En début de mois, Philippe Sandler a été un spectateur attentif du match amical entre l'Ajax et Anderlecht à De Toekomst, le centre de formation ajacide. Il est passé inaperçu, malgré sa tignasse, ses yeux bleus et son 1m90. L'Ajax connaît Sandler depuis longtemps. Il a joué onze ans en catégories d'âge, dans la levée de Donny van de Beek, Steven Bergwijn, Abdelhak Nouri et Kasper Dolberg, mais sans jamais se produire pour l'équipe fanion. Le capitaine des A2, soit la deuxième équipe junior, n'a pas obtenu de contrat et a rejoint gratuitement le PEC Zwolle en 2016.
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En début de mois, Philippe Sandler a été un spectateur attentif du match amical entre l'Ajax et Anderlecht à De Toekomst, le centre de formation ajacide. Il est passé inaperçu, malgré sa tignasse, ses yeux bleus et son 1m90. L'Ajax connaît Sandler depuis longtemps. Il a joué onze ans en catégories d'âge, dans la levée de Donny van de Beek, Steven Bergwijn, Abdelhak Nouri et Kasper Dolberg, mais sans jamais se produire pour l'équipe fanion. Le capitaine des A2, soit la deuxième équipe junior, n'a pas obtenu de contrat et a rejoint gratuitement le PEC Zwolle en 2016. Tout s'est alors précipité : deux ans à peine après avoir fait ses débuts en espoirs contre Willem II, il a obtenu le transfert de ses rêves à Manchester City. Il ne doit pas fouiller dans sa mémoire pour trouver le meilleur moment de sa carrière : c'est le jour où il a pris l'avion pour Manchester, flanqué de son père et de son manager, José Fortes Rodriguez, un ancien footballeur qui collabore étroitement avec Mino Raiola, le super-agent. L'Amstellodamois n'a pas éprouvé beaucoup de joie à Manchester. La saison passée, une lésion méniscale l'a mis sur la touche pendant cinq mois et il n'a pas joué une minute en Premier League. Pep Guardiola a toutefois fait appel au défenseur néerlandais dans les épreuves de coupes : en janvier, au troisième tour de la FA Cup contre Rotherham United (7-0), il est entré au jeu à la 67e minute en remplacement de... Kevin De Bruyne. Les jours précédant son début, Sandler avait été blessé et n'imaginait pas jouer. Ses parents étaient retournés aux Pays-Bas et finalement, son frère aîné a été le seul membre de la famille présent à l'Etihad Stadium quand Sandman, comme on l'appelle en Angleterre, a effectué ses débuts. Par ailleurs, le numéro 34 avec lequel il a joué n'avait pas été choisi par hasard. C'était un hommage à son copain Nouri, qui a été victime d'un arrêt cardiaque il y a deux ans pendant un match de préparation et qui ne pourra probablement plus jamais jouer. Pendant le stage à Venlo, Frank Arnesen s'est régulièrement adonné à la marche rapide avec le médecin en chef Kristof Sas, Marc Coucke ou un autre membre du staff. Le directeur technique a 62 ans. Il a parcouru tous les jours de neuf à treize kilomètres pour rester en forme. Depuis l'arrivée de Simon Davies et de Vincent Kompany, les séances sont dispensées en anglais, ce qui pose problème aux joueurs qui ne maîtrisent pas cette langue. Pendant un jeu OXO avec des cônes, Abdoul Karim Dante a suscité l'hilarité générale en perdant le nord. Michel Vlap était entouré par toute sa petite famille pour sa première journée à Anderlecht. Après un trajet en auto de deux heures, la bande était si décontractée qu'elle a été un rien trop familière avec un petit homme portant le survêtement d'Anderlecht. Ils ont eu chaud en réalisant qu'il s'agissait de Marc Coucke. Le 12 mars dernier, Anderlecht a posté, sur son compte Twitter officiel, le message suivant : " Thierry Lutonda, âgé de 18 ans, prolonge son contrat au RSCA. " L'annonce était assortie d'une photo de Lutonda, en compagnie du responsable de la formation, Jean Kindermans, et du directeur sportif Michael Verschueren. Le tweet a obtenu 79 likes et a été partagé à neuf reprises. Kindermans a émis le souhait que Lutonda frappe rapidement à la porte du noyau A. C'est arrivé beaucoup plus tôt que prévu. Liège rit jaune suite à l'éclosion subite de Lutonda. Le Liégeois a été successivement formé par le FC Liège et le Standard. L'été 2014, il avait préparé ses valises et s'apprêtait à rejoindre le FC Porto mais l'UEFA avait bloqué le transfert. Anderlecht avait profité de la situation pour attirer le garçon à Neerpede et transformer le récupérateur en arrière gauche moderne. Pendant la préparation, Lutonda s'est avéré suffisamment polyvalent pour se tirer d'affaire un cran devant aussi. 1 Comment êtes-vous arrivé à Anderlecht ? Mon fils a joué à Anderlecht jusqu'à quinze ans et comme beaucoup de pères, j'assistais aux entraînements. Je suis devenu délégué en 1985, grâce à une personne occupant ce poste dans une équipe de jeunes. Mon équipe s'appelait encore préminimes : il s'agissait des U9 et des U10. Après avoir travaillé dix ans avec les plus petits - on m'a confié l'équipe alignant Vincent Kompany, Tom van Hyfte et Onur Kaya -, j'ai voulu faire autre chose. Je me suis occupé des U16 et des réserves. J'ai ensuite pris la place du responsable du matériel, José Lago, en 2011, suite à son décès. Je suis donc en poste à Anderlecht depuis 34 ans. 2 Quel est l'aspect le plus difficile de votre travail ? Les longues heures. Beaucoup de gens m'envient d'être tous les jours avec les joueurs mais ils ne réalisent pas ce qui se passe en coulisses. C'est dur, surtout pendant la préparation, quand nous sommes occupés six jours sur sept. Les journées de neuf heures ne sont pas exceptionnelles mais j'aime mon boulot. Le secret d'un bon responsable du matériel ? Etre discret, rester dans son rayon et être à l'écoute des besoins des joueurs. Au fil du temps, on apprend à connaître les tics de chaque footballeur. Par exemple, Silvio Proto était très superstitieux : chaque fois qu'il entrait quelque part, il touchait l'encadrement de la porte. Je ne pouvais jamais laver son T-shirt : cette tâche était réservée à sa femme. Il était tout troué et usé jusqu'à la corde mais il y tenait et l'entretenait. 3 Quel moment vous rappellerez-vous toujours ? Je conserve de bons souvenirs de mon premier titre en 2012, avec la fameuse équipe où jouaient Milan Jovanovc, Matias Suarez et Dieumerci Mbokani. Mais si le nouveau projet marche, ce sera sans doute une des plus grandes satisfactions de ma carrière. J'ai fait la connaissance de Vincent quand il avait huit ans et nous nous retrouvons 25 ans plus tard... Serons-nous champions dès cette saison ? Je ne sais pas. Mais nous devons réussir. Savez-vous ce que je trouve aussi important ? La gratitude des joueurs avec lesquels j'ai travaillé dans le passé. Elle a plus de valeur que l'argent.