"Dembélé. Il peut exercer sa magie. Il peut le faire. Le magicien. Dembélé. Il en passe trois, quatre et il parvient encore à tirer. Ce n'est pas vrai. Hahaha ! Oh ! La huitième merveille du monde. Nous sommes le 27 septembre 2008 après Jésus Christ. Il n'a pas marché sur l'eau mais c'est tout comme. Je n'ose pas prétendre qu'il ne le pourrait pas s'il en avait la capacité. A profiter en silence. Une symphonie de Dembélé. "
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"Dembélé. Il peut exercer sa magie. Il peut le faire. Le magicien. Dembélé. Il en passe trois, quatre et il parvient encore à tirer. Ce n'est pas vrai. Hahaha ! Oh ! La huitième merveille du monde. Nous sommes le 27 septembre 2008 après Jésus Christ. Il n'a pas marché sur l'eau mais c'est tout comme. Je n'ose pas prétendre qu'il ne le pourrait pas s'il en avait la capacité. A profiter en silence. Une symphonie de Dembélé. "Tel était le commentaire tout en emphase du journaliste de la NOS, Frank Snoeckx lorsque Moussa Dembéléréussit un de ses coups d'éclat, il y a moins d'un mois contre son ancien club, Willem II. Ce but a fait le tour du monde et fait partie des tops du site internet Youtube. Si on prend toutes les séquences qui parlent de ce but, on obtient un total de plus de 300.000 visionnages. Un tabac. En quelques années, Dembélé est devenu le symbole de notre football. Jeune élément pétri de classe, parti aux Pays-Bas exercer son talent, avant même de percer dans le championnat belge et qui, échelon par échelon, est parvenu à se hisser au sommet mondial. " Il a fait le choix de partir aux Pays-Bas. Anderlecht le voulait et on a même discuté avec les Mauves mais Moussa a préféré un autre défi ", explique son manager Patrick Vervoort. " Et ce n'est certainement pas pour l'argent qu'il est parti là-bas. Car Bruges, Anderlecht ou le Standard auraient pu payer le salaire déboursé par Willem II. C'est un choix purement sportif. Après six mois, il était intouchable à Tilburg. Cela a démarré très fort. Puis, il est parti à AZ où il a encore progressé. " Avant sans doute de décrocher cet hiver ou l'été prochain un transfert lucratif vers un des plus grands clubs européens. Alkmaar, au milieu de l'après-midi. Le soleil automnal illumine la région. Les derniers canots de la saison sillonnent des canaux qui entourent cette ville de 100.000 habitants. Nous sommes en Hollande septentrionale, à une quarantaine de kilomètres au nord d'Amsterdam. La cité est tranquille, sortant seulement de sa torpeur les vendredis de la belle saison pour son marché aux fromages mondialement connu. Depuis quelques saisons, Alkmaar vit également au rythme des exploits de son club de football, l'AZ. Le DSB stadion accueille d'ailleurs le premier le visiteur venu de loin. Dans ce plat pays, le stade se voit à des kilomètres. A quelques centaines de mètres, le centre de formation est animé par les entraînements des jeunes. C'est sur un terrain annexe que la réserve rencontre une équipe nigériane dans une rencontre amicale. Le grand Louis van Gaal est venu regarder les aspirants à l'équipe Première. " Dembélé ? Décidément, tous les journalistes veulent tout savoir sur lui ", répond van Gaal, " J'ai déjà tout dit et je ne vais pas en rajouter. Il risque de lire votre reportage et si j'en rajoute, il ne me croira plus lorsque je lui dirai qu'il a mal joué. " Le phénomène est donc en marche et rien ne semble l'arrêter. " L'intérêt médiatique est plus grand, ça c'est sûr ", reconnaît son manager. " On reçoit de plus en plus de coups de fils des journalistes ". Propos corroborés par Daan Schippers, attaché de presse de l'AZ. " Cela dépend toujours des résultats mais pour le moment, il y a beaucoup de demandes d'interviews. On verra si cela va se tasser. L'année dernière, je recevais en moyenne une demande de reportage toutes les deux semaines. " A AZ, Dembélé, discret la saison passée, a pris une nouvelle stature depuis son retour des Jeux olympiques. Les supporters l'ont compris. Ses maillots commencent à s'arracher. " Nous n'en avons pas encore beaucoup vendu car la nouvelle collection vient seulement d'arriver en magasin ", explique le gérant du Fancentrum. " Nous avons eu un peu de retard mais depuis deux semaines, les deux maillots qui se vendent le plus sont ceux de Dembélé et de l'autre attaquant Mounir El Hamdaoui. " Certes, ici, on n'est pas à Liverpool. Les chiffres de vente restent mesurés et en ville, les écharpes du club local ne sont pas légion. Pourtant, au détour d'une ruelle, une boulangerie fait sensation. En vitrine, une grande photo de Dembélé trône au milieu des gâteaux. " J'ai remplacé la vieille photo de Shota Arveladze par la nouvelle idole de l'AZ, onze Moussa ", explique la gérante Lotte de Rijp, " Cela fait plus de dix ans que je prends un abonnement et je suis sous le charme du joueur