Si on considère l'équipe nationale de Russie comme le successeur de l'équipe soviétique, elle émarge aux formations les plus brillantes de l'histoire de l'EURO : vainqueur en 1960, finaliste en 1964, 1972 et 1988. Durant les vingt années suivantes, elle s'est régulièrement qualifiée mais ses tournois ont été décevants.
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Si on considère l'équipe nationale de Russie comme le successeur de l'équipe soviétique, elle émarge aux formations les plus brillantes de l'histoire de l'EURO : vainqueur en 1960, finaliste en 1964, 1972 et 1988. Durant les vingt années suivantes, elle s'est régulièrement qualifiée mais ses tournois ont été décevants. Malgré ces expériences malheureuses, les supporters de la Russie attendent beaucoup de leur équipe nationale. Le minimum requis ? Des performances convaincantes. Ils savent que la Russie est un outsider mais pourquoi la Russie ne réaliserait-elle pas un exploit, comme les Danois en 1992 et les Grecs il y a quatre ans ? Malgré l'optimisme de ses supporters, la Russie a peu de chances de lutter pour le titre. Elle n'a pas fait forte impression pendant les éliminatoires et a même été à deux doigts de l'échec. Elle a assuré sa qualification avec un brin de chance grâce à la victoire 3-2 de la Croatie, déjà qualifiée, en Angleterre. Au même moment, les troupes de Guus Hiddink trébuchaient à Andorre (1-0) tout en tremblant. Après son entrée en fonction en août 2006, Hiddink a eu besoin de temps pour construire son équipe. Il a progressivement remplacé les anciens, des joueurs établis, par de jeunes talents qui avaient déjà dévoilé leur potentiel sur la scène internationale. Evidemment, leur jeunesse implique un manque de constance et d'expérience. L'équipe n'a pas eu assez de temps pour grandir, se solidifier et gommer ses carences. Quand tout va bien, la phalange russe a déjà prouvé ce dont elle était capable. En éliminatoires, menée 0-1 par l'Angleterre, elle est revenue et s'est imposée 2-1. Cela illustre son formidable esprit d'équipe et sa confiance, deux qualités qui permettent de nourrir certains espoirs. Ponctuellement, elle devrait être en mesure de se sublimer. Le noyau est un peu étriqué. Le coach n'a pas vraiment d'alternatives personnelles et tactiques, même s'il peut réagir très vite à l'évolution des matches avec les acteurs dont il dispose. Deux options existent pour la défense : un quatuor ou un trio. Si l'entraîneur aligne trois arrières, la défense sera assistée, en perte de balle, par les ailiers, Aleksandr Anyukov et Yuriy Zhirkov. Ces deux hommes sont chargés de lancer des offensives depuis les flancs et d'assister la défense. Hiddink compose son entrejeu en fonction de l'adversaire. Compte tenu du calibre de ses concurrents, il va certainement opter pour son système préféré, un trio en retrait, composé de Konstantin Zyryanov, Igor Semshov et DiniyarBylyaletdinov. Ces hommes n'ont pas seulement pour tâche de casser le jeu. Ils doivent aussi créer des brèches et développer les attaques. Le duo d'attaque est généralement composé d'un avant-centre, Pavel Pogrebnyak ou Roman Pavlyuchenko, et d'un technicien bon dribbleur. Ce rôle est normalement réservé à Andrei Arshavin. La star étant suspendue deux matches, Dmitri Sychev ou IvanSaenko constituent les premières alternatives. La Russie a un gardien de classe mondiale, Igor Akinfeev. Il n'a cependant pas encore tout à fait retrouvé son niveau après une déchirure des ligaments croisés. Par contre, le buteur Pogrebnyak, qui a brillé avec le Zenit Saint-Pétersbourg, détient la forme olympique. Tous les médians sont polyvalents. Ils sont capables de contrarier la construction adverse comme d'élaborer des mouvements efficaces, grâce à leur créativité, leur touche de balle et leurs combinaisons. Maintes offensives sont lancées des flancs, via les rapides et inventifs Anyukov, Zhirkov ou Vladimir Bystrov. Leurs actions se terminent souvent par des buts. Il ne faut pas sous-estimer le fait que la Russie a débuté son championnat en mars. Elle est donc en meilleure forme que les formations qui viennent d'achever une longue et lourde saison. La perte d'Arshavin durant les deux premiers matches est catastrophique. Sychev, Saenko et Pogrebnyak ne peuvent le remplacer vraiment. La défense constitue cependant le plus gros problème. Hiddink ne dispose pas de nombreux joueurs de format international. Il doit donc se rabattre sur des médians comme Zhirkov ou Semshov, qui sont capables de neutraliser leur homme en défense. Autre point faible, le manque de régularité et de concentration. Hiddink n'a pas réussi à gommer cette faiblesse traditionnelle de la Russie. Si celle-ci est généralement bonne contre des adversaires de format et qu'elle peut même prétendre à la victoire, elle se complique la vie face aux équipes de moindre niveau et perd des points précieux. Hiddink doit faire appel à toutes ses capacités de motivateur et de coach mental. L'argent afflue depuis peu dans les clubs russes. L'équipe nationale n'en profite pas car les clubs investissent davantage dans des professionnels étrangers que dans leurs propres jeunes. Les meilleurs Russes stagnent. Ils restent au pays, n'étant pas encore assez bons pour les ténors européens et ne gagnant pas autant qu'en Russie pour les formations de moindre envergure. C'est pour cela que Hiddink a éprouvé tant de mal à trouver des footballeurs de niveau international.