Quand on lui rapporte les plaintes de supporters face au mercato trop calme de ses Zèbres, Mehdi Bayat ne tarde jamais à rappeler le million et demi d'euros dépensé pour lever l'option du prêt de Ryota Morioka, arrivé dans le Pays Noir l'hiver dernier pour pallier le départ de Benavente. S'il reste devancé par Lukebakio et Osimhen dans les chiffres officiels de transferts entrants les plus chers de l'histoire du club, le Japonais est le seul dont l'option a été levée dans l'optique d'un séjour prolongé, et pas pour une revente immédiate dans la foulée. La preuve que le Sporting carolo croit en lui pour être la nouvelle figure de proue du projet noir et blanc.

Malik Keita, Photo News
Malik Keita © Photo News

Un an et demi après son arrivée en Europe, Ryota Morioka a posé ses pieds soyeux sur le sol belge. Lors des dix-huit mois précédents son arrivée au Freethiel, le Nippon a eu le temps de se construire une carte de visite continentale sous les couleurs du Slask Wroclaw, avec quinze buts et onze passes décisives en une cinquantaine de sorties. Un rythme statistique impressionnant qu'il a poursuivi dans le Pays de Waes, avec neuf buts et onze passes décisives en 27 matches sous les ordres de Philippe Clement.

LENT MAIS POLYVALENT

Son passage manqué à Anderlecht n'est pas entré en ligne de compte dans le casting des Carolos, qui espéraient permettre au Japonais de retrouver au plus vite la forme qui en faisait l'un des milieux offensifs les plus prolifiques du championnat.

En plus de pieds précis, ceux d'un meneur de jeu à l'ancienne qui fait plus souvent la différence par ses passes que par ses accélérations, Morioka a développé un don pour entrer dans la surface au moment opportun. De quoi le rendre redoutable quand son équipe domine et que les centres se multiplient. Plus à l'aise pour faire courir les autres que pour se lancer lui-même dans de longues chevauchées comme pouvait le faire Benavente, il a prouvé à Charleroi qu'il pouvait également être utile en reconversion offensive, servant de catapulte pour les courses folles d'Osimhen, de Bruno ou d'Henen. Le Sporting devra compter sur sa capacité à créer vingt buts par saison pour briller à nouveau.

MARIO NOTARO, CONSEILLER SPORTIF DU CLUB, Getty Images
MARIO NOTARO, CONSEILLER SPORTIF DU CLUB © Getty Images

3 anecdotes 1 HENDRICKX EN HABITUÉ

Le test VMA n'a pas réservé de surprise. Pourtant titillé par Henen, de retour de voyage de noces mais visiblement bien en jambes, Hendrickx a une nouvelle fois résisté le plus longtemps face aux bips. Encore moins de suspense que sur un Grand Prix de F1.

2 PENNETEAU ET LES GANTS

Certains au sein du club imaginaient Penneteau endosser un rôle hybride à la Kompany, à la fois doublure de Riou et entraîneur des gardiens. Le Corse, toujours en pleine forme physique malgré ses 38 printemps, a décliné. Et signé un nouveau contrat de joueur.

3 LE RETOUR D'ADAMA

Les disputes ont parfois du bon. Écarté de la sélection malienne suite à une dispute avec Diaby, Niane a quitté la CAN plus vite que prévu pour retrouver les Zèbres dès le coup d'envoi du stage. Et n'a pas tardé à faire trembler les filets.

Le talent Malik Keita

Débarqué à Charleroi l'été dernier, Malik Keita a gravi les échelons sans traîner en route, passant en quelques mois des U18 aux entraînements avec le noyau pro. Milieu défensif moderne, avec des qualités footballistiques indéniables couplées à une puissance physique impressionnante, dans l'impact ou dans la détente verticale, le Guinéen semble prêt à franchir le dernier palier qui le sépare encore des pelouses de l'élite.

Au coeur du jeu carolo, la position aux côtés de Marco Ilaimaharitra n'a jamais trouvé un pensionnaire fixe, Cristophe Diandy et Gaëtan Hendrickx alternant les titularisations. Des routiniers de l'élite que Keita devra pouvoir bousculer s'il veut recevoir sa chance en Pro League dès cette saison.

