La chaleur du printemps et le rêve du titre avaient rempli Sclessin. Deux heures après le premier coup de sifflet de Bram Van Driessche, il ne restait pourtant que les chants bruyants des supporters limbourgeois, dont les échos traversaient les murs pour s'installer en bruit de fond de la conférence de presse de Michel Preud'homme. Le coach des Rouches fustigeait sans les citer certains de ses joueurs, en affirmant que " pour battre ce Genk-là, il faut être 11, voire 13 à être au top, et ce soir on ne l'a pas été. "
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La chaleur du printemps et le rêve du titre avaient rempli Sclessin. Deux heures après le premier coup de sifflet de Bram Van Driessche, il ne restait pourtant que les chants bruyants des supporters limbourgeois, dont les échos traversaient les murs pour s'installer en bruit de fond de la conférence de presse de Michel Preud'homme. Le coach des Rouches fustigeait sans les citer certains de ses joueurs, en affirmant que " pour battre ce Genk-là, il faut être 11, voire 13 à être au top, et ce soir on ne l'a pas été. " Repoussé à distance considérable du leader, le Standard avait pourtant une bonne dose d'arguments pour sortir du sprint final avec un souffle d'avance sur la concurrence. Mis à part Junior Edmilson et Christian Luyindama, les joueurs présents lors de la fin de saison folle sous les ordres de Ricardo Sa Pinto sont encore à Sclessin. Ils ont été rejoints par un coach qui connaît les play-offs 1 mieux que tous ses concurrents, et n'ignore rien des lois qui dominent les rencontres décisives du championnat. Que ce soit en renforçant son milieu de terrain avec Merveille Bope Bokadi ou avec son 4-2-3-1 plus classique, Preud'homme étudie l'adversaire avec minutie pour tenter de lui faire le plus mal possible dans les transitions, là où se jouent généralement les titres nationaux depuis dix ans. Contre Genk, son plan a fonctionné jusqu'à ce que les Limbourgeois inscrivent le premier but. Sur le banc d'à côté, Philippe Clement connaît les recettes de son ancien mentor, et les applique à merveille grâce à la vitesse des reconversions orchestrées par Ruslan Malinovskyi, Leandro Trossard et Ally Samatta. Grâce à l'effet de surprise que constitue Alen Halilovic, pas toujours au point physiquement mais tout juste débarqué dans un championnat qui ne l'a pas encore apprivoisé, le Standard pouvait également compter sur une arme inattendue, comme Genk en possède une en la personne de Junya Ito. Peu à peu, le talent croate est devenu incontournable à Sclessin, prouvant de plus en plus fréquemment sa capacité à faire basculer un match à chaque instant et suppléant dans ce registre Paul-José Mpoku et Mehdi Carcela, pas vraiment à la hauteur des événements depuis que le top 6 est sorti des starting-blocks. Preud'homme, qui a pris le relais d' Emilio Ferrera en privilégiant l'adaptation de la tactique en fonction de l'adversaire pour le dénouement de la saison, tente d'installer sa recrue hivernale dans des dispositions idéales. C'est entre ses pieds, ceux de Moussa Djenepo et de Razvan Marin que le Standard a placé les clés de ses victoires. Sur son flanc, le Malien dispose d'une qualité dans les un-contre-un à pleine vitesse qui en fait forcément une arme redoutable pour une équipe de Preud'homme. Le système sans numéro 9 lui convient d'ailleurs à merveille, lui permettant de plonger dans le dos d'une défense centrale souvent aspirée par les décrochages de l'homme aligné en pointe. Quant au Roumain, à nouveau buteur, il a été décisif à neuf reprises en treize matches en 2019. Qui dit mieux ? Guillaume Gautier