Il est originaire d'Orléans, en plein centre de la France, mais aujourd'hui il se sent plus Belge que Français. Son avenir, c'est d'ailleurs chez nous qu'il l'envisage. "J'entamerais, dès cette saison, les cours pour l'obtention de mon diplôme d'entraîneur", explique Olivier Baudry. "Je devrai commencer par le brevet C, le niveau le plus bas. En principe, lorsqu'on a disputé 150 matches de D1 (ce qui est mon cas avec mes trois saisons à Harelbeke et mes deux saisons à Aarau), on peut faire l'impasse sur ce premier écolage et commencer un échelon plus haut, mais il n'y avait pas assez d'inscrits dans la catégorie B. Entraîner des jeunes, c'est une perspective qui me plairait assez. Si je ne trouve rien dans le football? Je n'ose pas y penser. Lorsqu'on a passé 20 ans de sa vie dans ce milieu, c'est difficile de couper tous les ponts".
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Il est originaire d'Orléans, en plein centre de la France, mais aujourd'hui il se sent plus Belge que Français. Son avenir, c'est d'ailleurs chez nous qu'il l'envisage. "J'entamerais, dès cette saison, les cours pour l'obtention de mon diplôme d'entraîneur", explique Olivier Baudry. "Je devrai commencer par le brevet C, le niveau le plus bas. En principe, lorsqu'on a disputé 150 matches de D1 (ce qui est mon cas avec mes trois saisons à Harelbeke et mes deux saisons à Aarau), on peut faire l'impasse sur ce premier écolage et commencer un échelon plus haut, mais il n'y avait pas assez d'inscrits dans la catégorie B. Entraîner des jeunes, c'est une perspective qui me plairait assez. Si je ne trouve rien dans le football? Je n'ose pas y penser. Lorsqu'on a passé 20 ans de sa vie dans ce milieu, c'est difficile de couper tous les ponts". Pour l'heure, il préfère cependant profiter du moment présent et de cette chance qui lui est offerte de regoûter à la D1. "Je me sens encore bien, physiquement, et j'ai du mal à imaginer que, dans trois ou quatre ans, ma carrière sera terminée. J'ai envie de mordre à pleines dents dans cette saison parmi l'élite qui me tend les bras. J'avais déjà connu la D1 belge avec Harelbeke, mais c'est la première fois que je jouerai dans la catégorie supérieure avec l'équipe qui m'a permis de franchir le pas. J'avais participé à deux reprises au tour final de D2 avec Mouscron. Ces deux expériences s'étaient soldées par des échecs. Aussi, lorsque l'Albert débuta le tour final en remportant deux points sur neuf, je commençais à me dire que le tour final demeurerait à jamais maudit pour moi. Que s'est-il passé ensuite? Le but inscrit dans les derniers instants du 4e match, à Ingelmunster, a sans doute provoqué le déclic. Mais je me souviens toujours d'un discours prononcé par Marc Grosjean avant le déplacement en terre flandrienne. Il nous a placés au pied du mur: -Messieurs, si Mons ne monte pas cette année, ce sera pour l'année prochaine ou pour dans deux ans. Mais, si vous souhaitez connaître cette joie dès à présent, vous n'avez plus d'alternative: il vous faudra remporter les trois derniers matches! C'est ce que nous avons fait. Les moments que j'ai vécus alors, avec les supporters qui accouraient sur la Grand-Place et la réception à l'Hôtel de Ville, demeurent sur le plan émotionnel les plus beaux de ma carrière. Par la suite, j'ai goûté à mes vacances comme jamais auparavant. C'était bon de se sentir dans la peau d'un joueur de D1 et de savoir qu'on avait contribué à cette accession". Olivier Baudry avait reçu, assez tôt, la garantie qu'il serait conservé dans le noyau. Tout le monde n'a pas eu cette chance. "C'est vraiment dommage qu'on n'ait pas fait une petite fleur à Dimitri Mercier. Devenir joueur de D1 à 38 ans, dans son club de toujours, c'eut été pour lui le couronnement de sa carrière. Je l'ai encore eu au téléphone, récemment: il a passé un mauvais été. Il commence à peine à surmonter sa déception et n'a toujours pas digéré sa mise à l'écart. La reprise des entraînements, qui s'est faite sans lui, fut un moment particulièrement douloureux pour lui. Je