"A cause de l'ordre alphabétique... ", c'est par cette boutade que Raymond Domenech a expliqué pourquoi Aly Cissokho a devancé son alter ego bordelais Benoît Trémoulinas dans la course à la sélection chez les Bleus. Timide, discret, ce métis d'origine réunionnaise a imposé son petit gabarit (1m73, 64 kg) au poste d'arrière gauche des Girondins Bordeaux.
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"A cause de l'ordre alphabétique... ", c'est par cette boutade que Raymond Domenech a expliqué pourquoi Aly Cissokho a devancé son alter ego bordelais Benoît Trémoulinas dans la course à la sélection chez les Bleus. Timide, discret, ce métis d'origine réunionnaise a imposé son petit gabarit (1m73, 64 kg) au poste d'arrière gauche des Girondins Bordeaux. A 23 ans, le voilà même qui pointe le bout de son nez à la porte de l'équipe de France à un poste pourtant largement pourvu avec Patrice Evra, Eric Abidal et Gaël Clichy. Mais comme Domenech a toujours aimé l'invité surprise (Remember Pascal Chimbonda en 2006 et Bafétimbi Gomis en 2008), la cote de Trémoulinas ne fait que grimper. Ce pur produit du centre de formation des Girondins (il a débarqué au Haillan à 14 ans), a relégué sur le banc l'ancien Bastiais Frank Jurietti (un cadre) et l'international argentin Diego Placente (un gros transfert... raté), finaliste de la Ligue des Champions avec Leverkusen en 2002. Que du lourd. Et tout cela, sur la pointe des pieds. Comme son gabarit ne lui permet pas de rouler des mécaniques, il reste poli, propre sur lui et fait parler son talent. Pas de grandes déclarations, juste des déboulés. Un peu comme si on était ramené 13 ans en arrière lorsque le stade Chaban-Delmas s'appelait encore Parc Lescure et que le côté gauche était arpenté par un certain Bixente Lizarazu. Comme lui, il est râblé. Comme lui, il couvre tout son flanc et offre des caviars grâce à son centre spontané (sans contrôle préalable) et comme lui, il fait partie d'une grande équipe de Bordeaux. " A l'image de Lizarazu, il a dû faire face aux interrogations portant sur son physique. N'était-il pas trop frêle pour un défenseur ?", explique Alain Goujon, journaliste à Sud Ouest. " Le mérite de son éclosion revient surtout à Laurent Blanc. Son prédécesseur, Ricardo, le trouvait trop léger. Blanc a vu, quant à lui, tout son potentiel. Il avait été champion du monde avec Lizarazu. Il savait de quoi pouvait être capable un petit gabarit dans les couloirs. Il a également conquis les supporters. C'est un Bordelais d'origine, il ressemble à Lizarazu et c'est un acharné qui mouille son maillot. Un pedigree qui plaît toujours aux supporters. " En homme modeste, Trémoulinas avoue une préférence pour... Jérôme Bonnissel, joueur anonyme des années 90 (si on tient compte du palmarès international), élu tout de même deux fois meilleur latéral de Ligue 1. Surnommé pour son physique le Paki (c'est Souleymane Diawara, aujourd'hui à Marseille, qui a vendu la mèche), le vendeur de maïs ou Vikash Dhorasoo, Trémoulinas a également l'étiquette d'intello. Que ce soit dans ses discours ou dans le jeu, il fait preuve d'une étonnante maturité. Ne cherchez plus ! Le consultant des chaînes française pour la Coupe du Monde 2022 est déjà connu. " Bien des joueurs avaient plus de potentiel que moi ", dit-il. " Mais mon sérieux a fait la différence. J'ai une trajectoire atypique. Je ne suis passé pro qu'à 20 ans ; on ne comptait pas trop sur moi quand j'étais jeune. Il faut dire que j'étais encore plus menu qu'aujourd'hui... "En attendant, le Paki est promis à un bel avenir. Le Real Madrid et l'AC Milan sont déjà sur les rangs. Blanc a pris les devants en le faisant prolonger. Bordeaux ne peut plus s'en passer. Le médian gauche, le Brésilien Wendel, ne cesse de louer son entente avec le Réunionnais, n'hésitant pas à affirmer : " Mon but est à 70 % celui de Trémoulinas ", après avoir reçu un caviar contre Rennes (1-0). A l'heure actuelle, il en est déjà à sept passes décisives en championnat, ce qui en fait le meilleur passeur de Ligue 1. Ses poursuivants sont tous des médians ou des attaquants. Cherchez l'erreur. Et en plus, il aime le football allemand. Vous croyez vraiment que son modèle se nomme Bonnissel ? par stéphane vande velde - photo: reportersC'est un Bordelais d'origine et un acharné qui mouille son maillot. Un pedigree qui plaît aux supporters.