" Le Stade de Reims a reçu la visite de Montpellier dans le cadre de la cinquième journée du championnat de France. Un match parmi d'autres ? Non pas tout à fait pour moi. Le club de Louis Nicollin m'a impressionné lors du rush qui l'a mené au titre en 2011-12 : ce sacre était mille fois mérité. Le retour du Stade de Reims m'a fait tout autant plaisir. On n'imagine plus ce que ce club a apporté à l'histoire du football. Au c£ur des années 50, Reims était quasiment l'égal du Real Madrid et a donné ...

" Le Stade de Reims a reçu la visite de Montpellier dans le cadre de la cinquième journée du championnat de France. Un match parmi d'autres ? Non pas tout à fait pour moi. Le club de Louis Nicollin m'a impressionné lors du rush qui l'a mené au titre en 2011-12 : ce sacre était mille fois mérité. Le retour du Stade de Reims m'a fait tout autant plaisir. On n'imagine plus ce que ce club a apporté à l'histoire du football. Au c£ur des années 50, Reims était quasiment l'égal du Real Madrid et a donné naissance au football à la française : jeu groupé, passes soignées, technique haut de gamme, etc. Reims était emmené par de grands joueurs que j'admirais : RaymondKopa, Just Fontaine, Roger Piantoni, Jean Vincent, Pierre Sinibaldi, qui plus tard coacha merveilleusement Anderlecht. En 1959, le Standard hérita du Stade de Reims en quarts de finale de la Coupe des Champions. Bien que Mauve, j'admirais ce Standard-là, animé par les Denis Houf (photo), Popeye Piters (photo), Marcel Paeschen, Pol Anoul, Jean et Toussaint Nicolay, etc. Cette saison-là, les Liégeois avaient décroché le premier succès et la première qualification belges en CE 1 (5-1 contre les Ecossais de Heart of Midlothian, 2-1 au retour en Ecosse) : un événement et, en tant que Belge, je supportais cette équipe lors de ses rendez-vous européens. Reims, c'était autre chose que les porteurs de kilts ou que le Sporting Club du Portugal (éliminé en 8e de finale : 2-3 à Lisbonne, 3-0 à Sclessin). A l'aller, le 4 février 1959, les Champenois ont été laminés dans l'Enfer des Rouches : 2-0 et un paquet de situations chaudes devant le gardien français, Dominique Colonna. Pour le retour, le 18 février, plus de 5.000 supporters belges ont envahi Paris car la deuxième manche se déroula au Parc des Princes, plus vaste que le stade de Reims. Les partisans du Standard ont entonné plus d'une fois une vibrante Brabançonne. Ils la connaissaient sur le bout des doigts : on n'avait jamais entendu une telle ferveur belge. Le Standard a tenu bon durant une bonne heure devant Jean Nicolay qui arrêta même un penalty avant que Reims n'émerge : 3-0 (but de Piantoni et deux fois Fontaine qui marqua le but de la qualification à la 88e minute). Ce fut un coup terrible pour les joueurs et les supporters liégeois, passés à deux doigts d'un exploit contre une équipe qui se qualifia ensuite pour sa deuxième finale de CE1. C'est pourtant ce soir-là, contre Reims, au terme de la première grande campagne européenne d'un club belge, qu'est né le mythe Standard. Et cela a impressionné Anderlecht qui retroussa ses manches... "PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC