L'Américain d'1.83 mètre évolue depuis trois saisons à Bree. Il est plutôt étonnant qu'un distributeur de son envergure s'attarde aussi longtemps en Belgique, d'autant qu'il est sur le point de prolonger son bail de trois ans. Watson songe même à demander un passeport belge. Depuis son retour de blessure, les Limbourgeois restent sur une série de neuf victoires d'affilée. Dans des matches serrés, face à Mons et Pepinster, Watson a chaque fois sauvé les meubles. Contre Pepinster, il a commis une faute sur le jeune Guy Muya, dans les dernières secondes de jeu. Celui-ci pouvait devenir le héros ou l'anti-héros de la soirée. Il a échoué. Mel s'est empressé de consoler son adversaire malheureux.
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L'Américain d'1.83 mètre évolue depuis trois saisons à Bree. Il est plutôt étonnant qu'un distributeur de son envergure s'attarde aussi longtemps en Belgique, d'autant qu'il est sur le point de prolonger son bail de trois ans. Watson songe même à demander un passeport belge. Depuis son retour de blessure, les Limbourgeois restent sur une série de neuf victoires d'affilée. Dans des matches serrés, face à Mons et Pepinster, Watson a chaque fois sauvé les meubles. Contre Pepinster, il a commis une faute sur le jeune Guy Muya, dans les dernières secondes de jeu. Celui-ci pouvait devenir le héros ou l'anti-héros de la soirée. Il a échoué. Mel s'est empressé de consoler son adversaire malheureux. Watson: "Le basket est dur. Les nombreuses déceptions que j'ai encaissées m'ont appris à réagir en adulte. Au terme de mes années de collège, je pensais être un bon joueur de basket. Mon nom revenait souvent pour le deuxième tour du draft, la salle d'attente de la NBA. J'ai participé à quatre camps d'équipes de la NBA, sans que rien n'en sorte. Il devait y avoir une raison. Cette expérience m'a permis d'émigrer en Europe et de mener une existence plus stable, plus équilibrée. Je gagne ma vie grâce au sport alors que mes ex-équipiers de l'université de South Carolina travaillent du matin au soir et doivent encore s'occuper de leurs enfants en rentrant. Ça, c'est dur. Mon job exige des efforts physiques, il engendre une certaine pression mais il recèle beaucoup d'avantages. Je sais apprécier ma chance à sa juste mesure. Ça ne veut pas dire que tout le monde doit m'imiter: à chacun sa mentalité. Des milliers de basketteurs sont aussi doués que moi. Je dois donc m'estimer heureux de figurer parmi les happy few. Cette pensée entretient ma motivation, m'aide à me livrer à fond, quel que soit le club pour lequel je joue". Le club parfaitPour Melvin Watson, la Belgique est un pays de cocagne: "En deux heures de train, vous êtes à Paris. Tout est proche. Bree est un village paisible, le club est bien structuré. L'arrivée d' Yves Dupont, la nouvelle salle et l'engagement probable de Mathias Desaever pour la saison prochaine sont autant de points positifs. Nous méritons notre troisième place. Nous devons viser les playoffs. Tactiquement, Bree est le club idéal pour moi. Nous avons de bons tireurs, Dupont monte régulièrement, me créant ainsi des brèches. J'ai beaucoup progressé, grâce à Danny Herman et à l'entraîneur, Paul Vervaeck. Danny m'a appris à effectuer de meilleurs choix de jeu. Nous avons gagné plusieurs matches dans les dernières minutes parce que l'équipe, grâce à son expérience, parvient à manoeuvrer, pour obtenir le brin de chance nécessaire. Nous soignons tout dans les moindres détails. L'entraîneur est ouvert à la discussion. C'est sa principale qualité" La familleSi Watson réside depuis trois ans en Belgique, sa femme et leur fils Joshua n'ont pas encore traversé l'Atlantique. S'il prolonge son contrat à Bree, va-t-il continuer à vivre seul? Watson: "Sans doute pas. Voir aussi peu sa famille et ses amis est dur mais d'un autre côté, ça me permet de séparer travail et vie privée. Je les appelle deux heures avant chaque match. Mon fils me demande toujours: -Papa, quand rentres-tu à la maison pour jouer avec moi? Il ne comprend pas la situation. Quand je rentre en Caroline du Sud, j'essaie de souder nos liens. Mon travail me permet quand même d'entretenir ma famille. C'est pour ça que j'attache autant de prix à la stabilité. Beaucoup de joueurs rêvent de championnats plus forts, de l'Espagne ou de l'Italie, mais ils oublient qu'on y est plus vite écarté. Surtout quand on est Américain. Et alors, que faire? J'ai une famille à nourrir".La foiMelvin Watson semble mener une vie de moine, à cause de sa religion: "Ne vous méprenez pas, il m'arrive aussi de boire une bière et de sortir. Je suis un chrétien comme les autres. Fierté et foi sont les piliers de ma philosophie. Ils sont liés. Je prie Dieu tous les jours. Je le remercie des talents qu'il m'a accordés. Pour exploiter ceux-ci, j'ai besoin de ma fierté. D'autres ont sans doute autant de talent mais sont dépourvus de la volonté farouche de les utiliser. Ceux qui n'ont pas de fierté ne se font pas respecter.J'ai grandi dans la foi catholique. Elle était très importante aux yeux de ma mère. Elle m'a offert une huile spéciale. Avant chaque match, j'y trempe les doigts et je fais le signe de la croix. Tous les jours, je m'isole du monde pendant une heure pour lire des passages de la Bible, ici, à l'église de Bree.Si j'ai parfois douté de l'existence de Dieu? Jamais. Bon, on peut dire que je ne dois mes succès qu'à moi-même mais alors, j'admets être à l'origine de toutes les bêtises et de tous les contrecoups de la vie. Mais pour moi, chaque événement a une signification".La NBAWatson: "On peut toujours espérer mais en étant réaliste. Or, avec l'âge, on devient terre à terre. Je continuerai à tenter ma chance sans me mettre martel en tête. Si j'ai le choix entre un try-out en NBA et une saison à Bree, je choisis Bree car il m'offre la sécurité dont j'ai besoin. Il y a deux ans, j'ai réalisé un bon stage avec les Utah Jazz. Le coach, Jerry Sloan, m'a félicité, mais il cherchait plutôt un joueur comme John Stockton, quelqu'un qui maîtrise le half court play, le jeu sur un demi terrain. Je me suis incliné. Il faut énormément de chance: il faut être la bonne personne au bon moment. Ce qui me gêne, c'est qu'on se défait difficilement d'une étiquette. Pendant des années, on a parlé de mon jumpshot. J'ai attrapé des complexes et plus rien n'allait. On vous ressert les mêmes reproches chaque fois. Je jouerais en NBA si j'avais dix centimètres de plus. J'ai pas mal de connaissances en NBA. Comme Vince Carter. Si nous ne sommes pas des amis intimes, nous discutons souvent ensemble". Lorsqu'on lui demande s'il ne jalouse pas ceux qui ont bel et bien atteint le walhalla du basket, il répond d'une manière typique: "On ne peut jalouser son prochain. God has a pattern for every individual. Si quelqu'un reçoit quelque chose, c'est qu'il l'a mérité". Eddy Swaeb, le manager sportif de Bree, nous avait prévenus: "Melvin est trop bien pour le sport de haut niveau..." Matthias Stockmans,"Un try-out en NBA ou une saison à Bree? Je préfère Bree"d