F ünf ? Sechs ? Sieben ? Acht ? Une question essentielle dans le count-down de l'entrée en matière des Allemands, contre le Portugal. Combien de joueurs du Bayern Joachim Löw va-t-il titulariser ? Les prédictions balancent entre cinq et huit - le maximum possible. Finalement, il y en a sept sur la pelouse. Dans son traditionnel 4-2-3-1, la Mannschaft confie cinq des sept postes défensifs (gardien compris) à des gars de la Bavière. Manuel Neuer dans le but. JérômeBoateng, Holger Badstuber et Philipp Lahm en défense. BastianSchweinsteiger est un des deux médians récupérateurs. Thomas Müller est médian droit et Mario Gomez joue en pointe. Il ne reste que des miettes pour les autres clubs représentés dans le groupe des 23. Mats Hummels (Dortmund, ex-Munich...) joue en défense centrale. Sami Khedira (l'autre milieu défensif) et Mesut Özil (devant lui) sont étiquetés Real. Et la dernière place, sur la gauche de l'entrejeu, est pour Lukas Podolski (Cologne, ex-Bayern...).
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F ünf ? Sechs ? Sieben ? Acht ? Une question essentielle dans le count-down de l'entrée en matière des Allemands, contre le Portugal. Combien de joueurs du Bayern Joachim Löw va-t-il titulariser ? Les prédictions balancent entre cinq et huit - le maximum possible. Finalement, il y en a sept sur la pelouse. Dans son traditionnel 4-2-3-1, la Mannschaft confie cinq des sept postes défensifs (gardien compris) à des gars de la Bavière. Manuel Neuer dans le but. JérômeBoateng, Holger Badstuber et Philipp Lahm en défense. BastianSchweinsteiger est un des deux médians récupérateurs. Thomas Müller est médian droit et Mario Gomez joue en pointe. Il ne reste que des miettes pour les autres clubs représentés dans le groupe des 23. Mats Hummels (Dortmund, ex-Munich...) joue en défense centrale. Sami Khedira (l'autre milieu défensif) et Mesut Özil (devant lui) sont étiquetés Real. Et la dernière place, sur la gauche de l'entrejeu, est pour Lukas Podolski (Cologne, ex-Bayern...). La victoire est laborieuse mais elle est au bout du chemin. Le Portugal méritait mieux. Dans le clan allemand, on s'en moque, on rappelle qu'un premier match est toujours spécial et que le vainqueur d'un EURO ou d'une Coupe du Monde est rarement un pays qui a impressionné dès son entrée en lice. Löw : " Quand tu commences, tu ne sais jamais dans quelle direction ça va aller. Un Championnat d'Europe, c'est comme un GP de Formule 1 : tu n'as pas intérêt à rater ton départ. Les joueurs des deux équipes étaient très tendus, surtout après la victoire du Danemark contre les Pays-Bas. On savait qu'en cas de défaite, on serait menacé d'élimination dès la deuxième rencontre. "Retour en 2006, à l'approche de la Coupe du Monde en Allemagne. Uli Hoeness, manager du Bayern, lance le terme FC Bayern Deutschland. Il dit qu'il serait fou de joie si la sélection remportait le tournoi avec une majorité de joueurs de son club sur la pelouse. C'est l'échec. L'Allemagne n'est pas championne du monde et le Bayern n'a pas été hyper-représenté dans le onze de Jürgen Klinsmann. Il a dû se contenter de Schweinsteiger et Lahm comme titulaires réguliers. Mais le rêve de Hoeness pourrait se réaliser six ans plus tard. Tous les sélectionnés bavarois sont des cracks en puissance, ils n'ont pas le profil de réservistes. A ceux qui ont joué le week-end dernier, il faut encore ajouter Toni Kroos, très proche d'une place dans l'équipe. Au total, les joueurs du Bayern représentent plus de 300 matches et plus de 60 buts avec l'équipe nationale. Mais quel club a dominé le foot allemand en 2011-2012 ? Euh... Le Borussia Dortmund, auteur du doublé Coupe-championnat ! Joachim Löw est régulièrement confronté à ce paradoxe, on lui demande de s'expliquer. Il assume. Il pointe les différences de jeu entre le Bayern et le Borussia. A Munich, on met l'accent sur la possession de ballon. A Dortmund, on passe plutôt son temps à courir et à presser. " Si je pouvais combiner les deux styles, ça m'arrangerait parce que ça pourrait donner un système très efficace ", dit Löw. " Mais c'est très compliqué de réussir ce mélange. " L'expérience des grands rendez-vous est une autre partie de son raisonnement : " Des joueurs comme Lahm, Schweinsteiger et Müller sont habitués à jouer des affiches de Ligue des Champions et ils connaissent l'ambiance particulière des Championnats d'Europe et des Coupes du Monde. Du côté de Dortmund, Mario Götze, Marcel Schmelzer et YlkayGündogan n'ont quand même pas le même parcours. Il leur reste pas mal de choses à apprendre. Avec tout mon respect, l'EURO est d'un autre niveau que des matches contre Hoffenheim ou Nuremberg. Ici, on affronte des équipes du top 10 mondial. " A prendre en compte aussi : le fait de pouvoir aligner de nombreux joueurs d'un même club peut être un gros avantage. Le coach pointe que la présence massive d'internationaux de Barcelone et du Real Madrid a bien contribué à mener l'Espagne vers ses succès à l'EURO 2008 et à la dernière Coupe du Monde. Les deux pays ont un