LouisvanGaal est critiqué pour le jeu de son équipe. Ou plutôt son manque de jeu. Trop de baballe, pas assez de " flashball " comme du temps de SirAlex. Louis s'en fout, il a réponse à tout. Mais quand on a le sang rouge de United dans les veines, on veut du spectacle pour l'oxygéner. Des bulles de foot champagne qui vont s'éclater jusqu'au cerveau pour rendre chaque vie encore plus belle.
...

LouisvanGaal est critiqué pour le jeu de son équipe. Ou plutôt son manque de jeu. Trop de baballe, pas assez de " flashball " comme du temps de SirAlex. Louis s'en fout, il a réponse à tout. Mais quand on a le sang rouge de United dans les veines, on veut du spectacle pour l'oxygéner. Des bulles de foot champagne qui vont s'éclater jusqu'au cerveau pour rendre chaque vie encore plus belle. Manchester United est un grand club, celui qui compte le plus de supporters dans le monde. Pour lui, gagner n'est pas suffisant. Il faut aussi séduire. Assumer ses responsabilités. PaulScholes l'a fait en déclarant qu'il n'aurait vraiment pas aimé jouer dans l'équipe actuelle. Trop défensive. Louis est passé direct à l'offensive... verbale. " Quand on fait partie de la famille, on règle ses comptes en... famille ". Louis est crédible quand il parle de family. Il n'hésite pas à la faire grandir. Il ose lancer les jeunes. Depuis qu'il est arrivé, neuf gamins formés au club ont débuté en Premier League. Audacieux, car ces jeunes n'ont rien à voir avec la génération 1992. Les Beckham, Giggs, Butt, Scholes et les Neville Brothers. Un tel nid de talents, ça n'éclot qu'une fois par siècle. En un siècle, les réunions de crise ont été rares à OldTrafford. Une vient d'avoir lieu. En toute discrétion. Dieu y a même été convié. Sir Alex se devait d'être là. La cause ? Dans les sélections anglaises des U16 aux U21, il y a 126 joueurs. Seuls deux jouent pour United. C'est moins que Fulham ou encore Brighton. Mais, le plus grave, c'est que le voisin est en train de soigner son 21e siècle. Leurs équipes de jeunes humilient celle de United. Chez les milliardaires, où l'argent peut tout acheter, on fait aussi des placements à risque. Il est plus que temps. Beaucoup de stars de l'équipe première y arrivent en fin de course. Trop de joueurs frôlent ou dépassent la trentaine. Contre Liverpool, ils étaient sept. Ça s'est vu. Le jeu proposé par JürgenKlopp est un véritable révélateur de l'âge de ses adversaires. Sagna, Demichelis, YayaTouré, tous baladés par l'explosivité des Reds. Le pauvre Demichelis fêtait sa deuxième titularisation. Les deux fois, quatre buts encaissés. Huit sur les 13 depuis le début de la saison. Pas une coïncidence. L'évidence, c'est que le Boss de cette défense, c'est VincentKompany. Lui aussi frôle la trentaine mais lui, ça ne se voit pas. Sans Kompany, City est un voilier sans mât. Malmené par les flots incessants des pirates d'en face. Avec lui, c'est trois buts encaissés en 11 matchs, sans lui 17 en huit. Pas une coïncidence non plus. Heureusement, le club n'a pas que des pétrodollars, il a aussi des idées. Et donc un oeil grand ouvert sur l'avenir. Les résultats ne se font voir que discrètement pour le moment. Sous le crachin de Manchester, sur des pelouses modestes mais fertiles. Le mois dernier, c'était derby dans toutes les catégories. Résultats ? Les BabyCitizens ont laminé les BabyUnited. Les U14 en ont mis 9, les U16 ont continué leur moyenne de six buts inscrits par match. Les U13 et U10 ont confirmé leurs titres de champions d'Angleterre. City possède dans son Academy 26 internationaux âgés entre 16 et 19 ans. 14 jouent pour l'Angleterre. Et le plus beau de tout, c'est que 66 % de ces jeunes viennent de Manchester et sa banlieue. Razzia sur la ville. Il était temps car depuis 1937, Man United a disputé 3758 matchs avec au moins un jeune issu de son académie. Chez les Citizens, cela fait 10 ans que le dernier enfant des Blues a eu un statut de titulaire. C'était MicahRichards. Mais la révolution est en marche et le plus insupportable pour Sir Alex et les autres, c'est que des anciens RedDevils tels RobinvanPersie, DarrenFletcher, Phil Neville ou encore AndyCole ont affilié leur fils à Manchester City. Pour le sportif mais aussi l'éducatif. Le club paie les études de ses " Académiciens " et ce, dans la meilleure école de Manchester. Le sens de la famille, c'est aussi vouloir le meilleur pour ses enfants... PAR FRÉDÉRIC WASEIGE