Mardi 20 janvier, le Sporting Charleroi reçoit la presse pour présenter ses voeux, une bonne habitude prise quelques mois après la reprise et qui en est donc à sa troisième édition. L'ambiance est conviviale et témoigne de la politique de rapprochement auprès de toutes les forces vives qui composent un club, entreprise par la nouvelle direction. Pour mesurer le chemin parcouru, le secrétaire général, Pierre-Yves Hendrickx, bras droit de l'homme fort du club, Mehdi Bayat, lance : " Il y a trois ans, nous n'étions même plus invités au gala du Soulier d'Or ; il y a deux ans, on était invité mais placé dans une salle sise à côté de la salle de gala ; l'année dernière, nous étions dans la salle principale mais à l'extrémité. Et cette année, on nous avait placé à la table voisine de celle d'Anderlecht. "
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Mardi 20 janvier, le Sporting Charleroi reçoit la presse pour présenter ses voeux, une bonne habitude prise quelques mois après la reprise et qui en est donc à sa troisième édition. L'ambiance est conviviale et témoigne de la politique de rapprochement auprès de toutes les forces vives qui composent un club, entreprise par la nouvelle direction. Pour mesurer le chemin parcouru, le secrétaire général, Pierre-Yves Hendrickx, bras droit de l'homme fort du club, Mehdi Bayat, lance : " Il y a trois ans, nous n'étions même plus invités au gala du Soulier d'Or ; il y a deux ans, on était invité mais placé dans une salle sise à côté de la salle de gala ; l'année dernière, nous étions dans la salle principale mais à l'extrémité. Et cette année, on nous avait placé à la table voisine de celle d'Anderlecht. " Cette anecdote souligne qu'il faut désormais compter avec un club qui n'était plus pris au sérieux par personne. Le respect de la grande famille du foot belge envers le Sporting carolo va donc grandissant. Les succès sur le marché des transferts et le sens du commerce dans un milieu où la réussite financière forge la considération, conjugués aux résultats sportifs des derniers mois ont certes replacé les Zèbres au centre des débats mais là où l'année 2014 se clôturait sur l'espoir de lendemains enchanteurs, l'entrée dans l'année 2015 a douché une partie des ambitions naissantes mais déjà dévorantes. Les deux défaites face à un Cercle Bruges loin de briller depuis l'entame de la saison ont mis en péril la présence carolo dans le top-6 - ils sont désormais 7e - mais ont surtout mis fin au parcours en Coupe de Belgique, objectif prioritaire de Mehdi Bayat depuis deux ans et dont le tirage clément présageait d'une présence en demi-finale face au Club Bruges. Las, les Sportingmen ont manqué de jus, de créativité et de percussion en ce début d'année. Ce coup de mou coïncidant avec l'absence de Neeskens Kebano, parti à la CAN, il n'en fallait pas plus pour soulever la question d'une Kebano-dépendance. Le résultat forgé au stade des Eperons d'Or a donné un élément de réponse mais ce n'est pas un hasard si le Sporting a débuté sa série victorieuse lors de l'incorporation du Congolais dans le onze et que la machine s'est enrayée sans lui. Une équipe comme Charleroi ne peut se passer d'un élément talentueux comme Kebano sans que cela ne génère une différence de niveau. Néanmoins, il n'y a pas que Kebano qui flambait en fin 2014. Cédric Fauré avait retrouvé le sens du but ; Dieumerci Ndongala avait démontré son utilité et Jessy Galvez avait éclos. Or, ces trois joueurs, auxquels on peut ajouter Clément Tainmont, beaucoup plus régulier fin 2014, ont paru apathiques lors des deux oppositions face au Cercle. Comme s'ils étaient perdus sur un terrain, en l'absence de l'accélérateur de jeu qu'est Kebano. Faut-il s'inquiéter pour autant ? Non. Cette saison, le Sporting a montré qu'il avait progressé et qu'il était sur une voie ascendante. De plus, Mehdi Bayat a prouvé que les promesses lancées en janvier dernier suite à la fuite des cerveaux n'étaient pas vaines. Son Sporting est devenu plus attractif, tant sur le terrain qu'en coulisses. Désormais, les clubs concurrents