Ari Freyr Skúlason (32) n'avait pas vraiment l'air d'un footballeur pro lorsqu'il a débarqué en tongues dans la salle des joueurs après le premier entraînement d'Ostende. Short, T-shirt à courtes manches, longs cheveux sous une casquette, tatouages sur les bras, on aurait plutôt dit un biker - il a d'ailleurs une Harley-Davidson -. Mais les Côtiers auront bien besoin de son expérience.
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Ari Freyr Skúlason (32) n'avait pas vraiment l'air d'un footballeur pro lorsqu'il a débarqué en tongues dans la salle des joueurs après le premier entraînement d'Ostende. Short, T-shirt à courtes manches, longs cheveux sous une casquette, tatouages sur les bras, on aurait plutôt dit un biker - il a d'ailleurs une Harley-Davidson -. Mais les Côtiers auront bien besoin de son expérience. International islandais depuis novembre 2009, il compte 66 sélections et à participé à l'EURO, ainsi qu'à la Coupe du monde. Ostende a fait une bonne affaire puisqu'il était en fin de contrat à Lokeren, qui était allé le chercher à Odense en 2016. Son parcours européen avait débuté il y a 16 ans en U17 de Heerenveen. Il n'avait alors que 15 ans. Il n'avait pas réussi à s'imposer aux Pays-Bas et était retourné au Valur Reykjavik avant de faire reparler de lui en Suède et au Danemark. Ses deux premières saisons à Lokeren furent bonnes mais la troisième fut catastrophique et il a même perdu provisoirement sa place de titulaire. Des clubs australiens, turcs et azéris se sont intéressés à lui mais ce n'était pas évident pour sa famille et le discours de Kare Ingebrigtsen lui a plu. En novembre dernier, contre Gand, l'arrière gauche a livré un de ses meilleurs matches sous le maillot de Lokeren, qui était alors entraîné par Trond Sollied. Tout comme le nouvel entraîneur côtier, Sollied a été formé par Nils Arne Eggen, qui misait sur des arrières latéraux offensifs en 4-3-3. Skulason est un médian axial de formation - ça reste sa place favorite - mais en Islande déjà, il avait été ailier avant de comprendre qu'il avait davantage de chances de devenir international en jouant au poste d'arrière gauche. Après l'EURO en France, où l'Islande a surpris tout le monde en se qualifiant pour les quarts de finale, il s'est fait tatouer le blason de son pays sur la cuisse. D'autres tatouages font référence à sa foi. Les prénoms de ses deux fils et de sa femme ont également une place sur son corps athlétique - 1,70 m pour 65 kg. Son péché avoué ? Il chique du tabac... Ronald Vargas s'est trouvé un job d'appoint après le stage. Après une interview avec notre reporter, il a placé une petite vidéo sur la page Instagram de notre magazine : " Lisez Sport/Foot Magazine ! " Le président Frank Dierckens, présent à Hoenderloo avec son épouse et cible favorite des moustiques hollandais, veut créer un " état d'esprit positif ". Comment ? En organisant un barbecue avec une chope ! Ostende veut redevenir un club familial et même Kare Ingebrigtsen, trois fois champion avec Rosenborg, joue le jeu. Le T1 a accompagné William Dutoit à l'exposition de FC De Kampioenen (une série télé footbalistique flamande) au Casino Kursaal. Et ils ont même discuté le coup avec les héros de la série télévisée. Il était écrit que Jelle Bataille (20), né à la côte, jouerait un jour à Ostende. Son père, Kurt, y avait joué et avait même été entraîneur, trois oncles - Chris Jonckheere, Hans Belligh et Guy Ghysel - avaient également porté le maillot de l'équipe première et lorsqu'il était ado, il se rendait à l'Albertpark pour admirer les dribbles et les tackes de son cousin, MichielJonckheere, promu en Jupiler Pro League en 2013. A l'époque, Bataille jouait depuis deux ans au Club Bruges parce qu'Ostende n'alignait pas d'équipes d'âge en nationale mais après la montée, il est immédiatement revenu à De Schorre, sa deuxième maison. Cinq ans plus tard, le médian latéral doté d'une bonne technique et d'une excellente vision du jeu effectuait ses débuts à l'Antwerp. Face à Lokeren, il inscrivait son premier but. Un moment inoubliable car l'assist émanait de Robbie D'haese, qui jouait déjà avec lui... en U5. La saison dernière, il s'est mis en évidence aux yeux de Gert Verheyen et de Hugo Broos, ce qui lui a permis de rempiler jusqu'en 2022. 1 Depuis le retour au plus haut niveau, en 2013, Ostende n'a pratiquement plus incorporé de jeunes en équipe première. Comment est-ce possible ? Pendant quatre ans, le club a eu beaucoup de moyens mais on ne peut pas dire que Marc Coucke avait fait des jeunes une de ses priorités. Je suis le sixième directeur en cinq ans, c'est tout dire. Mais désormais, nous sommes structurés. Le budget de l'école des jeunes est actuellement de 700.000 euros -c'est beaucoup moins que de nombreux autres clubs de D1A- mais avec les subsides de la ville et les moyens que nous générons nous-mêmes, c'est suffisant. Nous n'avons pas l'intention d'aller frapper à la porte de l'équipe première pour avoir plus d'argent. 2 La saison dernière, Robbie D'haese et Jelle Bataille, deux jeunes formés au club, ont signé jusqu'en 2022. Un signal important ? Oui mais ça ne s'arrête pas là. Jordy Schelfhout, un de nos espoirs, va devenir troisième gardien et un ou deux des jeunes venus en stage resteront peut-être dans le noyau A. Incorporer des jeunes, c'est important mais ce n'est pas l'académie qui décide. Les U18 et les espoirs travailleront en tout cas davantage en collaboration avec le noyau A et ils seront suivis par Franky Van der Elst. 3 Ostende est un des clubs de D1A à mettre en exergue son rôle social. Pourquoi ? En principe, chaque enfant est le bienvenu. Nous nous sommes engagés à cela vis-à-vis de la ville d'Ostende qui, en échange, nous offre un subside et met gratuitement des terrains à disposition des jeunes. Nous comptons environ 600 enfants, c'est 60 de plus que la saison dernière. Edufoot, un projet par le biais duquel nos entraîneurs donnent des entraînements à l'athénée pendant leur temps libre, constitue un atout. Nous recrutons à un échelon plus régional et nous perdons peut-être en qualité mais, il y a quelques années, nous investissions beaucoup d'argent dans un service de navettes qui prenaient les jeunes un peu partout alors que certains se retrouvaient sur le banc... Nous ne pouvons vraiment pas nous permettre ça. Nous voulons être un club agréable et les parents trouvent également que c'est important.