Il y a le sourire et la politesse qui campent bien un personnage attachant. Il reste aussi la douleur d'un échec que l'Américain tente de dissimuler sous le silence mais qui est visible comme le chapeau de la Reine Elisabeth. " It's not enough for our competition ", a dit un jour Peter Beardsley, légende de la PremierLeague, qui s'occupe des jeunes de Newcastle. " Oguchi Onyewu détient des atouts mais son placement défensif laisse à désirer. Il n'est pas spécialement rapide non plus ".
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Il y a le sourire et la politesse qui campent bien un personnage attachant. Il reste aussi la douleur d'un échec que l'Américain tente de dissimuler sous le silence mais qui est visible comme le chapeau de la Reine Elisabeth. " It's not enough for our competition ", a dit un jour Peter Beardsley, légende de la PremierLeague, qui s'occupe des jeunes de Newcastle. " Oguchi Onyewu détient des atouts mais son placement défensif laisse à désirer. Il n'est pas spécialement rapide non plus ". Son aventure au pays de la Newky Brown fait un peu penser à un grand film. Dans le Patient anglais, la Deuxième Guerre mondiale touche à sa fin. Une infirmière se retire dans un monastère en Toscane. Elle emmène un malade amnésique défiguré au cours d'un accident d'avion. Là, un homme qui prétend connaître l'identité du mystérieux patient anglais l'incite à retrouver son passé. C'est l'histoire dramatique d'un amour impossible et d'une terrible destinée... Onyewu s'est écrasé sur la piste d'atterrissage de Newcastle. Il devra redécoller à Sclessin Airport. En piste... Oguchi Onyewu : Je me suis promis de ne plus en parler. Pour moi, quelque part, c'est déjà le passé et je ne veux plus l'évoquer. Cela ne sert à rien. Je dois regarder vers l'avenir. La page est tournée... Newcastle, c'est derrière moi, ce problème ne me concerne plus. Non, il ne faut pas essayer, même indirectement, je n'ai pas envie de parler de Newcastle pour le moment. Bien sûr. Oui, j'en suis tout à fait persuadé. Il n'y a pas eu erreur de casting. J'ai vu et vérifié ce que je savais déjà : le football anglais me convient. Je me suis adapté et c'était excitant. Newcastle n'a pas levé l'option et c'est son choix. Moi, j'ai retenu des choses précises. J'ai été marqué par pas mal d'éléments en Premier League : la vitesse, l'intensité, la passion, la débauche d'efforts et les entraînements verylight, ce qui me convenait. J'y ai croisé des joueurs remarquables. Non, non, je n'ai pas commis d'erreur en tentant cette aventure en Angleterre. Pas du tout, je me sens bien dans ma tête, je sais où je vais et je n'ai pas besoin d'un psy, rassurez-vous... Non, pas du tout. Même si j'attendais une conclusion différente, j'ai pris du plaisir et ce fut une expérience qui me sera utile pour la suite de ma carrière. Difficile à dire car il y en a beaucoup, évidemment. Si je dois en citer un, ce sera mon ancien équipier, Obafemi Martins. Il ne se distingue pas par une haute taille mais il joue comme un grand avec sa vitesse, sa technique, sa résistance, son réalisme à la conclusion : c'est un attaquant d'exception. Je n'ai hélas pas joué à Chelsea, Liverpool ou Manchester United. Newcastle est connu pour son ambiance mais Sclessin n'a rien à envier à ce que j'ai vu et vécu là-bas ou à Fulham par exemple. Il y a une atmosphère mais celle du Standard est particulière. Il y a des fous de leurs couleurs à Sclessin. Il y a quelque chose d'indéfinissable qui règne au Standard, je n'ai pas perçu cela en Angleterre. Je ne trouve pas les mots. C'est beau, il y a du bruit mais pas comme au Standard. Je ne crois pas. C'est ce qu'on dit mais la réalité peut parfois être très différente. Je n'ai jamais déploré la moindre attitude négative à mon égard mais je connais des équipiers qui ont souffert. Ils étaient hués par tout le stade à chaque touche de balle et ne comprenaient pas ce qui leur arrivait. Pour eux, chaque match était un véritable chemin de croix. Moi, je ne pourrais pas subir ça, c'est certain. Je ne sais pas et cela ne me préoccupe pas pour le moment. Peut-être, je redécouvre, je dois retrouver mes marques. Il sait plus de choses que moi. Je dis la même chose que pour la