Embauché par Telindus Ostende en décembre dernier, Sharon Drucker (40 ans) a un palmarès impressionnant : Coach de l'Année en Israël, vainqueur de la Coupe ULEB en 2004 avec le modeste Hapoel Jérusalem et de la Coupe Fiba en 2006 avec Ural Great Perm. Drucker s'est fait un nom dans le basket européen. Il a rapidement redressé Ostende, le conduisant à son douzième titre national. Son charisme et sa philosophie du basket le distinguent de ses collègues. Il est le Mourinho du basket : jeune, novateur, direct.
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Embauché par Telindus Ostende en décembre dernier, Sharon Drucker (40 ans) a un palmarès impressionnant : Coach de l'Année en Israël, vainqueur de la Coupe ULEB en 2004 avec le modeste Hapoel Jérusalem et de la Coupe Fiba en 2006 avec Ural Great Perm. Drucker s'est fait un nom dans le basket européen. Il a rapidement redressé Ostende, le conduisant à son douzième titre national. Son charisme et sa philosophie du basket le distinguent de ses collègues. Il est le Mourinho du basket : jeune, novateur, direct. Sharon Drucker : Ne me comparez pas à lui car je pense être plus modeste. Ainsi, je ne me qualifierai jamais de special one(rires). Par contre, j'ai des principes similaires. Je n'ai pas besoin de sifflet pour attirer l'attention de mes joueurs à l'entraînement. Mon autorité vient de l'intérieur. Si quelqu'un arrive systématiquement en retard, il a peut-être un problème que nous pouvons résoudre. Par contre, si cette personne ne veut pas travailler pour l'équipe, elle ne le fera jamais et je la remplace. Je n'ai introduit qu'une règle : celui qui arrive en retard paie une pizza à tout le groupe. Je suis partisan des entretiens individuels. J'aime faire la connaissance de mes joueurs. Quand on s'adresse à un groupe, les individus n'écoutent que le son de votre voix, pas le message. On n'avance donc pas. J'ai été joueur. Je sais qu'on sent mieux le déroulement du match quand on est sur le terrain. J'avais 26 ans, ma vie tournait autour du basket. Après la énième blessure, je ne savais pas que faire. Je me suis lancé dans les affaires puis j'ai commencé à entraîner. Un moment donné, je dirigeais quatre équipes en même temps. Ma blessure s'est avérée positive, en fin de compte. Tout s'arrange toujours. Je l'ai encore compris la saison passée. J'ai gagné 13 matches sur 15 avec les Lituaniens de Lietuvos Rytas puis le président m'a limogé à cause d'une dispute. Quelques mois plus tard, j'étais champion de Belgique. Le club traitait les joueurs comme des esclaves, les sanctionnait. C'était contraire à mes principes. Le respect et la chaleur. On m'a attendu à six heures du matin à l'aéroport. On m'a trouvé un appartement, une voiture, on a réglé toute la paperasserie pour moi. Ainsi, j'ai été à même de me concentrer uniquement sur mon travail. Je souhaite qu'il en aille de même avec les joueurs. La saison passée, par exemple, nous avons aidé Eric Hicks, dont la famille a vu sa maison s'envoler en fumée. Le club et les supporters ont organisé une récolte de fonds. Je n'avais aucun problème personnel avec eux. Ils ne convenaient pas à ma philosophie. C'est aussi simple que ça. Je le leur ai expliqué entre quatre yeux : c'était ma décision, ils ne devaient pas en vouloir à d'autres. Je n'agis jamais dans le dos des gens. Oui mais c'était déjà le cas la saison passée, suite aux changements effectués. Lors du recrutement, je suis très attentif au caractère des joueurs. Tout professionnel sait jouer mais on n'apporte une plus-value que par sa mentalité. Une sortie commune peut créer des liens, les renforcer, ce qui permet de créer un esprit d'équipe. Il faut que les gens parviennent à se comprendre pour se respecter et s'apprécier. Alors, ils mouillent leur maillot pour les autres. Moi. Je connais beaucoup de gens dans le monde du basket, dans toutes les compétitions, et j'apprends. Certaines tactiques ne marchent pas mais au moins j'essaye. Le travail d'un entraîneur constitue à chercher des solutions, pendant, avant et après le match. Oui. J'ai passé deux étés de suite aux Chicago Bulls, pendant leur période de gloire avec Michael Jordan et Scottie Pippen. J'ai vu comment Phil Jackson traitait les joueurs, j'ai admiré les infrastructures. La salle de fitness avait la taille d'un stade de basket. Phil Jackson est un fin psychologue. Ses joueurs lui vouent un profond respect. Un soir, la veille d'un match crucial contre Indiana, Dennis Rodman voulait aller parier en ville. Jackson a accepté. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a répondu : - Comme ça, il se défait de la pression. Demain, il montrera le meilleur de lui-même. De fait, Rodman a collectionné 18 rebonds. Un coach fantastique, ce Jackson ! Je préfère bien commencer, même si en fait, cela ne veut rien dire. La saison est longue, avec quelque 60 matches, comme en NBA. Les équipes changent en cours de saison. On ne peut donc pas encore tirer de conclusions. Songez à la mutation d'Ostende la saison passée... Il a effectué de bons transferts, pour beaucoup d'argent. Il a de l'expérience sur le terrain et sur le banc. par matthias stockmans