Un temps estival a accueilli les premiers entraînements de l'ère Jack II. Charleroi a repris le collier, délesté de quelques éléments et avec l'un ou l'autre renfort. Les éléments expérimentés ne sont pas encore arrivés mais le CV du Belgo-Turc, Onur Kaya séduit d'emblée. Arrivé par la petite porte, sans faire de bruit, Kaya a déjà marqué les premiers entraînements et pourrait constituer un renfort de premier ordre pour les Zèbres.
...

Un temps estival a accueilli les premiers entraînements de l'ère Jack II. Charleroi a repris le collier, délesté de quelques éléments et avec l'un ou l'autre renfort. Les éléments expérimentés ne sont pas encore arrivés mais le CV du Belgo-Turc, Onur Kaya séduit d'emblée. Arrivé par la petite porte, sans faire de bruit, Kaya a déjà marqué les premiers entraînements et pourrait constituer un renfort de premier ordre pour les Zèbres. " En termes de recrutement, c'est un bon coup pour Charleroi ", explique Stéphane Pauwels, recruteur pour Monaco et qui a eu l'occasion de voir Vitesse Arnhem, le précédent employeur de Kaya, à plusieurs reprises la saison passée. " Là, on a un élément qui a disputé 76 rencontres en D1 hollandaise. On est loin des mecs de CFA qu'on ne connaît absolument pas. " Et c'est vrai qu'il faut remonter à plusieurs saisons pour voir un tel renfort du côté du Mambourg. Formé à Anderlecht, Kaya a quitté le club mauve et blanc à 15 ans. Direction les Pays-Bas. " J'ai abandonné le centre de formation d'Anderlecht pour celui d'Arnhem car je ne pensais pas pouvoir un jour évoluer avec l'équipe première. Les formations de jeunes comptaient beaucoup de joueurs de talent et seul Anthony Vanden Borre a percé. Je devais partir si je voulais voir ma carrière décoller ", a-t-il déclaré à La Nouvelle Gazette. " Il faisait partie de la génération Vanden Borre et Tom Van Hyfte, qui évolue aujourd'hui au MVV Maastricht ", explique son entraîneur de l'époque chez les Mauves, Albert Martens, aujourd'hui membre de la cellule de scouting d'Anderlecht. " Je l'ai eu sous mes ordres deux ans et demi. Il était très fort techniquement, très rapide, malin, collectif et il lisait bien le jeu. Il avait donc beaucoup de qualités. Son contrôle de balle était excellent. Je me souviens de sa famille. Ses parents avaient un petit commerce à Bruxelles et il était très bien éduqué. Malheureusement pour lui, ce n'était pas un buteur et il manquait de force. Son gabarit et sa petite taille jouaient contre lui. Même si, techniquement, il disposait de toutes les qualités requises pour réussir, il était légèrement trop court pour Anderlecht. " Aux Pays-Bas, Kaya trouve un environnement idéal à son épanouissement. C'est bien connu, le championnat néerlandais aime les petits joueurs. " Quand Vitesse a entendu qu'Anderlecht le trouvait trop petit, le club a voulu l'acquérir. Sa formation n'était pas terminée mais les clubs hollandais raffolent de ce genre de petits joueurs techniques et rapides ", se remémore Pim Roelofs, journaliste à De Gelderlander, quotidien de la région d'Arnhem. A Vitesse, il peaufine sa formation avant d'être lancé dans le grand bain par Aad de Mos en 2006. " De Mos en faisait son protégé. Il l'aimait beaucoup ", ajoute David De Vries, journaliste qui suit Vitesse pour l'hebdomadaire néerlandais, Voetbal International. " Dans les interviews, il n'hésitait pas à dire que Vitesse avait trouvé son meneur de jeu pour des années. Il est vite devenu l'enfant chéri du public. De Mos le faisait jouer en médian offensif ou en régulateur. " Son profil ? " Très technique ", continue De Vries. " A Anderlecht, on aimait sa vista. Il savait donner facilement une passe décisive ", ajoute Martens. " Il savait déstabiliser une défense. Il partait dans un sens, revenait dans un autre, il faisait parfois tourner en bourrique l'adversaire. C'est pour cela aussi qu'après une période d'état de grâce, il a commencé à se faire casser par les adversaires ", affirme Roelofs. Et ce qui devait advenir advint. Après une saison particulièrement réussie, Kaya connaît plusieurs pépins physiques. " En 2008, des blessures ont commencé à le gêner dans sa progression ", raconte De Vries. " Il s'est un peu liquéfié et a vécu deux années plus difficiles avant de revenir en force cette saison-ci. "Pourtant, à son retour, son statut de titulaire incontournable était quelque peu écorné. " Je l'ai vu en déplacement et dans son stade et je l'ai trouvé assez habile ", dit Pauwels. " Il était capable d'éliminer un homme. C'est