arrivent moins facilement à convaincre les joueurs du Sporting que l'herbe est plus verte en dehors du Mambourg. La prolongation de Sébastien Dewaest jusqu'en 2019 en est une preuve éclatante. Le défenseur central, en pleine progression après une saison et demie comme titulaire, était courtisé par un club comme Lokeren, candidat affiché au top-6 depuis plusieurs saisons, réputé offrir de beaux contrats à ses joueurs et dont les caisses sont pleines après le transfert d'Alexander Scholz au Standard. Pourtant, Dewaest a estimé que le projet carolo valait la peine de résister aux sirènes waeslandiennes. C'est bien simple : il ne partira qu'à Anderlecht ou à Bruges en Belgique, ou à l' étranger. Même le Standard ne l'intéresse pas. " Le Standard, ça va être difficile. Vu les relations entre les dirigeants des deux clubs, je ne veux pas manquer de respect au Sporting. " L'affaire Mazzu a donc bien laissé des traces... Désormais, Mehdi Bayat arrive à convaincre ses joueurs que le Sporting, s'il peut encore servir de tremplin vers un ailleurs plus éclatant, n'est plus un port de transit où on ne reste qu'un ou deux ans, mais un club stable où, si on prend le temps d'y demeurer plusieurs saisons, on est sûr de progresser sportivement et financièrement. Et le discours semble porter puisque, à quelques jours de la fermeture du mercato, aucun signe n'indique un départ de Clément Tainmont, Neeskens Kebano ou Dewaest, les trois hommes les plus courtisés. Et pourtant, pour ces trois joueurs, Mehdi Bayat a reçu des offres. S'il a réussi à les convaincre de rester, lui aussi a su changer son fusil d'épaule, passant d'une posture de vendeur, certes coriace mais vendeur quand même, à celle de dirigeant. Désormais, on ne prône plus seulement la stabilité, on la pratique. La preuve ? Mehdi Bayat n'a-t-il pas pris une semaine de vacances alors que le mercato rentrait dans sa semaine finale ? Si Charleroi a désormais la possibilité de conserver ses meilleurs joueurs un ou deux ans de plus, il ne doit pas non plus oublier de se renforcer. Le début d'année 2015 - à l'instar du début de saison - a démontré que cette formation ne peut pas se reposer sur ses lauriers, ni forger un résultat quand elle ne joue pas à 100 %. Elle n'a pas encore le talent et l'expérience pour le faire. Après le partage à Courtrai, Felice Mazzu, qui avait modifié son onze et son système, l'a d'ailleurs reconnu. " On n'est pas encore assez régulier pour pouvoir projeter jouer le top-6. On l'a vu, cela nous met une pression inutile. Le groupe est encore jeune et manque d'expérience et de maturité. A Courtrai, on a par exemple vu l'apport de quelqu'un comme Damien Marcq, plus expérimenté. Notre objectif n'est pas le top-6 mais bien sûr que maintenant que nous y avons goûté, on va tout faire pour le décrocher ! " Si Charleroi y parvient, il sera en avance d'un an. Si pas, ce sera une déception mais certainement pas un échec. L'équipe manque encore de constance et de profondeur de banc pour lutter à armes égales avec les autres prétendants au top-6. Il lui manque une alternative à Cédric Fauré en attaque. A 36 ans, il ne peut pas porter le poids de l'attaque à lui tout seul. Il faut également davantage d'alternatives en défense (surtout sur les côtés) et un ou deux profils techniques supplémentaires dans l'entrejeu, même si les développements de Clinton Mata et Dieumerci Ndongala pourraient combler cette lacune. Par contre, pour cimenter le tout, Charleroi ne devra plus se mettre à la recherche d'un maçon. Le flirt avorté de Mazzu avec le Standard a au moins clarifié sa situation personnelle. On le voit mal décoller de Charleroi, avec lequel il produit de l'excellent boulot. Il a encore démontré sa science tactique à Courtrai, où il a mis au point un schéma inédit, (un 3-6-1 qu'il n'avait travaillé que deux jours), bloquant tous les points forts de Courtrai (avec un pressing constant sur Ivan Santini et Teddy Chevalier mais également sur les ailiers, les backs et les médians défensifs).?PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: BELGAIMAGE