direction : elle sait plus de choses que moi. Non, pourquoi ? Je savais que c'était dans l'ordre des possibilités. J'avais prolongé mon contrat au Standard avant d'être prêté à Newcastle. Si ne club ne levait pas l'option, il était logique que je revienne en Belgique. Je respecterai évidemment l'accord qui me lie au Standard. Jusqu'au moment où une offre conviendra tout autant à mon club qu'à moi-même. J'ajouterai que je ne suis pas revenu contre mon goût. Je resterai jusqu'au moment où je partirai. Personne ne le sait et c'est le cas, je crois, de la plupart des joueurs. Tout peut changer très vite dans tous les sens. Il faut vivre avec ce critère et travailler sans cesse comme un vrai pro. Je sais, même si je n'ai visiblement pas convaincu la direction de Newcastle, qu'il y aura d'autres offres pour moi. Je peux jouer à un niveau plus élevé qu'en D1 belge. Je n'en ai jamais fait un secret : le Standard est un tremplin pour moi. C'était le cas avant mon premier départ et il en ira encore ainsi à l'avenir. Si mon deuxième séjour au Standard se prolonge, ce sera bien aussi. Il ne serait peut-être pas inutile que j'attende un peu avant de repartir, histoire, si vous voulez, de reculer un peu avant de mieux sauter. Non, le Real n'est plus à l'ordre du jour et l'avenir nous apprendra si ce genre de débat sera encore d'actualité. Oui, c'est en effet du pur marketing mais j'espère que cela aidera le football aux Etats-Unis. Oh là, qui dit cela ? Il y a pas mal de joueurs américains qui sont issus de ce championnat et qui se sont imposés dans des grands clubs européens. Le championnat américain vaut la D1 belge. Il était important pour nous d'empocher la Gold Cup. C'est intéressant pour nous sur le plan international. Après, je n'ai pas pris part à la CopaAmerica. Cette décision a été prise en plein accord avec le coach. Elle a concerné plusieurs joueurs, quasiment la moitié de l'équipe nationale américaine. Il était impossible d'enchaîner la Gold Cup, la CopaAmerica et la reprise des entraînements dans leurs différents clubs en Europe où certains devaient même régler leur transfert. C'est vrai... Je ne reviens plus sur l'incident avec Johan Bokamp. Tout le monde sait ce qui s'est passé et c'est dans le rétro. Je ne regarde jamais derrière moi. Oui, c'est le capitaine. Ecoutez, je n'étais pas là quand le choix a été fait mais il est évident que Steven Dufour a le profil de l'emploi. Le brassard revient toujours à un bon joueur. Steven répond à ce critère avec son talent. Il n'y a pas d'âge indiqué pour cela. Il est capitaine parce que c'est l'homme indiqué. Dans un groupe, on ne joue pas pour soi-même. Je serai aussi là pour les autres. Quand j'étais à Newcastle, je suis resté en contact avec le Standard. J'ai régulièrement téléphoné à Mohammed Sarr. J'ai été très déçu en apprenant que nous n'avions pas gagné la finale de la Coupe de Belgique. Pas beaucoup mais je ne fais plus de power training. Ma masse musculaire est assez développée et je travaille désormais beaucoup plus la souplesse et l'explosivité. J'entends continuer dans cette voie car ce sont un peu mes points faibles. Très bien, sans problème. C'est de toute évidence un bon groupe qui travaille dans la sérénité. L'ambiance est excellente et j'ai évidemment découvert l'Académie Robert Louis-Dreyfus. L'outil est formidable et comparable à ce qui se fait dans les plus grands clubs. Magnifique vraiment et c'est une preuve de plus que ce club est poussé par le désir de grandir. Je suis impressionné et je suis heureux d'être ici car ce noyau a les moyens de réaliser quelque chose de beau cette saison. J'ai pris un petit coup de vieux quand même. J'ai retrouvé des amis mais il y a eu des départs : Sergio Conceiçao, Eric Deflandre, Karel Geraerts, Milan Rapaic, etc. Ce n'est pas rien mais les jeunes, et pas qu'eux, sont animés par une immense envie. Il y a de la qualité et du caractère. Je suis très motivé comme je le suis toujours sur un terrain. Je veux toujours progresser et on peut le faire en Belgique. Je l'ai déjà prouvé. La mentalité est différente par rapport à l'Angleterre. Là, les joueurs se blessent encore plus à l'entraînement qu'en championnat. par pierre bilic - photos : reporters