un garçon qui travaille et pourtant, il n'était pas titulaire. Ce que je trouvais inexplicable car quand il rentrait, il éclairait le jeu. Généralement, quand on va revoir un joueur plusieurs fois après une première prestation convaincante, on est souvent déçu. Kaya, lui, ne m'a jamais déçu. Certes, ce n'est pas un buteur, ni un finisseur mais bien un relayeur. Il est tonique et a surtout une bonne passe. Mais avec son petit gabarit, il faut mettre un costaud à côté de lui, pour le protéger et gagner les duels aériens. Je me souviens d'un match contre l'Ajax, l'entraîneur l'avait remplacé après une prestation acceptable. Il ne méritait pas de sortir et le public a commencé à gronder. Il était fortement apprécié par les supporters et cela m'avait marqué. "En fin de contrat avec Vitesse, Kaya a finalement décidé de ne pas prolonger le contrat d'un an que lui proposait son employeur. " Il est parti de Vitesse car le club se débattait dans des problèmes financiers. Vitesse voulait le garder mais ne lui proposait qu'un contrat revu à la baisse et portant sur une seule saison alors que lui désirait plus d'argent et deux ans de contrat ", explique De Vries. Vitesse a certes de très belles infrastructures mais lutte pour le maintien depuis trois ans. De quoi user un joueur à qui on ne proposait pas un contrat digne de ses états de service. Son manager Jacques Lichtenstein a donc pris son bâton de pèlerin. Il a reçu des propositions de Turquie et de Belgique mais c'est finalement avec Charleroi qu'il a négocié. " Le football en général et Vitesse en particulier ont souffert de la crise financière ", explique Lichtenstein. " Et quelle que soit la bonne image du football néerlandais en Belgique, il est en crise également. Mes relations avec Mogi Bayat sont excellentes et cela a facilité les choses. Pourquoi avoir choisi de revenir en Belgique ? Parce qu'Onur est belgo-turc, il a évolué dans toutes les équipes nationales de jeunes, grâce à sa formation à Anderlecht jusqu'à 15 ans, il est connu par les suiveurs du foot belge, qu'il arrivait en fin de contrat et n'avait jamais eu l'occasion de jouer en Belgique. " Charleroi qui avait un £il sur le gamin depuis plusieurs années déjà en a profité. " Je le connaissais depuis sa formation à Anderlecht ", se souvient Raymond Mommens qui dirige la cellule de scouting au Sporting de Charleroi. " Techniquement, il était très doué et pouvait jouer avec son pied gauche et droit. De plus, il dispose d'une très bonne mentalité. Je l'ai visionné à quatre reprises cette saison. Notamment lors d'un match contre le PSV. Pour l'anecdote, je me souviens qu'il faisait mauvais ce jour-là, que Vitesse avait fermé son toit. Kaya avait été élu homme du match. " " Il a quand même disputé 19 matches cette saison et il a été élu quatre fois homme du match ", renchérit Lichtenstein. Une moyenne (quatre buts également) qui a séduit les Zèbres. " Comme Grégory Christ est parti, il nous manquait un peu de technique ", continue Mommens. " Kaya peut nous apporter ce surplus technique. Vu qu'il voulait quitter les Pays-Bas et qu'on était en contact depuis un certain temps avec lui, on a réussi à le convaincre de nous rejoindre. On lui a dit que chez nous, il allait pouvoir se mettre en vitrine et on lui a parlé de notre volonté de reconstruire une équipe. " " Il a connu de la malchance à cause de ses blessures ", ajoute Lichtenstein " Cela a freiné son évolution mais il a à c£ur de rebondir. Mogi a réussi à le convaincre que Charleroi constituait l'endroit idéal pour cela. "Charleroi va-t-il se féliciter du deal ? " Je pense bien ", dit Pauwels. " Je le répète : c'est une bonne affaire. Il a un peu le même profil que Christ ou que Majid Oulmers et c'est sans doute parce que le Sporting avait déjà trouvé une meilleure solution qu'il a laissé partir Oulmers. Mais ce que je préfère chez Kaya, c'est sa mentalité. Il ne lâche rien. " " J'ai été étonné qu'il signe à Charleroi car pour moi, il peut évoluer dans pratiquement toutes les formations de Belgique ", reconnaît Martens. " C'est un vrai numéro dix moderne, avec du volume de jeu. Il n'attend pas d'avoir la balle pour se mettre en mouvement. S'il avait une tête de plus, il jouerait dans un top club. De plus, c'est un gagneur, qui vit très bien dans un groupe. Il a une bonne mentalité. C'est donc un bon choix. Charleroi ne le regrettera pas. "lpar stéphane vande velde - photos: belgaS'il avait une tête de plus, il jouerait dans un top club. (Albert Martens)