gros avantage par rapport à des nations comme les Pays-Bas ou le Portugal. Comme la Bundesliga et la Liga sont des championnats très forts, presque tous les meilleurs joueurs ne voient pas l'utilité de s'exiler et ils jouent forcément pour les clubs de pointe, qui fournissent ainsi une bonne partie de la sélection. Alors que les internationaux hollandais et portugais sont disséminés dans plusieurs compétitions. Il y avait le risque que les joueurs du Bayern soient grillés, surtout dans les têtes, après être passé de justesse près de trois trophées en quelques jours : championnat, Coupe d'Allemagne et Ligue des Champions. La veille du clash contre Chelsea, Löw avait dit que le résultat influencerait probablement ses choix : " Il leur faudrait du temps pour oublier un troisième échec consécutif. " Entre ce match et l'arrivée au camp de base polonais, il a corrigé le tir : " Ce sont des grands garçons, il vont vite se reprendre. Ils ne vont pas se mettre subitement à douter de leurs qualités. "L'Allemagne n'a donc pas été sémillante face aux Portugais, on n'a pas revu l'équipe virevoltante de la Coupe du Monde. Le coach est d'accord avec l'analyse faite par la presse allemande sur place : les points d'abord, le panache ensuite. Il confirme qu'il veut continuer à faire de la Mannschaft " une belle équipe ", loin du cliché d'hier quand cette sélection était habituée à proposer un foot régulièrement gagnant, mais besogneux. La victoire à tout prix via un jeu tout en puissance, il ne veut pas en entendre parler. Dès les prochains matches, le coach -qui a eu comme modèles Arrigo Sacchi pour sa conception du pressing offensif et Arsène Wenger pour sa faculté à transformer des gamins en stars - espère retrouver une formation séduisante comme celle qui a crevé les plafonds lors des éliminatoires (30 points sur 30, un average de 34-7). " Aujourd'hui, on ne peut plus gagner un tournoi simplement sur une bonne base défensive et quelques individualités, parce que le football a évolué. Il est plus offensif, plus rapide. Désormais, il faut pouvoir dominer son sujet. Il ne suffit plus d'être en réaction. L'Italie l'a fait à la Coupe du Monde 2006 mais je crois que ce concept est dépassé. L'esprit de destruction de la Grèce à l'EURO 2004 me semble aussi révolu. Moi, ma phrase-clé, c'est : à fond pour le risque. Seules les équipes prônant le beau jeu peuvent s'imposer durablement. A une époque, l'Allemagne était supérieure aux autres dans le domaine de l'engagement. Aujourd'hui, c'est quelque chose que tout le monde maîtrise, même les plus petits pays. Il faut donc penser technique et vitesse. Mal jouer et gagner, ça va une fois, deux fois, mais ça ne dure jamais. Après un match, j'aime pouvoir dire que mon équipe a été la meilleure. Nous sommes fiers quand nous battons le Brésil, les Pays-Bas, l'Angleterre ou l'Argentine et que nous avons mieux joué qu'eux. Pour moi, il n'a jamais été question de balancer devant en attendant un but qui tomberait du ciel. Les titres, c'est beau, tout le monde veut en gagner, mais il faut laisser la trace du jeu, susciter des émotions positives. " " Depuis que j'ai repris la sélection en 2006, je n'ai jamais disposé d'autant de talent qu'aujourd'hui ", avoue Löw. Ça promet pour les prochaines années car l'Allemagne a la moyenne d'âge la plus basse du tournoi (à peine 25 ans) et n'avait plus eu un groupe aussi jeune depuis les années 30. L'esprit de jeunesse est entretenu par le coach. Pour lui, l'expérience passe au second plan : " Le foot actuel va tellement vite que dans certains cas, je préfère des jeunes qui manquent de vécu mais sont très rapides à des vieux qui ne sont plus capables de tenir le rythme. L'expérience ne fait plus le poids par rapport aux qualités physiques. "Au contraire de l'Allemagne, l'Espagne (contre l'Italie) n'a pas réussi à faire le plein lors de son premier match. Si les deux pays se rencontrent, ce ne sera pas avant les demi-finales. Il y a un sérieux goût de revanche dans la Mannschaft, battue par la Roja en finale de l'EURO 2008 puis éliminée par la même équipe en demi-finales du Mondial 2010. Depuis 2008, les Espagnols n'ont pas progressé de façon aussi spectaculaire que les Allemands, malgré leur titre mondial tiré par les cheveux à certains moments. Il n'aurait pas été scandaleux que l'Allemagne s'impose en Afrique du Sud. " C'était déjà plus équilibré en 2010 que deux ans plus tôt ", dit Schweinsteiger. " Nous aurons de très bonnes chances si nous les affrontons ici. " Löw : " Il faudrait aborder ce match avec nos armes : élaborer des solutions dans le jeu, faire un gros pressing, avoir un maximum de possession de ballon et pratiquer un foot rapide. Si tu ne fais pas ça, et si les Espagnols ne passent pas à côté de leur match, tu es battu d'avance. "PAR PIERRE DANVOYE, EN UKRAINE - PHOTOS: IMAGEGLOBE Une moyenne d'âge très basse : " l'expérience ne fait plus le poids par rapport aux qualités physiques. " Contre le Portugal, cinq des sept postes défensifs étaient occupés par des joueurs du Bayern.