Au sein d'un Charleroi plus conquérant, ses qualités pourraient lui offrir une opportunité à saisir. Même si Ken Nkuba ou Thomas Wildemeersch ont reçu leur chance la saison dernière, le rôle de fer de lance du renouveau de l'école des jeunes Zèbres n'a pas encore trouvé preneur. Et Keita pourrait bien être le nouveau favori du casting.

3 questions à un clubman: Mario Notaro

1 Est-ce que Charleroi entre dans un nouveau cycle, après six années sous Felice Mazzù ?

Je ne sais pas si on peut parler de nouveau cycle, mais il est clair que le club avait la volonté de repartir sur de nouvelles bases. Maintenant, est-ce que ce nouveau cycle sera aussi long que le premier ? C'est difficile de chiffrer le futur de façon précise. Mais ce qui est sûr, c'est que l'objectif, aujourd'hui, est d'entamer un nouveau travail sur le long terme. Sans pour autant négliger ce qui se passera dans les prochaines semaines, parce que les résultats à court terme restent évidemment un facteur majeur.

2 Quelle est la première impression que t'a laissée Karim Belhocine ?

Il me donne l'image d'un coach qui a une véritable volonté d'aller vers l'avant, et les joueurs adhèrent à ses méthodes. On voit qu'il sait ce qu'il va faire, mais aussi qu'il est respectueux du travail qui a été effectué au sein du club ces dernières années. Il ne va certainement pas jeter à la poubelle tout ce qui s'est fait avant lui. Il va garder les bonnes choses, et ajouter progressivement sa touche personnelle, un petit quelque chose en plus pour faire progresser les joueurs. Il va amener de la créativité.

3 Qu'est-ce qu'on doit attendre de Charleroi sur le terrain cette saison ?

C'est difficile d'imaginer un football radicalement différent à court terme parce qu'à l'heure où on se parle, les joueurs sont presque identiquement les mêmes que la saison dernière. C'est tout aussi compliqué d'afficher des ambitions claires, parce que tout dépendra du noyau que le staff aura à sa disposition. On sait qu'à chaque mercato, Charleroi comme les autres clubs est tributaire d'éventuels départs car certains joueurs sont convoités. Je pense que pour découvrir le nouveau visage des Zèbres, il faudra attendre la fin du mois d'août. À ce moment-là, le staff aura pu poser sa griffe sur l'équipe et le noyau sera véritablement formé.

