PAR BENEDICT VANCLOOSTER
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PAR BENEDICT VANCLOOSTERL'an dernier il avait encore été la vedette de la première moitié du Tour de France, mais dimanche dernier, à Morzine-Avoriaz, Lance Armstrong a connu un chant du cygne. Ce n'est plus The Boss qui détermine le visage du Tour, mais bien Fabian Cancellara. Le Suisse s'est comporté en véritable patron du peloton durant la première semaine de course. Spartacus ne s'est pas borné à remporter le prologue et à porter le maillot jaune pendant six jours. Son autorité s'est exprimée jusque dans les moindres détails. Exemple : Serge Pauwels qui lui demande la permission d'aller saluer ses proches à Edegem... Les principaux faits d'armes portent également jusqu'à dimanche la marque du bourreau du rythme de la Saxo Bank. Si bien que Cancellara se vit même imputer la faute pour le " massacre " dans l'étape vers Spa. Le maître du chrono roulait tellement vite dans la descente très glissante de Stockeu que 70 coureurs chutèrent. Les organisateurs et le jury furent soulagés lorsqu'ils virent Cancellara faire ce qu'eux n'avaient pas osé : prendre une décision. Les conséquences de la neutralisation de course réclamée par Cancellara sont profondes : Thor Hushovd, qui avait passé l'obstacle de Stockeu sans encombre, a perdu de précieux points pour le maillot vert. S'il avait pu sprinter pour la victoire ce jour-là, il n'aurait peut-être pas dû accepter les doubles vainqueurs d'étape Alessandro Petacchi et Mark Cavendish aussi près de lui au classement à points. La prise de décision de Cancellara contrastait avec la passivité du peloton qui a semblé paralyser le peloton jusque dans les Alpes. Après la neutralisation de la course, en route vers Spa, personne n'a osé relancer la course. Impensable aussi que pendant la première semaine, il n'y ait pas vraiment eu de bataille pour être dans les longues échappées, histoire de récolter un peu de pub pour son équipe. Jérôme Pineau, qui avec Sylvain Chavanel a procuré un beau départ à Quick-Step, a même demandé à Cancellara s'il pouvait ouvrir la chasse au maillot à pois. Enfin, Cancellara exerça surtout sa mainmise sur la lutte pour le maillot jaune. Andy Schleck peut ainsi remercier son coéquipier à genoux. Sans Spartacus, le Luxembourgeois aurait déjà pu ranger au placard ses ambitions après quelques jours de course. L'addition se serait déjà comptée en minutes après les Ardennes pour le plus jeune des frères Schleck, si Cancellara n'avait pas neutralisé la course. On peut aussi se demander comment se serait passée l'étape sur les pavés du Nord, si le Suisse n'avait pas entraîné le frêle grimpeur dans son sillage, donnant déjà un premier coup à Armstrong. Finalement, Schleck pouvait passer un jour de repos tranquille, à la meilleure place qui soit au classement : deuxième, avec une avance sur Alberto Contador et sans la pression du maillot jaune.