PAR BENEDICT VANCLOOSTER
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PAR BENEDICT VANCLOOSTERSamedi, Paris-Bruxelles n'aura pas le plateau qu'il mérite à l'occasion de sa 90e édition. La classique qui relie les deux capitales doit se contenter de six équipes du Pro Tour alors que l'année dernière, la course remportée par l'Australien Matthew Goss avait attiré onze formations de l'élite. Las, la concurrence s'est accrue, d'un coin inattendu. A la fin de cette semaine, le Canada accueille deux courses d'un jour. Les équipes du Pro Tour sont obligées d'y déléguer de six à huit coureurs. Après le Tour Down Under, ce n'est que la deuxième fois que le Pro Tour plante sa tente en-dehors du Vieux Continent. Vendredi, on dispute le GP du Québec et dimanche le GP de Montréal, chaque fois sur un circuit fermé, histoire d'éveiller l'appétit en prévision du Mondial. Derrière ces nouvelles organisations, Serge Arsenault, propriétaire du groupe Serdy, qui retransmet le Tour de France depuis sept ans via la chaîne Évasion. L'entrepreneur est un organisateur-né. Outre un marathon, Arsenault a mis sur pied le GP des Amériques à Montréal, à la fin des années 80. L'épreuve comptait pour la Coupe du Monde de l'époque. Cette course autour du Mont-Royal, où Eric Van Lancker a offert sa seule victoire à la Belgique en 1991, n'a vécu que cinq ans. " Elle attirait du monde mais nous devions infliger un long voyage à tout le circuit pour une seule course ", rappelle Hein Verbruggen, qui était alors président de l'UCI. " C'était trop coûteux. J'ai donc suggéré à Arsenault d'organiser deux épreuves, cette fois. " Pour assurer le confort des coureurs, on a mis sur pied, mardi, un vol charter direct au départ de Paris. Au Canada, Ivan Basso, Samuel Sánchez, Damiano Cunego, Edvald Boasson Hagen et les autres participants seront assistés par les coureurs locaux dans la reconnaissance du parcours. Pour faciliter leur récupération, les participants ne reprendront le chemin de l'Europe que le lendemain du GP de Montréal et pas le soir même de la course. Ces deux GP, largement financés par les pouvoirs publics, seront dotés du label Pro Tour jusqu'en 2013 au moins. Parmi les sponsors des équipes du Pro Tour, on trouve de plus en plus d'entreprises ayant des intérêts en Amérique, ce qui suscite l'optimisme de l'UCI quant à l'avenir de ces nouvelles épreuves. " Il existe des projets pour étendre l'organisation aux Etats-Unis, notamment dans la région de Boston ", poursuit Verbruggen, président d'honneur de l'UCI. " Nous devrions ensuite envisager une course par étapes ". Serait-ce le coup de grâce pour Paris-Bruxelles ? Il ne faut pas aller aussi loin. L'année prochaine, les deux épreuves canadiennes devraient être avancées d'une semaine au calendrier, afin d'avoir lieu durant le week-end prolongé par le pont de la Journée du Travail, qui a toujours lieu le premier lundi de septembre.