place, j'ai bel et bien obtenu un sursis puisqu'il n'a plus été question d'un départ en ce qui me concerne. J'ai cru comprendre que la direction allait prendre une décision à mon propos fin février. D'ici là, je vais tout simplement tenter de faire le maximum pour obtenir un rabiot. Ce que j'ai montré ces derniers temps sur le terrain me conforte dans l'idée que je suis à ma place au Sporting. Il m'incombe de confirmer à présent. Bonne question. Que je me suis posée quelquefois aussi depuis mon arrivée, au terme de la période des transferts d'été. Au départ, il est évidemment normal de ne pas faire d'emblée partie des priorités. Il faut composer avec l'intégration dans un tout nouvel environnement, l'assimilation d'un autre style de jeu... Sans compter que j'avais été longtemps blessé la saison dernière et que je devais également retrouver le bon rythme. Après quelques semaines, toutefois, j'avais le net sentiment de tout avoir digéré. Mais il aura chaque fois manqué la récompense suprême, à savoir l'incorporation chez les A dans l'optique d'un match au plus haut niveau. Je n'étais cependant pas le seul à être rongé par le doute. D'autres étaient aussi décontenancés que moi. Je songe à Marius Mitu, par exemple, qui témoignait lui aussi de belles dispositions sur un terrain. Face à ces interrogations, l'entraîneur m'exhortait toujours à la patience. Celle-ci a toujours été une vertu chez moi. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle a été mise à très rude épreuve à Anderlecht. Honnêtement, oui. Si l'équipe s'était montrée irrésistible tout au long des matches aller, sans mon concours, j'aurais compris que le coach ne ressente nullement le besoin de la modifier. Mais plus d'une fois, elle a été la cible de critiques. Non seulement en raison de ses mièvres résultats en Ligue des Champions mais aussi du grand décalage entre son niveau à domicile et à l'extérieur. En déplacement, l'incapacité de conserver à bon escient le ballon aux avant-postes a souvent été pointée du doigt. A juste titre, selon moi. Or, cette faculté-là constitue justement l'une de mes principales qualités, comme on a pu s'en rendre compte face au Betis Séville ou encore lors des joutes amicales contre Westerlo ainsi que Mönchengladbach. Je ne cache pas que j'aurais aimé faire montre de ces dispositions-là plus tôt. Il m'est arrivé d'y jouer seul en pointe mais, le plus souvent, j'ai quand même été associé à un autre compère au sein de la ligne d'attaque. Evoluer en 4-5-1 ou en 4-4-2 ne change finalement pas grand-chose. Ces chiffres sont théoriques. Le plus important, en vérité, c'est l'animation du système et le rôle qui y est dévolu à chacun. Personnellement, j'ai été le plus fréquemment utilisé en tant que créateur d'espaces. Selon que j'évoluais au poste le plus avancé ou en retrait de l'homme de pointe, j'ai toujours été amené à ouvrir des brèches afin que l'un ou l'autre de mes partenaires puissent s'y engouffrer. L'ancien coach du FC Nantes, Loïc Amisse, se plaisait régulièrement à dire que j'avais l'art de faire jouer les autres et d'offrir la dernière passe. Je pense qu'il m'a parfaitement typé. Car si je n'ai marqué qu'un maigre total de 11 buts en Ligue 1 française, je compte près du triple de passes décisives. Depuis mon plus jeune âge, je me suis toujours dépensé corps et âme pour le collectif. Au FC Nantes, je figurais d'ailleurs toujours parmi ceux qui couvraient le plus de distances au cours d'un match : en moyenne entre 13 et 14 km. Je n'en ai pas l'impression, car nous présentons des profils différents malgré tout. L'Argentin fait surtout office de point d'ancrage. Il se positionne à un endroit bien précis, devant, puis suscite le mouvement autour de lui. Personnellement, j'ai plutôt tendance à bouger énormément. Face au Cercle Bruges, nous avons prouvé que nous étions parfaitement aptes à fonctionner ensemble. Je n'en veux pour preuve que le second but que nous avons su confectionner ensemble. Avec Nico en place avancée et moi gravitant autour de lui, il y a moyen d'obtenir une paire complémentaire en pointe. Reste à convaincre l'entraîneur du bien-fondé de cette option. Car quand tous les avants seront opérationnels, il va de soi qu'il aura l'embarras du choix. C'était déjà le cas en début de saison quand Christian Wilhelmsson et Akin Serhat avaient tour à tour dû faire banquette. Or, ils ne sont tout de même pas les premiers venus. Suite aux arrivées, en 2005, du Marseillais Habib Bamogo et du Malien Mamadou Diallo, je me rendais compte de toute façon que je n'allais pas avoir les faveurs du coach, Serge Le Dizet. De plus, j'ai été franchement écoeuré par une frange du public de la Beaujoire en tout début de saison. Alors que j'effectuais ma rentrée après des mois de galère, il m'a conspué comme jamais contre le FC Metz. D'accord, je n'avais pas été fracassant en cette circonstance précise. Mais de là à adopter pareille attitude face à un garçon formé dans le sérail, il y avait une marge. Dès cet instant, je me suis fait la réflexion que j'irais tenter ma chance ailleurs. Il y avait des touches en France mais les responsables nantais ne voulaient pas me céder à la concurrence. J'ai cru, à un moment, que ma situation serait irrémédiablement bloquée, quand Anderlecht s'est manifesté in extremis. Chez les Canaris, tout le monde m'a encouragé à effectuer le pas, car le Sporting et Frankie Vercauteren ont toujours une cote appréciable là-bas. Non, pas du tout. Même si, à l'évidence, j'aurais espéré davantage lors du premier tour. Les événements récents m'incitent cependant à croire que je suis enfin dans le bon et que j'aurai l'occasion de démontrer ma valeur au cours des semaines à venir. Ces acclamations m'ont fait chaud au c£ur, je ne le cache pas. Quel contraste avec ma sortie à Nantes ! Dans l'ensemble, en matière d'accueil, je n'ai pas à me plaindre depuis mon arrivée à Bruxelles. En réalité, mes seuls véritables déboires, je les ai connus avec une certaine presse. Allez savoir pourquoi mais Fabrice Ehret et moi avons été taillés par quelques-uns de vos confrères, qui visaient davantage les hommes que les joueurs. Comment aurait-il pu en aller autrement, d'ailleurs, puisque Fab et moi n'avions pas encore eu la chance de nous illustrer à cette époque. Il n'empêche, pour ces gens-là, les Français d'Anderlecht étaient mauvais. Des propos durs à encaisser quand on n'a pas l'opportunité de se défendre. Dans un même créneau, je déplore aussi, un peu, d'avoir dû prendre connaissance de la plupart des commentaires à mon propos par voie de presse. En haut lieu, jamais on ne m'a formulé le moindre grief. Mais c'est le passé. Seul m'importe l'avenir à présent. Et j'espère bien qu'il me sourira. Indépendamment de beaucoup de temps de jeu, je mentionnerai avant tout le titre, entendu que le football se conjugue au pluriel. Etre sacré champion, tout en étant lié de près à l'événement, me plairait, car je ne faisais pas encore partie du groupe pro au FC Nantes au moment où celui-ci recueillit ses derniers grands succès. Pour moi, ce serait là la plus belle de toutes les histoires belges (il rit). BRUNO GOVERS