ne peux pas me mêler de cela, c'est une décision qui a été prise en haut lieu, mais il faut se mettre à sa place". Joueur de D1, salaire de D2Olivier Baudry était bien présent à la reprise des entraînements, mais il a eu du mal à trouver ses repères. "12 nouveaux, c'est beaucoup. Parfois, avec les quelques joueurs qui restaient de la saison dernière, nous avons eu l'impression que les nouveaux dans le groupe, c'était nous, tellement il fallait se familiariser avec de nouvelles têtes. Au début, pourtant, tout s'est passé sans anicroche. C'est après, lorsqu'on a mis quelques systèmes de jeu au point, qu'on s'est rendu compte du manque d'automatismes. Les matches de préparation n'étaient pas de nature à susciter l'enthousiasme. Au-delà des résultats, la manière était tout sauf brillante. Il faudra sans doute un peu de temps pour que la sauce prenne. Individuellement, les joueurs acquis ont beaucoup de qualités. Ils ont aussi, pour certains, un énorme vécu. Beaucoup de joueurs ont été enrôlé sous forme de prêt. Cédric Roussel aurait été inabordable si son club d'origine n'avait pas pris en charge une partie de son salaire. La direction montoise a essayé de bien faire les choses avec peu de moyens. Personnellement, je suis désormais un joueur de D1 mais j'ai toujours un salaire de D2. Je m'en accommode. Il n'y a que les primes de match qui ont été augmentées. Encore faudra-t-il remporter des victoires... Dans l'entourage du club, on m'a dit, sous forme de boutade: -Heureusement qu'il reste quelques joueurs montois pour maintenir la masse salariale à un niveau acceptable! Je suppose que j'étais inclus dans les joueurs montois". Les entraînements au SHAPE se sont déroulés dans une bonne ambiance. "La présence des militaires ne me dérange pas. Après un certain temps, je n'y prêtais d'ailleurs plus guère attention. Le plus dommage, c'est pour les supporters: ils n'ont pas la possibilité de nous suivre dans cet endroit sous haute surveillance. Heureusement, cela n'a pas eu de répercussions sur la vente des abonnements, qui a très bien fonctionné".Mons commencera son apprentissage en douceur. Après le déplacement à Beveren, ce sont des rendez-vous avec Westerlo et Malines qui figurent à l'agenda. Mais le match que tout le monde attend dans la cité des Dragons, c'est évidemment la venue du Standard au stade Tondreau. "Tout le monde? Les supporters, surtout. Il est clair que, pour eux, ce sera un match de gala. Mais, si vous me demandez mon avis, je préfèrerais prendre un maximum de points lors des trois premières journées et être battu contre le Standard, plutôt que l'inverse. Tant mieux si l'on peut, en l'une ou l'autre occasion, remporter un match de prestige. Mais l'objectif prioritaire, pour Mons, sera d'assurer le maintien. Et, dans cette optique, il conviendra d'abord de gagner contre des adversaires à notre portée".Olivier Baudry devrait, en principe, retrouver son flanc gauche de prédilection cette saison. "Mons évoluera, selon toute vraisemblance, en 4-5-1. Avec un entrejeu bien meublé mais avec des joueurs de flanc offensifs qui pourront, le cas échéant, transformer l'occupation de terrain en 4-3-3. La saison dernière, j'avais évolué quelques fois au demi défensif. C'est une place que j'appréciais, car j'y touchais beaucoup de ballons. A Harelbeke, autrefois, Henk Houwaart m'avait confié le rôle de libero. C'est intéressant d'occuper plusieurs positions, cela aide à étoffer son registre. Récemment, un journaliste m'a demandé pourquoi je choisissais mes matches. C'est la première fois que l'on me faisait ce genre de remarque. Je n'ai jamais eu l'impression d'être plus motivé en certaines circonstances qu'en d'autres. Il m'a demandé pourquoi je n'avais pas joué toute la saison comme lors des trois derniers matches du tour final. Lors de ces trois matches, toute l'équipe a très bien joué. J'ai été entraîné dans la spirale. Ce n'est pas pour autant que j'avais volontairement levé le pied précédemment". Daniel DevosIl espère retrouver son flanc gauche de prédilection