Comme tout le reste dans ta carrière, les Diables, ça a toujours été compliqué. Mais tu te souviens de ce match de fou contre l'Espagne ?
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Comme tout le reste dans ta carrière, les Diables, ça a toujours été compliqué. Mais tu te souviens de ce match de fou contre l'Espagne ?Je sortais d'une bonne préparation avec la Genoa, on sortait aussi des JO. Franchement, ce match, je le sentais super bien. Et je pense que ce qui m'a permis de faire une grosse perf, c'est vraiment cette fameuse préparation en Italie dont tout le monde parle souvent. Tu souffres, mais c'est efficace. C'est une des meilleures parties de ma carrière, c'étaient les nouveaux champions d'Europe, les futurs champions du monde. Quand tu joues contre Iniesta, Xavi et que tu fais un match comme ça, c'est que t'as les qualités. Ta roulette, ta passe pour Fellaini, ta frappe sauvée par Puyol sur la ligne, t'y repenses parfois ?Bien sûr. Je pars de la droite, je rentre dans le jeu, je vois exactement. Il y a des matches comme cela, quand t'es bien physiquement, tu sens que tu peux faire des choses que toi-même tu ne peux pas expliquer, parce que tu te sens vraiment bien. C'était une des premières fois que le stade était plein. Tout était réuni pour faire quelque chose. C'est à partir de là qu'on a commencé à avoir quelques bons jeunes. On a senti qu'il y avait quelque chose dans cette équipe et que la chance allait tourner à un moment. C'est ce qui s'est passé. Raconte-nous dans quelles circonstances tu as appris ta sélection pour le Brésil ?J'étais au centre d'entraînement d'Anderlecht, il y avait déjà quelques internationaux qui s'y s'entraînaient individuellement. Le coach était déjà là. Une heure après, il allait donner sa sélection. Moi, j'arrive pour m'entraîner normalement avec mon club et je vois le coach par pur hasard, si c'en est un, qui me dit : " tu vas au Brésil ". À la base, je comprends que je suis dans la présélection, mais dans ma tête j'étais dans les réserves, pas dans les 23. C'est deux heures après, quand je termine mes exercices après l'entraînement qu'on me félicite et que je comprends. Là, j'ai repensé à la phrase du coach : " tu vas au Brésil !" J'y allais vraiment ! Mais tu sais ce qui est marrant ? Je vais t'expliquer un truc. Là, tu reçois des messages, des gens qui ne t'envoient plus de messages depuis des plombes, t'imagines ? C'est marrant, parce, pour la plupart, c'est des gens, tu sais qu'ils sont comme cela, et là, ça se confirme. Cela te fait comprendre beaucoup de choses. T'en parles comme d'une revanche...Mais c'est la plus belle victoire de ma carrière. Moi, j'ai retenu les gens qui rigolaient, ceux qui me narguaient en me disant que je n'étais plus rien. Eux, ils ne savaient pas que moi je bossais pour revenir. Ces gens-là, cela les a fait chier de me voir signer à Anderlecht. Même à Anderlecht, cela a fait chier des gens, je suis sûr. Et le Mondial, c'était le summum, je pense qu'il y a eu des crises cardiaques. Je te jure. Je reste persuadé qu'en Belgique, et indépendamment du milieu sportif, je ne suis pas un gars aimé. Je suis plus détesté qu'autre chose, mais je m'en rends compte. C'est comme ça, c'est la loi d'avoir percé si jeune, d'avoir eu tout ce que je voulais très vite. Avant je ne calculais pas tout ça, mais c'est la réalité.