belge. Vous avez vu son but contre Willem II ? Il ne faut pas chercher plus loin : on tient le but de l'année. En Angleterre, il aurait reçu un prix pour son goal ! " Et ce n'est pas pour rien que ce fameux but occupe la tête du top-5 des plus belles réalisations du club sur AZ-Tv. Les supporters ont donc adoubé l'attaquant belge. Les forums de supporters ne parlent que de lui. Son poste est le plus alimenté. Et les dents commencent à grincer. " Pour le moment, on est satisfait de ses prestations. Beaucoup moins des bruits qui le transfèrent déjà dans les plus grands clubs ", dit Pascal Schipper des Red White Fanatics. Son style plait autant en dehors qu'au sein même du club. " Il est très apprécié en Hollande ", affirme Sébastien Pocognoli. " Il dispose de qualités techniques dont raffolent les Néerlandais. Sa protection de balle et sa technique parlent pour lui et les supporters le considèrent comme un joueur capable d'apporter de la plus-value à l'équipe. Cependant, je ne peux pas vous dire s'il s'agit vraiment du chouchou des supporters car ceux-ci aiment aussi les joueurs moins talentueux qui mouillent le maillot. Cependant, si j'en juge aux demandes d'autographes, il part à égalité avec notre capitaine, Stijn Schaars. De plus, Moussa est belge et on est bien apprécié ici. Les supporters aiment notre mentalité. " Et à côté du style léché, il y a aussi un caractère discret. " Il est calme dans le vestiaire ", continue Pocognoli. " Il n'est pas du style à taper du poing sur la table mais il aime rigoler et surtout il ne se prend pas au sérieux. Après son but contre Willem II ou contre l'Italie, il en était même gêné et disait toujours - Arrêtez, pas besoin d'en parler. Il est humble et très conscient du chemin qu'il lui reste à parcourir. A la télévision, il a reconnu qu'il n'avait pas inscrit son but par chance mais il a immédiatement ajouté qu'il devait aussi parfois marquer des moins beaux buts. Il sait donc se remettre en question et faire preuve de réflexion. " " Dans un vestiaire, il est disponible et professionnel. Super. Rien à redire ", dit le sélectionneur des Espoirs, Jean-François de Sart. " Il est simple, toujours gentil, dit bonjour à tout le monde et ne fait jamais de déclarations fracassantes dans les journaux et AZ apprécie cette discrétion ", conclut Vervoort. Dembélé avait déjà du talent mais l'expérience de Pékin a servi de tremplin. " Pas rien qu'à lui ", lâche de Sart. " Faris Haroun, Logan Bailly, Jan Vertonghen, Laurent Ciman, Jeroen Simaeys continuent tous sur leur lancée. Tous ces joueurs ont pris de la confiance aux Jeux. A ce niveau-là, le voyage aura été très bénéfique. Je ne suis pas surpris par la progression de Dembélé. Son talent était déjà unanimement reconnu. Il l'avait déjà concrétisé par des coups d'éclat. Il y a un an, contre la Serbie, il avait déjà marqué les esprits par son but. " Pourtant, Dembélé restait sur une saison décevante avec AZ avant son expédition chinoise. " Oui, mais il avait beaucoup donné l'année précédente, en 2006-2007 ", ajoute de Sart. " AZ disputait le championnat pour le titre, la coupe d'Europe. Une très lourde saison pour finir par ne rien avoir puisque l'AZ avait échoué dans tous ses objectifs. Dembélé avait pompé beaucoup d'énergie. C'était trop pour lui et mentalement, cela avait constitué un frein dans sa progression. Mais en même temps, cela lui fut utile pour son expérience. A Pékin, il était très motivé. Il voulait montrer son talent et on a beaucoup insisté à l'entraînement sur la finition. On lui a dit - et il en était conscient - qu'il fallait qu'il prenne davantage ses responsabilités dans les trente derniers mètres. "" Je suis d'accord et pas d'accord à la fois ", dit Vervoort, " A Pékin, il a simplement confirmé que c'était un bon joueur. Il a toujours bien joué en équipe nationale et avec quatre buts à son compteur, il est, derrière Wesley Sonck, le meilleur buteur de la sélection. Par contre, c'est vrai qu'on a l'impression que tout le travail porte enfin ses fruits, tant en sélection qu'en championnat. Avant les demi-finales des Jeux olympiques, on parlait même à Moussa du titre de meilleur buteur, ce que personne n'aurait imaginé avant le début du tournoi. Tout cela vient du travail. Tant à Pékin qu'à l'AZ, avec Arveladze, passé cette saison dans le staff technique, il effectue des exercices spécifiques de finition. " D'après Jan Vertonghen, Moussa Dembélé émargerait même au top mondial : " Comme il joue pour le moment, il a le niveau de Chelsea, Barcelone ou le Real Madrid. Il doit juste encore soigner son efficacité devant le but car quand les scouts viennent pister un attaquant, ils s'intéressent avant tout à leurs statistiques. Mais son jeu a déjà fortement évolué. Il tire en moyenne vingt fois plus au but qu'il y a quelques années. " par stéphane vande velde