Quand on lui rapporte les plaintes de supporters face au mercato trop calme de ses Zèbres, Mehdi Bayat ne tarde jamais à rappeler le million et demi d'euros dépensé pour lever l'option du prêt de Ryota Morioka, arrivé dans le Pays Noir l'hiver dernier pour pallier le départ de Benavente. S'il reste devancé par Lukebakio et Osimhen dans les chiffres officiels de transferts entrants les plus chers de l'histoire du club, le Japonais est le seul dont l'option a été levée dans l'optique d'un séjour prolongé, et pas pour une revente immédiate dans la foulée. La preuve que le Sporting carolo croit en lui pour être la nouvelle figure de proue du projet noir et blanc. Un an et demi après son arrivée en Europe, Ryota Morioka a posé ses pieds soyeux sur le sol belge. Lors des dix-huit mois précédents son arrivée au Freethiel, le Nippon a eu le temps de se construire une carte de visite continentale sous les couleurs du Slask Wroclaw, avec quinze buts et onze passes décisives en une cinquantaine de sorties. Un rythme statistique impressionnant qu'il a poursuivi dans le Pays de Waes, avec neuf buts et onze passes décisives en 27 matches sous les ordres de Philippe Clement. Son passage manqué à Anderlecht n'est pas entré en ligne de compte dans le casting des Carolos, qui espéraient permettre au Japonais de retrouver au plus vite la forme qui en faisait l'un des milieux offensifs les plus prolifiques du championnat. En plus de pieds précis, ceux d'un meneur de jeu à l'ancienne qui fait plus souvent la différence par ses passes que par ses accélérations, Morioka a développé un don pour entrer dans la surface au moment opportun. De quoi le rendre redoutable quand son équipe domine et que les centres se multiplient. Plus à l'aise pour faire courir les autres que pour se lancer lui-même dans de longues chevauchées comme pouvait le faire Benavente, il a prouvé à Charleroi qu'il pouvait également être utile en reconversion offensive, servant de catapulte pour les courses folles d'Osimhen, de Bruno ou d'Henen. Le Sporting devra compter sur sa capacité à créer vingt buts par saison pour briller à nouveau. Le test VMA n'a pas réservé de surprise. Pourtant titillé par Henen, de retour de voyage de noces mais visiblement bien en jambes, Hendrickx a une nouvelle fois résisté le plus longtemps face aux bips. Encore moins de suspense que sur un Grand Prix de F1. Certains au sein du club imaginaient Penneteau endosser un rôle hybride à la Kompany, à la fois doublure de Riou et entraîneur des gardiens. Le Corse, toujours en pleine forme physique malgré ses 38 printemps, a décliné. Et signé un nouveau contrat de joueur. Les disputes ont parfois du bon. Écarté de la sélection malienne suite à une dispute avec Diaby, Niane a quitté la CAN plus vite que prévu pour retrouver les Zèbres dès le coup d'envoi du stage. Et n'a pas tardé à faire trembler les filets. Débarqué à Charleroi l'été dernier, Malik Keita a gravi les échelons sans traîner en route, passant en quelques mois des U18 aux entraînements avec le noyau pro. Milieu défensif moderne, avec des qualités footballistiques indéniables couplées à une puissance physique impressionnante, dans l'impact ou dans la détente verticale, le Guinéen semble prêt à franchir le dernier palier qui le sépare encore des pelouses de l'élite. Au coeur du jeu carolo, la position aux côtés de Marco Ilaimaharitra n'a jamais trouvé un pensionnaire fixe, Cristophe Diandy et Gaëtan Hendrickx alternant les titularisations. Des routiniers de l'élite que Keita devra pouvoir bousculer s'il veut recevoir sa chance en Pro League dès cette saison. Au sein d'un Charleroi plus conquérant, ses qualités pourraient lui offrir une opportunité à saisir. Même si Ken Nkuba ou Thomas Wildemeersch ont reçu leur chance la saison dernière, le rôle de fer de lance du renouveau de l'école des jeunes Zèbres n'a pas encore trouvé preneur. Et Keita pourrait bien être le nouveau favori du casting. 1 Est-ce que Charleroi entre dans un nouveau cycle, après six années sous Felice Mazzù ? Je ne sais pas si on peut parler de nouveau cycle, mais il est clair que le club avait la volonté de repartir sur de nouvelles bases. Maintenant, est-ce que ce nouveau cycle sera aussi long que le premier ? C'est difficile de chiffrer le futur de façon précise. Mais ce qui est sûr, c'est que l'objectif, aujourd'hui, est d'entamer un nouveau travail sur le long terme. Sans pour autant négliger ce qui se passera dans les prochaines semaines, parce que les résultats à court terme restent évidemment un facteur majeur. 2 Quelle est la première impression que t'a laissée Karim Belhocine ? Il me donne l'image d'un coach qui a une véritable volonté d'aller vers l'avant, et les joueurs adhèrent à ses méthodes. On voit qu'il sait ce qu'il va faire, mais aussi qu'il est respectueux du travail qui a été effectué au sein du club ces dernières années. Il ne va certainement pas jeter à la poubelle tout ce qui s'est fait avant lui. Il va garder les bonnes choses, et ajouter progressivement sa touche personnelle, un petit quelque chose en plus pour faire progresser les joueurs. Il va amener de la créativité. 3 Qu'est-ce qu'on doit attendre de Charleroi sur le terrain cette saison ? C'est difficile d'imaginer un football radicalement différent à court terme parce qu'à l'heure où on se parle, les joueurs sont presque identiquement les mêmes que la saison dernière. C'est tout aussi compliqué d'afficher des ambitions claires, parce que tout dépendra du noyau que le staff aura à sa disposition. On sait qu'à chaque mercato, Charleroi comme les autres clubs est tributaire d'éventuels départs car certains joueurs sont convoités. Je pense que pour découvrir le nouveau visage des Zèbres, il faudra attendre la fin du mois d'août. À ce moment-là, le staff aura pu poser sa griffe sur l'équipe et le noyau sera véritablement formé.